LA FEMME DANS L'AVENIR
On peut faire des gorges-chaudes sur ceux qui se raêlenl d'éclairer les nations , on peut même, selon l'occasion, leur faire avaler la ciguë ; mais, en attendant, les nations s'éclairent.
J.-B. Say.
Aussitôt que Méphis eut fini la lecture de l'histoire de Maré([uita, il courut chez elle, bien résolu à s'en faire aimer, et persuadé, malgré le serment qu'elle avait fait, qu'il ne lui serait pas dillicile de réussir.
Jusqu'ici, Maréquita ne s'était pas montrée la femme telle qu'il la rêvait; — car, dans l'opinion de Méphis, la femme n'était pas uniquement destinée au rôle passif d'abnégation et d'obéissance que lui assigne l'interprétation romaine de l'Évangile. Dans la nouvelle loi qu'il se proposait de piécher, la mission de
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la femmo était d'inspirer l'iiommc, d'élever son ame au dessus des vaines opinions du monde, de l'obliger, par la constance de ses efforts, à se rendre capable de grandes choses. L'observation et le raisonnement avaient convaincu Méphis que, tant qu'on ne saurait pas utiliser convenablement les facultés intellectuelles de la femme, l'humanité progresserait très lentement; car, selon lui, la femme réfléchit la lumière divine.
Maréquita était douée d'une grande puissance morale, il le reconnaissait et il ne doutait pas que les longues et cruelles douleurs auxquelles elle avait été exposée ne l'eussent dignement préparée pour devenir la femme forte telle qu'il la concevait. — Mais il y avait encore beaucoup à faire pour amener Maréquita à partager ses idées ; Maréquita était la femme chrétienne, — quoique souvent dans ses boutades elle secouât le joug sous lequel elle ployait.
D'une franchise extrême et très naïve, comme toutes les personnes qui ont vécu dans la solitude et ignorent les petits manèges de