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chevaux, renverser le pauvre monde; bah! qu'est-ce que cela leur Tait aux amoureux, — pourvu qu'ils arrivent les premiers au rendez-vous, — tout essouflés, afin de se donner un air d'empressés.... Et les femmes! ces bêtes de femmes , qui se laissent prendre à de pareilles momeries !
Le marquis est frappé comme d'une lumière subite! L'individu impatient, colère, n'est autre que celui qui Ta heurté violemment dans l'escalier de Maréquita I — La perte de sa belle jument, sa chère missClai^a, s'efface à l'instant de son souvenir; de toute la scène de la rue il ne reste rien dans sa pensée, elle est toute remplie delà femme hautaine, dédaigneuse, dont l'impitoyable raillerie l'a cruellement blessé; il devient pourpre et tremblant ; bientôt le ton, le son de la voix de l'insolent, la menace du soufflet lui reviennent à la mémoire ! Il n'en doute plus , cet individu est l'amant de Maréquita. — Une telle certitude achève de le désespérer; le malheureux marquis sent son cœur déchiré pai- mille pointes aiguës; il est jaloux! jaloux d'une femme qui la huniihé.
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— Oh! il scut un besoin impérieux de se venger. — Quel est eet homme qu'il a pour rival? — il faut ([u'il le découvre.
— A quel numéro de la rue avez-vous conduit cet amoureux si impatient?
— Justement dans la maison où vous étiez j il a été, en quelque sorte, la cause de l'accident arrivé à votre pauvre bête ! il a voulu descendre à la porte mémej votre domestique s'est reculé, et dans ce moment la maudite charrette l'a renversé.
Bien ! se dit le marquis, comme enchanté de trouver un tort de plus à l'homme dont, sans le connaître, il a déjà juré la perte.
«—Où l'aviez-vous pris?
— Rue LaiTitte, dans la maison qui fait le coin de la rue de Provence.
Le marquis comprend qu'il est parfois utile de parler aux gens du peuple, et soupire en songeant au rôle important que ces gens-là jouent souvent dans la vie des grands seigneurs î . . .
Comme à l'hôtel de la rue Saint- Dominique on ne s'attendait pas au prompt retour du
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marquis et moins encore à le voir arriver à l'improviste dans un cabriolet de louage, tous les domestiques étaient en grande joie! 11 frappe plusieurs coups inutilement ; le suisse , sa femme et sa fille sont enfermés dans l'ofïice à faire bombance avec les autres. — Le marquis, exaspéré par la colère , menace tous ses gens de les mettre à la porte.
Il demande son secrétaire , — sorti ; — son homme d'affaires, — à la campagne; — son valet de chambre, — ivre; craignant de se porter à quelques actes de violence contre ces misérables valets , le marquis, dans un état de fureur toujours croissant , donne l'ordre qu'on aille chercher son secrétaire et son homme d'affaires , puis il sort pour essayer de se calmer. — 11 n'est que quatre heures de l'après-midi , — que devenir ? Il prend une voiture de place et se fait conduire chez la belle Zélia.
Cette gracieuse et aimable danseuse est convenue d'adorei' le marquis de Torepa , et de l'attendre tous les soirs chez elle , ou dans sa loge à l'Opéra, moyennant quinze cents francs
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par mois. — Le marquis sonne à la poric d'un très bel appartement , au second étage d'une maison de la rue Saint-George ; la femme de chambre de Zélia vient ouvrir, et hii dit , avec un ton d'assurance et de simplicité à tromper un Juif: — Mademoiselle est à la répétition.
— C'est bien, je vais l'attendre.
Dans toirte autre circonstance , le noble marquis n'aurait pas attendu une fille de l'Opéra pendant une seconde; mais, ce jourlà, il avait l'esprit occupé, et il bénit le ciel de pouvoir être seul : — la jalousie est une passion si absorbante , les noirs fantômes qu'elle fait passer devant nos yeux ont quelque chose de si effrayant, la fièvre qu'elle donne à notre imagination nous fait endurer tant de supplices , tant de tortures , qu'en proie à cette tourmente , nous oublions les heures, le lieu , le besoin de prendre des aliments , du sommeil ; la vie devient convulsivc et toutes les fonctions normales sont suspendues; on n'existe que pour la douleur. — Il est sept heures, et le marquis se promène depuis quatre II. ii