‹ Maréquita, l'espangnoleChapitre 16 sur 51 · I.KS TniBUIyATIO%S Di: niCIIE. iiC · texte numérisé non relu

I.KS TniBUIyATIO%S Di: niCIIE. iiC

liqiics, e(. (le irnouvclcr entièrement sa maison ; — mais ici ini obstacle inattendu et une masse d'Immiliations surgirent devant la volonté du marquis.

Le désordre existait dans l'emploi de sa fortune, et avec cinq cent mille livres de rente , c'était un riche malaisé j — depuis dix ans qu'il tenait maison, ses extravagances, les vols de ses domestiques, ses fréquents recours aux usuriers, avaient par anticipation absorbé ses immenses revenus; — pour satisfaire immédiatement aux exigences de ses caprices, ou sortir d'une gène momentanée, il ne regardait à aucun sacrifice, en sorte qu'endetté partout et ses rentes engagées, il se trouvait a la merci de son homme d'affaires.

— Monsieur le marquis, lui dit ce dernier, il me sera impossible d'obéir à vos ordres , — car, vous le savez , il est dû à Lapierre , votre valet de chambre, près de deux mille francs ; — trois mille francs au moins au cuisinier , quinze cents francs au suisse, et toutes faibles que soient ces sommes , je n'ai absolument aucun fonds pour les payer.

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— Quelle posil ion! s'écrie le marquis bouillant de colère ; moi , né de sang royal , je suis réduit à être l'obligé d'un valet de (bambre , d'un cuisinier; — très bien, monsieur , — il paraît que tout le monde est riche chez le marquis de Torepa , lui seul est toujours aux expédients.

— Monsieur le marquis sait avec quelle intégrité je mène ses affaires; — depuis huit ans que j'ai l'honneur d'avoir sa confiance, je ne pense pas qu'il ait à m'adresser un reproche sur....

— Non, sans doute, monsieur Lambert, et certainement je suis très content de votre manière de gérer ; mais vous sentez qu'il est pénible , désagréable pour un homme démon rang, d'être obligé d'avoir sans cesse recours à des emprunts onéreux.

— Tant que j'ai eu de l'argent, je l'ai donné à monsieur le marquis , k quatre pour cent : cet intérêt n'est pas , je crois, très élevé.

• — Mais, mon cher Lambert, je ne prétends tne plaindre de vous en aucune façon; — je veux parler de ces usuriers qui me pré-

LES TRIItULATIONS DU ttU.IIK. 127

Icnl à quinze, viiifjt vi vingt-cinq pour cent.

Le marquis se doutait bien que l'iionnête et loyal M. Lambert le volait ; mais , comme il savait que tous les hommes d'affaires volent, il préférait garder celui-là , qui était déjà passablement gorgé , que d'en enrichir un nouveau. — Cependant sa perspicacité n'était pas arrivée à voir que, si son homme d'affaires lui avait donné cinq mille francs à quatre pour cent, il lui en avait aussi prêté, sous un autre nom, quarante mille à vingt- cinq pour cent.

Des huit domestiques, deux seulement furent chassés : — ils étaient moins fripons, moins paresseux^ plus francs que les autres; ■ — mais ils faisaient bande à part, et l'homme d'affaires les expulsa, parce qu'il voulait, auprès de son patron , des domestiques qui en espionnassent la conduite, et surtout fussent silencieux sur celle de l'intendant.

Cependant le pauvre marquis avait à parler à son homme d'affaires d'autres choses que de ses domestiques; il fallait qu'il abordât la grande question ; l'établissement de made-

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