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nioisi'llo Irma, le mobilier et le trousseau à lui donner.
Monsieur Lambert approuvait monsieur le marquis de s'être décidé à quitter cette demoiselle Zélia, qui le trompait effrontément, et se répandait en éloges sur le nouveau choix; mais, tout en parlant , l'honnête intendant calculait de tète le montant des fournitures à livrer , et la somme qui lui en reviendrait.
— Tout cela est très bien ! — Mademoiselle Irma fdle charmante, remplie de talents, de bonnes manières, observant les convenances, est sans doute préférable à cette évaporée de Zélia, qui vous compromettait de la façon la plus scandaleuse et qui n'a d'autres talents que ceux dont la dotent ses amants les journalistes; mais, encore une fois, où prendre de l'argent pour meubler confortablement cette virtuose, lui acheter des cachemires , des robes , que sais-jeî enfin, tous ces chiffons coûteux qui plaisent tant aux dames?
— Où le prendre? répéta le marquis avec impatience; — cela vous regarde. — Je me
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charj^c de payer les intérêts , mais à vous de découvrir le vendeur d'ajfjcnt.
Lambert savait très bien où il prendrait trente, quarante, ou même cent mille francs, sans aller fouiller dans une autre bourse que la sienne; mais le bourreau n'épargnait au marquis aucune anxiété, aucune torture.
Le marquis, fatigué et irrité par cette longue conversation , qui lui avait rouvert toutes . ses plaies, se retira dans sa chambre et fit demander son secrétaire.
Quelque bas, dans l'échelle morale, que la ruse et la fraude placent le griveleur, le sieur Lambert était un saint à côté du secrétaire. — Celui-ci , né à Turin , se nommait Michel de Castelli; placé, dés l'enfance, dans un des couvents de la ville les plus renommés pour l'éducation, il y fit d'excellentes études et y passa toute sa jeunesse. Aimé et protégé par ses chefs, il avait l'espoir d'arriver aux plus hauts emplois ecclésiastiques, lorsqu'à vingt-deux ou vingt-trois ans il se déclara en lui une telle fougue de tempérament, qu'il lui fut impossible de refréner ses passions. — Il n'est
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sorte d'excès, folies, dél)aiiches, et même crimes dans lesquels son (ijoût pour les femmes ne l'entraînât. On cacha d'abord sa conduite aussi longtemps que cela fut posible , puis on chercha à l'excuser; mais enfin vint un moment où toute tolérance fut impossible, où toute patience se trouva épuisée : et on l'expulsa de la sainte congrégation.
Il était sans fortune et sans état, mais il avait du talent, de l'esprit, beaucoup de gaîté, il se tira d'affaire; — aujourd'hui bouffon d'un grand seigneur, le lendemain on l'eut vu secrétaire d'un homme en réputation ; puis, enfin, il devint journaliste, et tout pauvre que soit devenu le métier avec la censure, il sut dans ses intérêts habilement l'exercer. — Ne pouvant vendre de l'opinion politique, puisqu'on Piémont il est défendu d'en avoir , il vendait de la critique littéraire à tant la ligne, faisait sonner bien haut son impartialité, et sous des noms divers, publiait et l'éloge et le blâme du même ouvrage. Au théâtre il régnait en sultan absolu, et, n'importe en quelle monnaie , il fallait que tous , acteurs et actrices ,