‹ Maréquita, l'espangnoleChapitre 30 sur 51 · E IIOMIEL'R · texte numérisé non relu

E IIOMIEL'R

fois qu'un coup se faisait entendre, Maréquita se rapetissait et aurait voulu pouvoir s'abriter tout entière contre son amant. — Celui-ci la pressait fortement et lui demandait :

— As-tu peur, ma chérie ?

— Peur ! dans tes bras ! — Ah ! Méphis, je ne puis plus redouter qu'une chose, — c'est de te perdre...

— Alors tu n'auras jamais rien à redouter, -r- Cependant rentrons, je crains pour toi que la pluie ne vienne.

— Oh! non, j'aime cette obscurité; tous les objets ont disparu ; — î^ ^^ "^ois plus que toi ! toi , devenu mon Dieu , mon unique Dieu!

Comme Maréquita achevait ces mots , un bruit confus de voix, que dominaient les cris de la jardinière et les aboiements du chien , se fait entendre; — ces vociférations portent l'accent de la colère. — A cette vibration des luttes humaines , Méphis redescend sur la terre, — il prête l'oreille, — le bruit approche; — tout troublé , il pose Maréquita auprès de

lui , une suevu' froide baigne ses membres, ses II. 12

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jambes chancellent : — il a reconnu la voix de sa femme ! ! !

On doit se rappeler qu'au Betiro il était difficile , par la nature agreste des lieux , de pénétrer dans le jardin ou d'en sortir.

— Mais qui peut s'introduire ainsi chez moi? dit Maréquita; personne ne connaît cette retraite, pas même Albert j — cependant, tout ce bruit... : allons voir, — peut-être un malheur est-il arrivé dans le voisinage.

Elle veut sortir du bosquet, Méphis tremble de lui avouer la vérité...; — il eherche un prétexte pour la retenir.

— Chère amie ! attendons encore : — ces gens vont se retirer sans doute, et je ne crois pas prudent de nous montrer.

— Pourquoi?

— Tu le demandes, ma chérie! Si des souffrances étrangères réclamaient mon secours, il faudrait nous séparer.

— Oh! non, non, répond, dans son effroi, la passionnée Maréquita, en l'étreignant plus fortement, tuas raison, restons cachés pour la nature entière. — Elle ne devina pas que Mé-

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