TRAHISON
On (ail plus souvent des Irabisons par fiiil»lcsse que par un dessein formé de trahir.
(ROL-SSKAli.)
Cède remarque csl vraie; les plus grands évënemeiUs remontent souvent aux plus pc(iteseauscs. — Maréqnita, préoccupée par ses chagrins, commit l'imprudence de renvoyer madame Bernard, dont la cuiiosité la gênait depuis longtemps. — Une fois dehors , cette femme , n'ayant plus aucun ménagement à garder , devint sa plus cruelle ennemie. — Castelli profita de cette circonstance. — L'espionnage était facile à la Bernard ; elle s'instruisait exactement, par ses relations avec les domesliqucs de son ancienne
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maîtresse , de tout ce qui se passait dans la maison. — Elle apprit que Maréquita quittait Paris avec Albert et un étranger. — Elle en instruisit Castelli; celui-ci les fit suivre, et sut heure par heure ce qu'ils faisaient.
Xavier avait donné l'ordre d'acheter Wilderness; cet homme hésita à devenir traître. . . . , l'adresse de Castelli surmonta ses scrupules , et le misérable vendit le secret de Maréquita, comme il lui avait vendu son silence, au poids de l'or.
Xavier , avec sa méchanceté ordinaire , exaspérait le marquis de Torepa ; — il lui représentait le bonheur de son rival avec les malignes insinuations familières à l'homme d'église; — il lui peignait Méphis, qui, tout galérien qu'il était , conservait un ascendant vainqueur sur la belle Espagnole ; — lui inspirait encore un amour tellement violent , qu'elle lui sacrifiait réputation, fortune, et abandonnait tout pour le sauver, — afin de vivre avec lui en pays étranger.
Cette pensée réveillait dans la pensée du marquis le souvenir de l'affront qu'il avait
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reçu; sa liirem' jalouse fcrniL'iUait avec son amour, il était ({('scspéré de voir i\Iaré([uita lui échapper, et l'objet de sa haine se sous(raire à sa vengeance; il résolut de déjouer le plan de son rival. — Instruit par Castelli , il dénonça le complot formé pour faire évader un condamné ; aidé de l'influence de son rang et du crédit de Xavier, il n'éprouva aucune difficulté à se faire écouter; Mépliis acquit l'importance d'un conspirateur; l'autorité alarmée le fit poursuivre aussitôt; cependant il ne s'en fallut pas d'une heure que Méphis ne s'échappât, — car ce Wilderness avait ressenti des remords de sa trahison, et après avoir reçu l'argent de Castelli, il s'était promis de lui faire manquer son projet.
Xavier, jugeant utile de faire surveillerl'expédition contre Méphis, pensa n'en pouvoir mieux confier le soin qu'à la haine et à la jalousie du marquis, il lui conseilla donc de suivre Maréquita; — l'exaspération du marquis ne lui permettait plus de tenir en place, il céda sans peine à ce conseil; peu lui importaient, du reste, les conséquences qui pouvaient en résulter.— r^
2Gi nici'uis.
Sa chaise sui^'ait constamment d'un relais celle (leMaréquita, et il alimenta les passions infernales de son cœur des accidents qui survinrent pendant ce long et pénible trajet.
Lorsqu'on vint lui dire que le galérien était pris, le marquis respira; — mais, quand le postillon ajouta que les gendarmes avaient tué le fugitif et la jeune femme, il resta comme foudroyé.
— Tu mens! s'écria le marquis, le galérien doit être arrêté; mais les gendarmes n'ont pu tirer sur lui, ils n'en ont point le droit, — et encore moins sur la jeune femme.
— Non, monsieur, je ne mens pas; vous pouvez aller les voir, étendus sur la neige, au milieu d'une mare de sang. — Oh ! c'est à tirer des larmes aux plus durs — ; — moi je n'ai pas pu y rester.