‹ Maret, duc de BassanoChapitre 12 sur 60 · Décret du l* novembre · texte numérisé non relu

Décret du l* novembre

raient réunis. Il reprenait ainsi, en s'en attribuant tout le mérite, Tidée fondamentale du manifeste rédigé par Haret au nom de Tex-comité belge ou liégeois. Ces ordres de Dumouriez portent la date significative du 17 décembre. Hais le moment favorable était passé. H. Borgnet, qui voit les choses au point de vue de la nationalité belge, dit avec raison que « Tabsenee d'un centre commun eut à cette époque des résultats bien fâcheux. » Les protestations isolées des administrations locales allèrent s'enfouir dans les cartons du comité diplomatique, et plusieurs devinrent des titres de proscription pour leurs signataires. Une démarche émanant d'une assemblée générale déjà constituée, aurait sans doute produit plus d'impression. Dumouriez lui-même ne comptait plus guère sur l'effet d'une mesure désormais trop tardive, car il partit aussitôt pour Paris, où il espérait ressaisir quelqu'influence K

Il y passa presque tout ce terrible mois de janvier 1793, et éprouva d'amères déceptions. Sa première pensée avait été de s'entendre de préférence avec les Jacobins et les membres les plus exaltés de la Convention, par lesquels « il espérait plutôt, dit-il, sauver Louis XVI, en les déterminant à demander la suspension du procès ^. » Toutes les tentatives faites, dans ce sens ayant échoué, il se rapprocha des modérés et concerta avec eux une nouvelle tentative de négociation avec l'Angleterre. On venait, suivant lui, d'apprendre, par le rapport de l'agent Benoùt, arrivé de Londres dans les premiers jours de janvier, que le

1. Les opérations électorales qu'il avait ordonnées ne s'ezécar tarent qu'à Bruxelles. Elles avaient donné une majorité considérable à Tancien parti conservateur. Aussi, pendant Tabsence de Damouriez, elles furent annulées, et les autres ajournées par les commissaires de la Convention.

Page 1