‹ Maret, duc de BassanoChapitre 17 sur 60 · Ijfotes inédites de Maret · texte numérisé non relu

Ijfotes inédites de Maret

2. On peut en juger par l'article qui leur est consacré dans le rapport de ces commissaires de la Convention, imprimé par son ordre en 1793 (pp. 209 à 225). Une circulaire du 13 février défendit notamment aux agents du pouvoir exécutif de prendre aucun arrêté sans ravoir préalablement communiqué aux commissaires. Ceux qui ne plièrent pas furent rudement admonestés ou môme suspendus. Pendant cette première occupation, les commissaires (Danton, Merlin, etc.) avaient compris la nécessité, précédemment signalée par Maret, de faire quelques concessions aux sentiments religieux d'une partie considérable de la population. Ce fut Tobjet d'une proclamation du 19 février 1793, laquelle affirmait « qu*à

Marct fit donc très-bien de ne pas retourner en Belgique. D'autres, à sa place, auraient même hésité à rentrer en France, au moment ou des déclamations furibondes contre les intrigants diplomatiques retentissaient à la Convention et aux Jacobins. Il était dès lors facile de prévoir Tavénement prochain d'un régime, sous lequel de semblables accusations équivaudraient à un arrêt de mort. Néanmoins Maret revint, sans hésiter, reprendre Tappartement dans lequel il était installé depuis le mois d'août précédent, à I hôtel des Relations Extérieures, rue du Bac. Il espérait trouver encore l'occasion d'épargner quelques dangers à son pays'.

Un ministre de la Restauration disait un jour, en pleine tribune, que le gouvernement représentatif n'avait pas été inventé pour l'agrément des fonctions ministérielles. Ceux de la Convention avaient autrement sujet de se plaindre I Tout avait pris une allure de plus en plus fâcheuse et sinistre pendant cette dernière absence de Haret. La rupture des relations diplomatiques avec la plupart des États de l'Europe laissait à Lebrun et à ses auxiliaires de tristes loisirs. La réunion de la Belgique s'opérait conformément au dernier décret de la Convention ; mais partout, sauf à Liège, on dut recourir à d'étranges procédés

nette époque, tout rappelait en Franœ les premiers siècles du catholicisme!!! •

1. Parmi les détracteurs les plus fougueux des diplomateSy on remarquait Cambon, qui craignait par-dessus tout que la Belgique n'échapp&t au pillage sous prétexte d'indépendance ; et Cloots, l'ex- Prussien matérialiste et athée, n rame sans-ailotte, qui prêchait la république universelle et l'assassinat des rois. (Un charmant esprity a dit M. Louis Blanc.) Dans un discours prononcé aux Jacobins, Cloots dénonça le projet d'accommodement auquel Maret avait travaillé. Suivant lui, les Brissotins se souciaient peu de la liberté des marchands de fromages (les Hollandais) ; ils voulaient une alliance avec les tyrans prussiens, hollandais et anglais, une république belge sous un protectorat commun, etc., etc. (Journal des Débats, 23 mars 1793.)

HARBT, DUC DE BASSANO. Ui

pour obtenir 1 unanimité des votes (février)*. Puis vint la tentative insurrectionnelle du 10 mars, contre les Girondins, répétition et châtiment de celle du 20 juin précédent contre la royauté...

Nous ne pouvons passer sous silence une dernière et bizarre tentative du côté de TAngleterre, faite après le bataille de Neerwinde. Le 2 avril, le ministre Lebrun remit à un nommé Matthews un pli pour un M. Salters, notaire à Londres. Ce pli contenait deux lettres à l'adresse de lord Grendville. La première réclamait un passe-port pour une personne qui se rendait à Londres, munie de pleins pouvoirs, « afin de terminer les différends entre les deux nations, et de mettre un terme à cette guerre si funeste à Thumanité. » L'autre lettre, qui ne devait être remise que dans le cas oii le ministre aurait paru favorable à cette ouverture, annonçait «que la négociation était confiée à M. Haret,» et réclamait pour lui et les gens de sa suite les sûretés nécessaires.

Lord Grenville ne jugea pas convenable de recevoir des propositions transmises par une voie si singulière, et au nom d'un parti dont la chute semblait prochaine. Quelques semaines plus tard, les lettres du ministre français furent publiées dans les journaux de Fopposition. Leur authenticité était certifiée par Matthews, qui attestait que Lebrun les avait signées et cachetées en sa présence*. Fox y fit clairement allusion le 17 juin suivant, en soutenant une motion qu'il présentait pour le rétablissement de la paix. « On me demandera, dit-il, avec qui nous aurions pu signer un traité il y a quelques temps? Je répondrai : avec M. Lebrun. Ce n'est pas nous qui sollicitons la paix : c'est au contraire Tennemi qui nous a fait des propo-

1. On peut consultera ce sujet les documents réunis par M. Borgnet dans le chapitre XVI de son ouvrage.

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