Noie de Maret
MAKtT, DUC DK 13ASSAN0. lî'3
On arrivait précisément au terme assigné par le gouvernement lui-même pour entrer enfin dans Tordre constitutionnel, en procédant au renouvellement partiel des Conseils par voie d'élection (mai 1797). On sait quel fut le résultat de ces élections de l'an V; elles éliminèrent une partie des anciens conventionnels qui s'étaient attribué la mission « d'accompagner dans l'État la nouvelle constitution. » La majorité se trouva intervertie, et l'entrée de Barthélémy au Directoire y fit prévaloir momentanément un retour à la modération. Le Directoire espérait s'entendre avec la nouvelle majorité des Conseils moyennant certaines concessions, et notamment en remplaçant quelques fonctionnaires dont le principal mérite consistait en un patriotisme ardent, par des hommes d'une capacité éprouvée, maisd'un républicanisme bien moins prononcé. De ce nombre furent Maret et aussi Talleyrand, qui venait de rentrer en France. Parmi les fonctionnaires dont le remplacement semblait inévitable, figurait le ministre des relations extérieures, Charles Delacroix. Deux des directeurs, Carnot et Barthélémy, connaissant et estimant Maret de longue date, avaient songé à lui pour ce poste, qu ambitionnait vivement M. de Talleyrand. Maret s'abstint de lui faire concurrence, et préféra une mission presque aussi importante, pour laquelle il était naturellement indiqué par ses antécédents. Il fut du nombre des plénipotentiaires désignés pour aller traiter à Lille de la paix avec l'Angleterre. Cette nomination fut, dans le sein du Directoire, l'objet d'une vive discussion, que Barras trancfia en joignant son suffrage à ceux de Barthélémy et de Carnot, en faveur de Maret ^
Nous empruntons à un travail inédit du baron Bi-