‹ Maret, duc de BassanoChapitre 32 sur 60 · XrV, 99 et suiv · texte numérisé non relu

XrV, 99 et suiv

était formellement et minutieusement prescrite dans les instructions de M. de Pradt. L*Empereur avait même indiqué d'avance dans quel esprit serait conçue la réponse qu'il se proposait de faire à cette Réputation ^

Les souverains de France et d'Autriche se séparèrent le 29 mai. Napoléon partait pour Tarmée, son beaupère pour Prague, où Marie-Louise vint quelques jours après le rejoindre et passer encore un mois avec lui. Le père et la fille se quittèrent alors, pour ne plus se retrouver qu'à Rambouillet, au mois d'avril 1814'!... La duchesse de Bassano, en sa qualité de dame d'honneur, faisait partie de cette excursion en Bohème, tandis que son mari courait de l'Elbe au Niémen à la suite de l'Empereur. Depuis son départ de Dresde jusqu'à son arrivée à Wilna (31 mai — 4 juillet), le duc de Bassano fut surtout occupé des affaires polonaises, comme l'atteste son active correspondance avec de Pradt et Bignon. Il ne cessait de presser l'ambassadeur d'agir promptement, énergiqtie-

1. « Lorsque la Confédération sera formée, elle enverra une députation à Sa Majesté pour lui présenter l'acte de Confédération et lui demander sa protection. Sa Majesté répondra aux députés en louant les sentiments qui animent les Polonais. Elle leur dira que ce n'est qu'à leur zèle, qu'à leurs efforts, à leur patriotisme, qu'ils peuvent devoir la renaissance de la patrie. Cette mesure que Sa Majesté se propose de garder, indique assez à. son ambassadeur l'attitude qu'il doit avoir et la conduite qu'il doit tenir. » Instructions pour M. de Pradt. Con:, XXIIl, 523.)

2. On trouve de curieux détails sur ce séjour de la jeune Impératrice avec sa famille, dans les Mémoires de M. de Bausset (II, 60 et suiv.). Marie-Louise était accompagnée des duchesses de Montehello et de Bassano, de MM. Clary et de Montesquiou. 11 y eut des excursions aux eaux de Tœplitz et de Carlsband, aux mines d'étain de Frankenthal, splendidement illuminées pour la circonstance; plusieurs bals, de longs concerts, et des repas plus longs encore. Ces fêles finirent sous l'impression des premiers bulletins venus de Russie, dans lesquels il n'était encore question que de victoires. Elles furent comme un dernier reflet de nos prospérités.

MABXT, M7C PS BASSASO. J6

ment, dans le sens de ses înstimctBOtts. Os entrerait même qu'il aurait Touhi décider VEMapenmr à passer par YarsoTie : ce qui Faorait entraiiié à se prononeer d*une façon immédiate et formelle pour le rétabiisisement de la Pologne. A Dresde^ quand on hd demandait si TEmpereur irait k Varsofie, fl répondait : 3<«s le disons beaucoup, et fl recommandait de s'abstenir de tout propos susceptible de détroire eette e^»érance '. Nous trouvons un témmgoage non éqmroqne du zèle de Maret pour la cause polonaise dans une dépèche du 17 juin, contenant un siqiplément d'instructions pour Tambassadenr :

Une des premières démarcbes de la Diète doit être mie résolution et une proclamatioD poar rappeler tous les Polonais, officiers ou soldats, qui sont ao senrice de la Russie. Elle doit être imprimée avec profusion, adressée à tous les états-majors, dans tous les cantonnements, expédiée sur toutes les voies, afin de ne négliger aucun moyen de la faire pénétrer dans les provinces occupées par les années russes. n convient d*y joindre des avis, des exhortations, d^ pam» phlets sous toutes les formes... Cest surtout par Tannée polonaise qu'on parviendra efficac^nent à faire pénétrer ces pièces... Immédiatement après la confédération, il faut multiplier les adhésions particulières, en coDunençant par les hommes les plus considérables, tels que les Czartoryskî, les Radziwill, les Sangnzko, etc.. fl faut enfin qu'il y ait chaque jour un acte d'adhésion, une proclamation, une pièce quelconque, soit individuelle, soit officielle, soit de la Diète, soit des Diétines, soit des particuliers. Il faut que la publicité de ces pièces suive immédiatement Ce n'est qu'en frappant sans cesse qu'on parviendra à exciter les esprits, à soutenir leur exaltation.

1. L'Empereur avait positivement eette intention en quittant Paris. Vvatde ses offiriers d*ordonnance, le capitaine d'Hautpoult, avait été envoyé en avant à Varsovie pour faire préparer le chMeau. Diverses considérations politiques et stratégiques firent malheorensement changer cet itinéraire.

Il est curieux de voir ici Haret ramené à son point de départ; les procédés qu'il indique pour stimuler Tesprit public en Pologne ressemblent singulièrement à ceux dont on s'était servi, vingt ans auparavant, pour soulever la Belgique ^ Dans cette même dépèche, le ministre se plaint déjà de Tinertie de Tarnbassadeur. Absorbé par des détails puérils d'étiquette et d'emménagement, celui-ci n'avait pas trouvé un instant, depuis son arrivée, pour s'occuper sérieusement de sa mission. « L'Empereur ne regardait pas celle du baron Bignon comme finie ; il avait voulu que ce diplomate restât à Varsovie jusqu'à ce que le mouvement qui devait s'opérer fût terminé, afin d'aider dans les premiers moments l'ambassadeur de son zèle et de son expérience '. » M. de Pradt pouvait donc, et devait, aux termes de ses instructions, se concerter immédiatement avec Bignon, pour former «une sorte de comité ou de conseil, et arrêter un plan d'excitation et de direction des esprits. » Ce plan aurait pu alors parvenir en temps utile au quartier général de Kœnigsberg, avant le départ de l'Empereur. Celui-ci aurait « connu d'avance la marche qu'on allait suivre, » et empêché des fautes irréparables, dont il n'eut connaissance qu'à Wilna. M. de Pradt commença par éluder la formation de ce comité préalable, alléguant la pauvreté de l'espèce d'hommes qu'on rencontrait (23 juin). Les ministres eux-mêmes étaient compris dans ce compliment, et le duc de Bassano était forcé de les défendre contre lui. Plus tard, il est vrai, l'ambassadeur se laissa complètement mener par ces mêmes hommes, qui avaient su caresser son amour-propre d'écrivain et de causeur intarissable. Mais sa faute, nous dirions volontiers son crime

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