‹ Maret, duc de BassanoChapitre 6 sur 60 · Moniteur da 29 avril · texte numérisé non relu

Moniteur da 29 avril

2. Une pensée de haute prévoyance avait inspiré cette idée d*une rapide organisation de Tunité belge. On verra bientôt que Tabandon de cette oombinaison, au moment de la conquête, fut on grand malheur pour les deux pays.

dans lequel on s'était efforcé d'atténuer par un compromis rinconvénient, alors si vivement senti en France, du veto suspensif inscrit dans la constitution de 1791. Le pouvoir exécutif était délégué à un sénat électif comme les représentants. Le droit de veto était conservé à ce sénat, mais il devait alors faire connaître les motifs de son refus au Corps législatif; en cas de persistance de la part de celui-ci, la difficulté était tranchée, dans le délai d'un mois, par un appel au peuple.

Dumouriez voulait la guerre et pas autre chose, bien qu'il ait dit le contraire dans ses Mémoires. Hais il fut entraîné à la faire déclarer plus promptement qu'il n'eût voulu, par suite dû retrait de la démission de Noailles et de l'arrivée intempestive de l'ultimatum autrichien, remis le 7 avril à cet ambassadeur. Après ce qui venait d'arriver à de Lessart, Dumouriez ne pouvait, sans imprudence, différer la communication de cette pièce, qui contenait un refus hautain de rompre le concert formé contre la France, « tant que les circonstances qui avaient amené ce concert sub^ sisteraient, » ce qui pouvait être interprété sans effort comme une sommation de rétablir purement et simplement l'ancien régime. La seule réplique possible à une semblable communication, devenue publique, était la déclaration de guerre immédiate. Cette accélération forcée du dénouement déconcertait les mesures de Dumouriez, qui, pour gagner du temps et mettre le roi en meilleure posture devant l'Assemblée, avait combiné l'envoi à Vienne d'un nouvel ambassadeur (de Maulde), porteur d'une lettre trèsferme de Louis XVI '. De plus, il venait de faire partir Maret, chargé d'une mission assez complexe, qui

1. La dépêche de M. de Noailles contenant Tultimatum arriva la veille du jour fixé pour le départ de M. de Maulde.

devait successivement exiger sa présence dans les principales villes du département du Nord et à Bruxelles, où son titre de secrétaire de légation l'autorisait à se rendre tant que la rupture ne serait pas consommée officiellement. « Il devait, dans ce cas, y remplacer provisoirement La Gravière, dont le rappel venait d*étre expédié. La rupture qui survint Tempecba de déployer ce caractère officiel, et il reçut celui d'agent général du gouvernement pour les affaires de Belgique ^ » . Sa mission consistait à fusionner, en vue de rinvasion prochaine, tous les éléments insurrectionnels qui existaient en deçà comme au delà des frontières. C'était là, il faut en convenir, de la diplomatie révolutionnaire s'il en fut jamais. Mais, si Ton veut bien tenir compte des entraînements, des nécessités inexorables de la situation, on excusera le ministre, et à plus forte raison l'agent qui acceptait cette mission délicate et périlleuse. Le langage et les démarches de la cour de Vienne étaient d'une telle nature, que tout Français opposé au rétablissement absolu de l'ancien régime devait la regarder dès lors comme une ennemie déclarée, et les rapports secrets du ministère français avec les mécontents des provinces belges pouvaient être considérés comme des représailles légitimes de la protection accordé^ en fait, sur le territoire belge, aux rassemblements d'émigrés français'.

Devancé par les événements, Maret ne put aller jusqu'à Bruxelles; il n'eut pas davantage le temps d'agir auprès des réfugiés belges avant la première tentative d'évasion, qui eut lieu à la fin d'avril. Une seule mesure put être prise à temps, la publication du manifeste. Il fut lancé au moment où l'armée

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