‹ Marguerite Chalis et la légende de Clotilde de SurvilleChapitre 3 sur 25 · Ifacé, p · texte numérisé non relu

Ifacé, p

MARGUERITE CHAHS.

Ion n'est pas non plus la même dans les deux volumes, a l'article où elle parle des ouvrages de Clotilde qu'elle veut publier. Elle en promet beaucoup plus dans le nouveau volume, et comme Jeanne de Vallon, depuis sa mort, n'a pu faire aucune découverte, une telle différence dans ce qu'on lui fait annoncer répand les doutes les plus fondés sur sa préface, sur son existence et par conséquent sur celle même de Clotilde et sur l'authenticité des manuscrits... La partie la plus intéressante de ce volume seroit l'histoire abrégée de la poésie francoise depuis Heloïse, si l'on pouvoit compter raisonnablement sur son authenticité ; mais cela est bien difficile. Comment croire a cette succession non interrompue de femmes- poètes pendant plusieurs siècles, sans qu'aucun de leurs contemporains en ait rien su? Comment croire que, tandis qu'elles cultivoient la poésie avec tant de succès et avec des progrès si marqués, tous les hommes de leur temps fussent livrés au mauvais goût et a l'ignorance, excepté quelques-uns de leurs amants? M. de Surville se réclame des mémoires de Clotilde : que sont-ils devenus? Comment n;en reste-t-il pas une seule page?... Déplus, la liste des ouvrages que contient ce même volume est très-nombreuse ; il y est question d'un poème épique tout entier, dont nous ne trouvons plus une seule ligne, et de ce roman

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du Chàtel d'Amour que nous reconnoissons comme apocryphe. Clotilde, qu'il n'avoit annoncée, dans son ancien manuscrit, que comme poète, se trouve élevée dans le prospectus aux qualités d'historien, de romancier, de philosophe : en un mot, la Clotilde de 1794 n'est plus celle de 1796; elle n'en est que l'embryon, et cependant il est impossible de croire que M. de Surville, pendant ces deux années passées hors de France, ait pu recouvrer de nouveaux manuscrits. Je ne vous dirai pas que ces stances de Barbe-de-Verrue, qu'il donne ici comme tirées ta de Clotilde, il disoit, en 1794, les avoir prises dans les manuscrits de Saint-Germain-des-Pres, ni que je possède la copie d'une traduction de Sapho par Clotilde qui ne se trouve • dans les manuscrits que j'ai reçus... Ce sont la des bagatelles : il faut en venir a la con-

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jue toute personne un peu instruite qui ne connoltroit Clotilde que par ce volume, que M. de Surville voulait publier le premier de

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mots nouvellement inventés font soupçonner à juste titre que les poésies de Clotilde ne sont pas du régne de Charles VIII7 d'un autre côte, la vérité des sentiments, l'enthousiasme poétique pour des événements si éloignés de nous, quelques traits qui ne peuvent partir que du cœur d'une femme, les rondeaux contre un poète, mort il y a trois cents ans, combattent puissamment pour l'authenticité des pièces renfermées dans ce volume. La préface de Jeanne de Vallon y est même favorable, pourvu toutefois qu'on ne puisse la comparer a celle de la seconde édition. En un mot, qui ne connoît que ce volume peut au moins douter i. »

Lettre du 7 octobre 1802, Vanderbourg écrit : « Je suis reste ferme dans mon opinion ou plutôt dans mes doutes... »

Et plus bas : « Puisque le ministre ne veut pas croire a l'authenticité des poésies de Clotilde, il est inutile de soutenir dans le public une opinion qui n'est pour nous-même que douteuse 2. »

Lettre du 9 juin 1803 adressée au frère du marquis de Surville : « Les poésies de Clotilde feront, au premier coup d;œil, autant d'incredules que d'admirateurs éclairés. »

Lettre de la même époque à Mme de Surville:

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