PREUVE LXXXVIII
1524, 27 septembre, Bruxelles. — Lettres patentes de Marguerite annulant les commissions d’offices et les collations de bénéfices qu’elle avait pu délivrer.
{Original scellé du grand sceau de l'archiduchesse. B 2321, n° 81965].
Margucrite, par la grace de Dieu archiducesse d'Austrice et de Bourgoingne, ducesse douagiere de Savoye, contesse de Bourgoingne, de Charrolois, de Romont, de Baugey, de Villars etc., dame de Salins, de Malines, de Chastelchinon, de Noyers, de Chaulcins, de La Pariere, des pays de Bresse, de Vaulx, de Foucigny etc., a tous ceulx quy ces presentes verront, salut. Comme nous ayons par ci-devant fait pluseurs promesses et dons a futurs de benefices et offices tant a noz serviteurs domesticques que autres, et mesmes en avons fait a aucuns plus par importunité et inadvertance que pour merites et dessertes, et aucunes fois deux ou trois sur une mesme chose, dont s’ensuyt que, quant il vacque quelque beneffice ou office a nostre disposicion, non seullement se meult question et debat entre ceulx qui ont lesdictes promesses et dons a futurs a cause de la pluralité d'icelles, mais, que pis est, sommes par telles promesses prevenue d'en disposer a ceulx que congnoissons cestre ydoines et les avoir meritéz lesquelz, desperans par ce moyen de retribucion de leurs services peullent fsic) vraysemblablement diminuer leur bon vouloir de continuer en iceulx, a quoy nous soit besoing remedier, Savoir faisons que Nous, ces choses considerées et vueillans d'ores en avant demourer en nostre franche et pure liberté desdicts beneffices et offices pour en pourveoir quant ilz vacqueront ceulx de noz serviteurs ou autres que congnoistrons par leurs services, vertuz et souffisances les meriter, avons de nostre propre mouvement, auctorité et plaine puissance revocqué, cassé et adnullé et par ces presentes revocquons, cassons et adnullons toutes et chascunes lesdictes promesses et dons a futurs que povons avoir faiz sur aucuns bencffices et offices estans a nostre collacion et disposicion a quelque personnes et pour quelque causes que ilz puissent avoir esté faiz, et pareillement toutes telles lettres que cculx a cuy les avons faiz en peullent avoir soubz quelque forme de parolles qu’elles puissent estre expediées, declaïrant en oultre que se aucuns en sont par nous faiz cy apres, a cuy ne pour quelque cause que ce soit ne voulons qu'ilz aient aucunement lieu ne qu'ilz prouffitent a ceulx qui les auront de nous, et dois (lire des) maintenant pour lors les cassons, revocquons et adnullons comme ceulx du passé par cesdictes presentes, et voulons que tant seullement ayent lieu les provisions que ferons desdicts benefices et offices apres qu'ilz seront vacans. Si donnons en mandement aux chief et gens de nostre Privé Conseil, a nostre gouverneur de Bourgoingne, aux president et gens de nostre court de Parlement a Dole, aux president et gens de nostre Conseil et des Comptes a
Bourg et a tous noz bailliz, chastellains et officiers cuy ce peult et pourra toucher et regarder et a chascun d’eulx en droit soy que ceste presente revocacion, declaracion et ordonnance selon que dit est 11z observent et facent observer invyolablement, car ainsi nous plaist il. En tesmoing de ce, nous avons mettre nostre seel a ces presentes. Donné en la ville de Bruxelles, le XXVII° jour de septembre l'an de grace mil cincq cens vingt et quatre.
(Signé) : MARGUERITE.
Par Madame, le conte de Hoogstrate, chevalier d'honneur, l’archidiacre d'Arras, premier maistre aux requestes et autres presens. (Signé) : DES BARRES.
(Sur le repli, signé) : DE Bolsser.
Grand sceau de Marguerite.