‹ Marguerite d'Autriche, duchesse de SavoieChapitre 36 sur 125 · PREUVE XIX · texte numérisé non relu

PREUVE XIX

[1506]. — Lettre de Marguerite d'Autriche au duc de Savoie au sujet de René, bâtard de Savoie.

{Minute. Arch. Nord, B 18825, n° 24095. À rapprocher de la lettre de Marguerile au duc de Savoie datée de Pont d'Ain, 20 nov. sans millésime, conservée à Turin, Arch. Cour, Letlere principi, maz:o 2].

Monseigneur mon bon frere, j'ay par Philibert, mon panetier, receu voz lettres par lesquelles, et ce qu'il m’a dit de vostre part, aussi par les despeche et charge que vous a pleu donné au gouverneur de Bresse sur ce que par mondict panetier vous avoye fait averty, ay congneu et congnois le desir que avez de me ayder a garder le myen et de ce ensuivant de la bonne amour et affection que journelement congnois avez de plus a moy en mes afferes, ne vous en sauroye de trop bon cueur remercyé, vous prie y continuer et je vous promet, monseigneur mon bon frere que me trouverez de mesmes.

Quant a l’emprinse de messire Regnier, je croy, selon que j’ay entendu des despuis le retour de mondict panetier par l’esleu Thomassin (‘) qui est ycy venu devers moy, qu'il ne vouldroit synon par quelque bon moyen retirer avec ce que luy avez fait offrir Villars et Gourdans de moy. Je ne suis pas deliberé le relaché, ains le garder a vostre bon ayde de tout mon povoir, et ne fait a dobter ledict messire Reguier du cousté de France, car le roy m'a mandé par Haluin qu'il antend me pourter, ayder et assister en tous mes afferes quels qu’ilz soient, m’a fait offrir argent et gens et le mesmes m'a confermet le domprevost d'Utrecht (?) et trop plus que ledict Haluin, et que touchant ledict messire Regnier, ce qu'il vous en avoit escript n'estoit synon à la grande poursuyte et requeste de madame d’Angoulesme, vostre seur, laquelle comme j'entendz a deu averty madame ma bonne mere que luy avoye fait dire par ledict Aluin que, me baillant recompense desdicts Villars et Gourdans, je les rendroye a icellui messire Regnier et que de ce il avoit charge, ce que je ne pensay oncques, et afin d'en averti madicte dame, luy envoye ledict Haluin avec de mes nouvelles.

Monseigneur mon bon frere, j'ay oltre entendu par ledict Thomassin aucuns de la part do ceulx de Berne et Fribourg sont alléz devers vous, mesmement de Fribourg, vous sommer rendre audict messire Regnier ce qu'il demande, aultrement sont deliberéz le pourté a l'encontre de vous, ce que je ne puis croyre, attendu l’encienne alience d’entre vous et eulx et qu'estes trop plus pour les ayder et fere plesir que ledict messire Regnier, et avec ce, je croy qu'ilz y penseront, et auront regard aux bonnes lettres que les roy mes pere et frere leur escripvent en vostre faveur et myenue, lesquelles nagueres ilz ont eues, mesmement du roy mon frere que leur ay expressement envoyéz.

(1) Thomassin était un personnage de Lyon, connu dans le monde des humanistes, grand ami de Perréal et de Jean Lemaire.

(2) Philibert Naturel, abbé d'Ainay, ambassadeur des archiducs.

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