‹ Marguerite d'Autriche, duchesse de SavoieChapitre 41 sur 125 · PREUVE XXIV · texte numérisé non relu

PREUVE XXIV

[1508], 7 mai. — Lettre du duc de Savoie à Marguerite d'Autriche concernant les négociations avec Berne et Fribourg.

{Original. Arch. Nord, Lettres-missives, B 18940, n° 36713].

Madame, je me recommande humblement a vostre bonne grace.

Madame, j'ay receu les lettres que dernierement vous a pleu m'escripre et vous mercie tant qu'il est possible le singulier amour et affection qu'avês a moy et mes afferez, combien que ce ne soit chose nouvelle, car je l’ay cogneu pieça. Aussi ay ma confiance en vous et d'autant que n’ay rens dont ne puissés disposer comme du propre, je tiens mes afferez estre les vostres et les vostres les myens, car si en cas semblable ou autre avyés a fere de moy, je n’espargneroye riens pour vous y faire tous plaisirs et services.

Madame, despuys que dernierement vous ay escript, ont esté icy les ambassadeurs de mes alliéz de Berne et de Fribourg qui m'ont fait la demande par entier de toute la somme comprinse es lettres qui ont esté faulsement fourgées par de Furno, me faysant entendre que si la chose ne se trouvoit bonne, que lesdictes deux villes pour rien ne le vouldroyent suyvre. Et experant qu’ainsi le feroyent et que sans difficulté ilz entendroyent les pointz faysantz a la justifficacion de la faulceté et apparante reprobation desdictes lettres, ay envoyé mes ambessedeurs par devers eulx pour leur en faire apparoir, me offrant sur le tout d'en estre a la congnoissance du Saint Empire. Toutesfois, 11z ne les ont point voulsu aouyr, mesmement ceulx dudict Fribourg, et n’est question fors qu'ilz vueillent les choses a leur voulenté, persistant a leur demande, et ou deffault de paiement prétendant faire la guerre. J’en ay de rechiefz escript a l'empereur mon souverain seigneur et luy ay envoyé le double des dictes lettres avecques les pointz reprobatoires d'icelles, desquelz j'escrips quelque chose au gouverneur de Bresse pour vous en informer, ensemble de la forme desdictes lettres dont pareïllement j'envoye le double, en vous priant, Madame, qu'il vous playse avoir cedict affere envers mondict seigneur pour recomandé tant pour l'amour que me pourtés que aussi pour l'interest qu'y avés aussi a mondict seigneur et le Saint Empire dont si ces gens mectoyent leur voulenté a exequution pour telle injuste querelle, vous entendés quel dompmaige et peu d’honneur en seroit a toute la compaignie.

…. Escript a Geneve le VII° de may.

Vostre humble frere (Signé) : CHARLES.

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