‹ Marguerite d'Autriche, duchesse de SavoieChapitre 43 sur 125 · PREUVE XXVII · texte numérisé non relu

PREUVE XXVII

[1508], 19 septembre, Chambéry. — Lettre d’Amé Gringallet à Marguerite d'Autriche sur les violences des officiers en Faucigny.

{Autographe. Arch. Nord, B 18981, n° 37990].

Ma tres redultée dame.

Les querelles des offi[cijers de Foucynier sunt passées par fasson que le tout vaz a ce que la reyson pourte…

Vostre chatellein de Castro novo, que a esté chattelein de la Bonneville, est ycy en arest a la justice du procureur fiscal et est chergé que y a mis en prison ung homme pour debte, lequel se offerissoit de payer ce pour quoy y estoit prisonnyer. Ledit chatellein 1y balliaz de ung baton aut travers de l’orellie jusques a infusion de sang, puys ly dit quelque parolle a l’ourelle, et ledit prisonnyer dit: « Mauditte soit l'eure que je jameys nasqui » et le myt en prison ; dedens troys heures y se treuva mort en la prison et estranglé de ung syent duquel y faysoit courroye et a genoux, et se dit. que ledit chatellein l’a tué.

De une aulire chouse est y chergé, quart ce dyt que y a acheté ung pré de ung qui estoit pris pour herese II florins qui en vault VI et ly et le inquisiteurs le ont compousé et banny, einsi vous droys sunt perduz, et ce comme je ay expecrance vous attouche, vostre procureur et moy en feronz diligence d’y fere poursuite et de entendre que se sera.

La tempeste que estoit sus les officiers de Foucignier est es officiers de Breysse, mesmement entre ceulx de Bourg. En verité, je n’y scey donné ordre. Y est de bessoing que y donne quelque ordre aultre que ney y est. Je en ay escript es ungs et es aultres, cheschun se excuse. Je ne scey a qui tient. Se monseigneur le gouverneur estoit aut pays, y entendra comme l’affere va et y donnera ordre, et y est bien de mestier. Vous y adviserés... À Chambery le XIX de septembre.

Vostre tres humble serviteur Signé: Aymé GRINGALLET.

Preuve XXVIII

[1509], 12 mars. — Lettre de Marguerite d'Autriche à Jean de Marnix sur les négociations avec l’empereur au sujet des pouvoirs de la Régente.

{Autographe. Arch. Nord, B 18834, n° 27094].

Marnix, Toison d'Or () est retorné, et croy que devés savoir sa depesche, laquelle n'est pas milleure en riens, par quoy il ne m'est posible de sur ce riens besoinier. Et sy vous n'avés fet en ceste matiere plus que luy, je n’y voy remede ; par quoy sy deja ne l’aviés fet et vous fusiés encores vers luy, vous luy presanterés mes letres que luis escrips de ma main et le solisiterés, sur autant qu’yl aime son bien et son honneur et de ceste Maison, qui luy plese entandre an cest affere, car sans povoir, je ne m'an melleroie james et sy ne luy plet de se fere, je me decherge devant Dieu et le monde quy n’a pas teneu a moy. Cy d’auvanture vous fustes de chemin et fort ellongé, vous pouriés adreser mes letres, que j'escris a l’anpereur, a celluy enpres luy qui mieulx vous sanblera, car je ne say a quy l'ong se doit fier, et sur ce feray fin. Se XII° de mars.

De vostre mestrese Signé : MARGUERITE.

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