‹ Marguerite d'Autriche, duchesse de SavoieChapitre 48 sur 125 · PREUVE XXXIII · texte numérisé non relu

PREUVE XXXIII

[1509, août]. — Lettre de Marguerite d'Autriche à Laurent de Gorrevod, le félicitant de son mariage et lui donnant des instructions sur le douaire de Savoie.

/Minute. Arch. Nord, B 18830, n° 25840).

Tres chier et bien amé.

Nous avons receu par ce pourteur voz lectres par lesquelles nous escripvez comme monseigneur de Morienne et madame la mareschalle vous ont maryé de quoy, suivant ce que nous aviez promis, nous en avertisséz, vous remercions de vostre bon avertissement et bonnes nouvelles et sumes bien joyeuse que avez adressé a une si bonne, belle et vertueuse dame. Dieu doint que au bout de l’an en puissiéz avoir ung beau filz…

Vous hasteré aller veoir nostre ouvrage de Broux. Vous nous feréz sçavoir combien il fault pour lever les bulles pour ledict Broux et nous les ferons recouvrer, vous recommandant ledict Broux.

Touchant les memoires et responces sur le fait des pays de nostre douaire en Savoie, apres avoir receu lesdicts memoires et advis sur icelles, avons le tout renvoyer a nostre president avec povoir pour besoigné. Et qant Tourtellet a veu lesdicts memoires, il a respondu qu'il n’avoit charge de besoigné selon icelles, et ne pourtoit son povoir synon de besoigné selon ses instructions, par quoy la chose est retardée jusques il ait nouvelle de Monseigneur de Savoye, mon bon frere, auquel il a envoyé le tout.

Sur cest affere a fait ledict Tourtellet une ouverture de lui mesmes telle qu'il luy semble que, sans actendre la conqueste du royaulme de Chippres, mondict seigneur et bon frere, en luy quittant ce qu'il me doit et luy rendant ses baghes, 1l me baillast le souveraineté et tout tel droit a vye durant qu'il peult avoir es pays de mondict douayre, laquelle ouverture de prime face nous a’semblée bonne et meilleure que d'actendre ladicte conqueste pour vivre et demeurer en paix en noz pays et y estre dame et maistresse et pour eviter debatz et rancune, aussi les fraiz que journelement nous fault supporté a aller a chascun cop devers mondict seigneur, et auryons merveilleux regret si estions en nosdicts pays et l’on nous feist chose contre nostre

traité, ce que congnoissés l'on fait journelement. Et a ceste cause avons escript qu'il entendit dudict Tourtellet de Iny mesmes si la chose scroit conduysible, et de ce qu'il en cntendroit avec son advis, il nous avertit incontinent; de vostre part y pourréz penser sans en fcre bruyt et nous escripre aussi vostre oppignon, afin de selon ce nous conduyre…

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