‹ Marguerite d'Autriche, duchesse de SavoieChapitre 61 sur 125 · PREUVE XLVI · texte numérisé non relu

PREUVE XLVI

[1511], 23 février, Verboz. — Lettre de Louis de Balliant, [s' de Verboz|, au comte de Montrevel et à [Laurent de Gorrevod|, gouverneur de Bresse, relative à la mauvaise administration du douaire

de Savoie.

{Original. Arch. Nord, B 18947, n° 36940).

.…lJ'ay esté a Bonnaz et ay tout remys a monseigneur le juge, et n’est pas sans cause car le chatellein a desir de ce fere riche et voyla le plus gros que je vous rescrips de la visitacion que j'ay fet, car il n’y a deux fois autant, et tout j'ay lessé a monseigneur le juge pour escript de la main du procureur fiscal, et de la vollanté de monseigneur le juge, je m'en suis signé desoubz, et doit en fere justice ettermyné les composicions, et le double de tout j'ey envoé a Borg a monseigneur le mestre : Badel et a monscigneur le tresorier, et pour ce, vous povés cognoistre se ceulx qui vous disoient que par decza n’avoit rien a fere quan je party dernierement s'il estoient bien infformé du cas, vous asseurent, messeigneurs, que tout le païs se tient bien obligé a Madame de ceste visitacion et louent Dieu d’estre en ces mains et y panssent envoer ung homme pour la remarcier a ce Pasques.

Messeigneurs, au departy de la, je m'en allay vers Monseigneur Annessy car il a (ms la) pris l’année passé V composicion que valloent deux mille et V° florins et plus et luy n’en a ricn eu cenon le gran escuyer, et luy dis comme ces places sont bien entretenues et covertes, et luy dis comme j'avés trové ces composicions fetes et donnés, don il ce cuydoit eschaufer. Je le dis: « Monseigneur, vous me troverés toujour vostre tres humble et tres obeissant subgit. Je suis serviteur de Madame et seray toute ma vie. Je vous dis la verité que pour cella vous rompés son traté et ne s’an seroit comptanter », don il me dit et adonc ce repesat /sic/ung peu que pour rien je le mandasse a Madame ny a vous aultres et que je retournasse apres festes dever luy et que regarderoit de comptanter tout. Et cuydant y retourner, la goute m'a pris tant que il y a ung mois que je l'ay et encontynant qu'elle me lera, je yray ver luy et ferey au mieulx que je pourray, et vous suplie, messeigneurs, que Madame n'en sache rien jusque que je vous dye colla que m'ara fet et la reparacion, et vous prie, messeigneurs, que tant pour ma goute que pour aller solliciter cella, car je proffiteray pour l’advenir a tout le moins que aussy pour aller apointer ces gentilhommes de Monffor, car aultre discencion n’a plus en Foucigny que vous plaise moy fere prolongier mon congié, car il ne dure que pour le moys d'avril et si vous plest, le ferés fere pour tout le moys de may, et si plest a Dieu, je y serey devant.

Messeigneurs, je vous rescriprey quatre ou cincq avis tout pour le bien et prouffit de Madame. Si vous samblent, vous le ferés, et ce non, vous le lereis et soit tout a vostre bonne correpcion.

Le premier est que les paynnes de la jugerie de Foucigny ne soy recovrent poin, et ce pert cella pour Madame et de cella l'on paieroit le juge et les procureur et les aultres; et le tresorier et monseigneur le mestre Badel le ballierent 11 y dux ans, mes james n’en a esté recovré ung liart, pour quoy fauldroit que le secretere de le jugerie levat les paynes de mandament en mandement et les balliat aux chatellens, lesquieulx en compteroient a la Chambre et au tresorier, et les paynnes des chatellens et des officiers le procureur fiscal le recepvra et en tiendra compte a la

Chambre et au tresorier et de cella fauldrat donner C florins au juge de creuee de gages ou vous le perdrés, car monseigneur les a fet jurer sur le saing canonz de non prandre argent ce non vyvres et a ordonné Mousecigneur que monseigneur de Viry luy donnasset pour le sel qui est a luy C florins, et il le luy vauldra bien, mesil p'en fet rien, et monseigneur ne vousit poin ordonner de ces gages et luy dit que l'en recryroit a Madame, vous asseurant que c’est un gran homme de bien et aymant jastice et ferés bien de le bien trater. Tochant le procureur fiscal, c'est ung homme de bien et me semble que proffite aux afferes de Madame, mes il dit que monseigneur de Balleison prant tous ces gages, car il est bally et procureur, pour quoy vous y aviserés. | |

Aultre avis est pour les composicions et causes fiscalles, car a Chambery les causes de Madame je cuyde que il n’y a plus de cent et nulz ne le sollicitet et ce perdent toutes et les mangent tres bien ses seigneurs de Chambery ; et m'ont dit ces chatellein de Foucygny que eulx n’y ont bien LX causes et tout ce pert, pour quoy je dires que vous ostissez a monscigneur Conoz cella qu'il a et a monseigneur de Laude auxi car il l’a mal... et a Tollein aussy cella qu'il a, car il ne sert de rien; de monscigneur Gringallet, il fet cella qui peut et lesse le ces gages, mes fauldroit oster a tous les aultres cella qui l'ont et le ballier au procureur de Bresse et au procureur de Foucigny et que suvissent les causes fiscales eulx mesmes, et celluy de Foucygny n’est contant, et james ne se perdront les composicions ny les causes, pour quoy vous y adviserés.

L’aultre est que james ne permetés fere chatellen au lieu d'ou il est,

L'autre est que ne metés poin gentilhommes chatellen, car il pillient a double et ne poient poin.

L’aultre avis est, monseigneur le gouverneur, que vostre bally ce tiengne resident a Bourg et tout le jour qui tiengne conseil pour les afferes de Madame et que fasset charrier droit ces folz clercs et il n’y a ung que je vous direy may estre de della que traversset tout et quan il vient ung qui soit a cheval et qui meynne l’avocat et procureur fiscal et qui metet a but tout.

L’aultre et le principal, je le vous diray moy estre de della. Messeigneurs, je vous prie que toujours je demeure a vostre bonne grace et moy manderés et commanderés comme a vostre esclave que je suy a tout jour mais, le scet Nostre Seigneur qui vous doint tres bonne vie et longe.

À Verboz le XXIII de fevrier. Vostre tres humble serviteur,

Signé : Loys DE BALLIANT.

Sur le dos : À monseigneur le conte de Monrevel et a monseigneur le gouverneur

de Bresse, mes tres honorés seigneurs.

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