PREUVE XLVIII
(1511), 12 mars, n.st. — Instructions de Charles, duc de Savoie, à son écuyer Usillion, envoyé en mission auprès de Guillaume de Vergy, maréchal de Bourgogne.
{Cop. cont. Arch. Nord, B 18834, n° 27099].
Memoire a nostre escuier Usillion de ce qu'il aura a dire de nostre part a monseigneur le mareschal de Bourgoigne, seigneur de Vergy, mon cousin, ou a son absence a son lieutenant.
Premieremant, que luy avons escript touchant nostre affere d’'Alemaigne, duquel le croyons assés estre informé et que de fres avons heu lettres de Madame ma seur qui nous escript le bon vouloir qu’elle ha envers nous et de nous ayder et porter, ensamble aussy avoir donner charge a mondict cousin faire mettre sus gens du conté de Bourgoingne.
Et que sumes tres aise qu'il en ayt la charge, esperant qu'il l’aceptera et prandra voulentier ceste peinne pour amour de nous et pour nous faire plaisir, comme il a tousjours fect en toutes aultres choses.
Plus, que luy prions vouloir promptement ensuyvre la voulenté de madicte dame ma seur et sur le tout donner tel ordre qu’il tienne prest ceulx de ladicte conté, mesmement gens de cheval au plus grant nombre que faire se poura pour les nous amener au pays de Vuaud quant il aura nouvelle de nous, affin de nous en povoir ayder si l'affere vient ou que (ms quel) la chose est tousjours en gros doubte et difficulté.
Et remontrera que cecy touche madicte dame ma seur et, oultre l'amour qu'elle nous porte, c'est son cas propre a cause des pays de son douayre qu'ilz sont ypothequéz a ses gentz pour la faulce lettre dont il est question, lesquelz ils menassent prandre et invehir, et ceste ayde qu’elle nous fait sera pour les garder.
Plus, que le prions il vouloir diligenter can, apres la journée d’entre eulx et nous estre tenue que sera le XXIIII de ce moys, est danger qu'ilz ne veuillent marcher en pays, dont lors nous conviendra avoir nostre cas prest, et que de son cousté il le soit avec ses gens pour demarcher quant il aura novelle de nous, ainsy qui sçara bien faire et qu’en avons en luy parfaicte fiance, et que, sur le tout, il nous veuille faire responce et nous advertir de combien de gentz a cheval il poura finer, l'advertissant que recongnoistrons bien sa peyne. À Genefve, le XII de mars. CHARLES. VULLIET.