PREUVE LI
(1511, mars]. — Lettre [du Gouverneur du pays de Vaud] à Marguerite d'Autriche sur le conflit du duc de Savoie avec les Ligues.
{Original incomplet. Arch. Nord, B 18917, n° 35366].
Ma tres redoubtée dame, tant et si tres humblement que faire puys je me recommande a vostre bonne grace. |
Madame, j'ay actendu longuement a vous escripre des nouvelles de nostre guerre pour actendre le retour de monseigneur de Salanove qui estoit allé [a Ber]na, pour mieulx vous en povoyer adverty. A Ia virité, aujourd'uy mondict monseigneur de Salenove est revenuz, et par effait, a ce que j’ay puys entendre, la guerre ou la pay est entre les mains de messeigneurs les Suyche et tous veulle avoir l'honneur de conduire et paciffié cestuy affere et en voldroient bien faire leur profist, may il ne se pouve acordé entre eulx, car messeigneurs des troys canton Berne, Fribourg et Salorre, que sunt allié de Monseigneur, desire de demelé ceste matire tout seul (ms seur), et les aultres canton, que sunt allié des Vallesiens, vouldrent parilliement conduyre cest affere, et pour mieulx le povoir faire, il ont appelé cinqz aultre canton avesque eulx, et sunt mantenant huyt canton ensemble qui ont embrassé ce differend, ceulx de Lucerne, de Churit, de Svyche, de Heres, de Chut, de Singard, d’Autrewaldem et de Bala (‘), et huyt canton ont envoyé leur embassadeur a Syon et ont pris une treve avesque l’evesque de Syon et les Vallesiens san le scieu de monseigneur ny de ses embessedeurs qui sunt a Berne, combien que en la treve il dise le contraire. Et parelliement l'ont fait san le scieu de messeigneurs de Berne, de Fribourg et de Salorre, dum lesdicts des troys ville sunt marry. Et sunt venu lesdicts embessadeurs de huit canton a Montey devers monseigneur le visconte et luy ont apporté la treva qui avoient faicte, dum je vous envoye le double, et ont pressé monseigneur le visconte que la vousy reconfermé pour Monseigneur. Et pour que ce mondict seigneur le visconte ne l'a puent vousu faire san adverty Monseigneur et ses embassadeur et ausi ses allié des troys ville, lesdicts embessedeur des huit canton luy ont usé de grosse parolles et grande menasse en luy disant que hu cas que n’achete la treve que avons faicte pour bonne et que tout incontinant il ne fist retiré sont armée, que se declarent tous ensemble ennemys de Monseigneur, se faisant fort de ceulx de Berna, de Fribourg et de Salorre, et que dedans troys jours, il viendroent a se grande puissance que le delogerent bien et que tout ce que porrent prendre des
(1) Gantons de Lucerne, Zurich, Schwvtz, Uri, Zug, S'-Gall, Unterwalden et Bâle.
pays de Monseigneur, qui ne le rendront james. Monseigneur le visconte, voyant leur menasse, a esté contraint de faire partir (?) ses gens dehors de Monthey deux aut troys lieu, et luy s’an est venu jusque en ceste ville a cause du logy. Etaadverty de cecy les embessadeurs de Monscigneur qui sunt a Berna. Et quand ceulx de Berna, Fribourg et Salorre on entendu que ceste treve avoit esté faite sans [eulx], il l'an ont esté tres deplaisant et ont envoyé d'aultres leurs embassadeurs a Syon pour changier ceste treve plus a l’aventage de Monseigneur. Lesdicts embassadeurs des troys ville on recontré en chemyn les aultres dicts embassadeurs des huit canton qui s'ent retornient a Berna et les ont vousu retorné a Syon avesque eulx, may il ne y sunt puent vousu retorné, dum lesdicts des troys ville ont esté marry et ont dit au embassadeur de Monseigneur que sunt la, et ausi eulx ont mandé a Monseigneur le visconte que rasambla toute son armée et que fist bien gardé les passages et que dedans sept au huit jour il l’avertiront de la guerre ou de la pax. Et a ceste cause, nous sumes tous en armes en actendens leur novelles. Et est apparent que pour leur difference nous avons la guerre, ou qui faudra que, tous les canton ensemble ayant la cognoessance de ceste matire, les allié de Monseigneur dise qui le serviront contre tout le monde. Et voyla, Madame, a quoy la chiose en est, et jusque a ceste heure il n'y a pas hu on seur cot sne (?) ne d'ung costé ny d'aultre, fors que de ceulx de ma bende qui on prist deux Vallesiens qui venent a Genesve et pourtent tres bien de l'argent, may a cause de la treve, monseigneur le visconte le a fait lessé allé et leur a fait rendre tout leur argent, que a bien deplu a ceulx que les avent prist. Et vous asseure, Madame, que vostre bende de Bresse ne vous fara puent de honte, et on esté bien joyeux tous ceulx de l'armée de nostre venue, car il avoent bien peu de gens a chivalx.
Madame, de ce que sorviendra de nostre guerre je vous en advertiray et ne tiendra pas a vostre bende que nous ne ganyons la bactallie.
Madame, si vous plait, ne vous ennoyié puent de ma longue lettre, car c'est la fasson des gouverneurs de Vaud et de Bresso de les faire teulle.
Madame, je vous supplie qui vous plaise me mandé et commendé vous bon plaisir pour ilceulx acomply et vous obeir de tout mon povoir, aydant Dieu auquel je prie, ma tres redoubtée /{a suile qui formait le feuillet suivant manque/.