‹ Marguerite d'Autriche, duchesse de SavoieChapitre 86 sur 125 · PREUVE LXXI · texte numérisé non relu

PREUVE LXXI

[1515 ?|, 24 octobre, Bourg (‘). — Lettre du Conseil de Bresse à Marguerite d'Autriche sur les travaux de Brou.

(Original. Arch. Nord, B 19175, n° 44315].

Nostre tres redoubtée dame, tant et sy tres humblement que fere pouvons a vostre bonne grace nous recomandons.

Madame, maistre Loys [Van Boghem], present porteur, se retire par devers vous, lequel vous advertira bien a plein de la beaulté et excellence de vostre ediffice de Brouz et de la bonne et grande diligence que l’on y a faicte ceste année et qu'on y faict journelement a tant que tous les pilliers jusques au cueur de vostre esglise sont dehors de terre l'aulteur de XXII pieds, la murallie et fenestrages a l'entour de mesme aulteur et les fencstrages du cueur de l’aulteur de XX VIII pieds, vostre chappelle prestque toute tailliée, et une grande partic de la ymagerie, de sorte que c'est une chose tres excellente a veoir.

Au surplus, voz pierres de marbre noir en nombre de XX VIII sont tiréz et desja amenées jusques a Genefve, et esperons il fere diligenter de sorte que, dedans peult de jours, seront randues yci, et en oultre, en l'absence et jusques au retour dudict maistre Loys, il donrons tousjours bon ordre comme il] appartiendra.

Madame, nous avons par cy-devant tousjours faict et faysons tout le debvoir a nous possible touchant l’administration et l’'exequution de vostre justice de sorte qui n’est plus nouvelles d’aulcune voleric en voz pays de Bresse de par deça, et a tant que l'on y peult aller par les champs a toute asseurance, et esperons tousjours y continuer et proceder de myculx en myeulx moyenant vostre port et bonne ayde.… En vostre cité de Bourg, ce XXIIII° d'octobre.

Voz tres humbles et tres obeissantz subgets et serviteurs, Les gens de vostre Conseil en Bresse.

Au dos : À nostre tres redoubtee dame.

En marge du recto: Registrata.

Preuve LXXII

[Vers 1515]. — Note sur le Saint Pain () de saint Nicolas de Tolentin.

{Copie du début du XVI siècle. Arch. Nord, B 20047, n° 19958).

La manire pour user le Sain Pain en l’honeur de monseigneur saint Nycolas de Tollentino de l'ordre saint Augustin.

(1) La pièce sans millésime est datée de la « cité de Bourg », 24 octobre. On trouve, dans l'article B 191735, huit autres exemples de ce mot rité. Toutefois l'emploi du mot cité se trouve concurremment avec le mot Bourg dans des actes datés ou dont le millésime peut être restitué aux années correspondant aux périodes diocésaines. Cette pièce étant, d'après la description des travaux, antérieure au rétablissement de l'évêché de Bourg (13 nov. 1521), peut appartenir à l'époque de la première érection du diocèse (1°' juin 1515-22 sept. 1516). Elle pourrait aussi, à la rigueur, être du 24 octobre [1516] si l'on suppose du retard dans la publication de la bulle portant suppression du diocèse.

(2) Sur la dévotion du Saint Pain encore populaire aujourd'hui, voir le récit du P. Raphaël cité par l'abbé ALLoING dans Annales Snc. émulat. Aïn, t. xxxv (1902), p. 264-265.

Tout premier, il fault nettement et honestement mestre se pain beny en ung cofre ou aultre par, et quant ung en veult user, on doit prendre ungne petite pieche et ung peu de cler yauwe en ung voire aveq ung goblet d'argent et on doet ceste pieche de pain troe foy plongier en ceste yauwe et dire sinc Pater Noster et sinc Ave Maria, en a priant Dieu que par sa sainte grace et merite de saint Nycolas de Tollentino luy plaise de conceder che qu’il demande, et promettre en bonne foy de donner ungne offrande ou bon sain ou de envoier en quelque convent des Augustin.

La vertu du Saint Pain.

Pris en ceste maniere, on a trové ct on trove journelement que pluseurs Dieu a gary et preservé de pluseurs maladies et preservé de mort. On le doet prendre en la maniere devant dit pour fievre, pour peste et pour toute aultre maladies. Et pour la tempeste de la meer ou aultre yauwe, on le doet jetter en l'iauwe et invocer saint Nycolas de Tollentino. En dangier de feu, on le doet jetter dedens le feu, et on trove que le feu cessoet et ne faisoct plus de domaige. Item, pour femmes qui travellent d'anfans, on leur doet donner a mangier en la maniere devant dit.

Tout susy troverés emprimé dedens le Breviaire et messe qui sont a l'usaige de Rome.

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