PREUVE LXXIII
[1516], 3 août, Rouen. — Lettre de Louise de ‘Savoie à Charles Ill concernant la suppression des diocèses de Bourg et de Chambéry.
{Copie À VE. Turin, Arch. Cour, Lettere principi Sarort, principi dirersi].
Mon frere, j'ay receu la lettre que m'avés escripte et a[y] ouy ce que le s° de Chasteaufort m'a dist de vostre part, sur quoy je luy ay faict response telle qu'il vous fera sçavoir, vous priant, mon frere, mectre poyne d’appaiser et contempter le roy, ce qui se peult fere cn faisant remectre les erections des eveschéz de Bourg et Chambery en leur premier estat, en revocant et anullant ce qui peult toucher audict seigneur et a ses pais et subgectz, et aultrement non, vous advisant, touchant cella, ne fault que vous esperés que celluy qu'envoyerés pour ceste cause par deça, ne remonstrance qu'il saiche dire ne faire, y puissent de riens proffiter ny servir, comme cognoistrés par effect, par quoy me semble que mieulx est que vous ayés le gré de ce que se y fera que /sic/ nostre sainct pere ne aultre car, comme je vous ay tousjours mandé, le roy n'est desliberé pour chose du monde souffrir ne permectre que lesdictes erections ayent lieu en son royaulme et en ce endroict, prie Dieu qui vous doint mon frere ce que desirés. À Rouen, le III° jour d’aoust. [LoysE].
Suit le terte du mémoire donné à Chäteaufort l'avertissant que François E° est st opposé à l'éreclion des nouveuur diocèses que si Charles [IT ne prend pas les mesures tminédliales nécessaires, l'est a craindre que le roi ne lombe « contre mondict seigneur de Savoye son frere en quelque inymitié et aygreur et telle que ses pays et subgectz en pourront souffrir et porter du dommaige.. Aussi est il bien adverti le roy et de bon et seheur lieu que, combien que mondict seigneur de Savoye ait dit et promis qui n’en feroit ny feroit fere porsuite en court de Romme ne ailleurs pour le fait desdictes erections que, de part luy et de son commandement, Nostre sainct pere et aulcuns cardinaulx ont estez de ce poursuyvez vueillant empescher les revocations et
anullations que les ambassadeurs du roy poursuyvent et de ce a esté ledict seigneur certiffié et asseheuré par aucuns esquelz se sont addresséz les gens de mondict seigneur de Savoye en faisant la porsuite, ce que le roy a trouvé fort estrange et de plus en plus l’a lanymé /sic/ et estomaqué contre mondit seigneur de Savoye ({)....».