‹ Marguerite d'Autriche, duchesse de SavoieChapitre 88 sur 125 · PREUVE LXXIV · texte numérisé non relu

PREUVE LXXIV

[1516], 6 août, Bourg. — Lettre de [Mamert] de Costis à Marguerite d'Autriche concernant ses négociations en cour de Rome.

{Original. Arch. Nord, B 18966, n° 37500).

Ma tres redoubtée et souverainne dame, si tres humblement que fere puis a vostre bonne grace me recommande.

Madame, le XX VII° de julliet, estant [a] Annessye devers Monseigneur pour voz afferes et ordonnance de vostre Conseil, receu d'Hans le chevaulcheur, present porteur, les lettres que vous a pleu m'escripre du VIIF et IX° dudict mois, ensemble les instructions et pieczes y contenues. Et combien feusse encor bien fort malade comme scet ledict Hans, du lendemain me party de la et me tyray yci pour mectre ordre aux affaires et m'en aller exploiter la charge que vous a pleu me mander et commander en court de Rome, et ay faict la meilleur diligence que m'a esté poussible de sorte cependant ay vaccué voz prisons des brigans, don a Bagié a esté pendu Le Rosty, a Chastillion decapité celluy qui se faisoit nomer le Petit Savoye, et au mylieu de vostre cité de Bourg mys en quartier le nommé Golevant, qu'estoit chef de bende, les aultres fustiguës et bampnys, a tant que je laysse vostre pays de Bresse purgié de telz meschens et vostre peuple consolé et je prie a Dieu le trœuver en tel estat a mon retour que je le laysse, car il n'est plus question d'y vouler comme par avant.

Madame, le maistre reverend frere Glapion estoit party de Lyon devant la Magdalainne tyrant la ou est le roy de France, comme appert par la responce du message, mais ce non obstant, me parforceray me rendre a Rome ou la out le Sainct Pere sera le plus tot que pourray, et expere fere si bonne diligence que Vostre Excellence cognoistra par bon effaic£ la bonne et grosse affection qu'ay a vous obeyr et fere service, et si souvent que pourray vous advertiray.

Madame, pour venir au point, il est de besoing que Vostre Excellence tienne main ferme s'en relascher en rien toucheant la guarde et redduction des biens de l'abbaye Sainct Vincent et tous aultres beneffices, si aulcungs vacquent riere Vous, jusques vous soit accordée vostre juste requeste. Et cella sera cause fere venir les gens a la raison car je cognois leur nature. Au surplus il est de besoing avoir procures de monseigneur vostre aulsmonier, sellon la forme aultreffois mandée par ledict frere Glappion, si desjaz ne sont a Rome, car je n’en ay point troceuvé au

(1) Le duc de Savoie continua néanmoins ses démarches en cour de Rome. François I°f était si mécontent qu'il y eut même menace de guerre à ce sujet entre les deux souverains. « Come il Christianissimo re a mandato uno araldo a intimarli la guerra a quel ducha di Savoja s'il non desiste. La causa è per certo episcopato di Borgo di Brexa, etc. Ma si tien la madre dil Re Christianissimo, sorela di quel Ducha, conzerà ogni causa ». Louis de Galere à la République de Venise, vers le 24 septembre 1517. SANUTO, Diarii, tome xxiv, col. 620.

pacquet. Le meilleur touteffois seroit avoir depesché et emporter la piecze par entier, et de ce me parforceray ou aultrement sellon le chemyn desja dressé et meilleur comme pourray entendre estre mieulx, plus sehur et expedient suyvant lesdictes instructions.

Madame, demain, Dieu aydant, je m'en partiray et m'en yray a mon voiage le plus tot que je pourray, poussible ne m'a esté plus tot partir a cause tant de mon mal que desdictes affaires, aultrement j'eusse layssé vostre Bresse en grosse desolation a cause desdicts brigans.. En vostre cité de Bourg, le VI° d’aoust.

Vostre tres humble et tres obeissant subgect et serviteur, Signé : DE Cosris.

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