‹ Marguerite d'Autriche, duchesse de SavoieChapitre 90 sur 125 · PREUVE LXXVI · texte numérisé non relu

PREUVE LXXVI

[Avant août 1517 (*)]. — Lettre de Marguerite d'Autriche au duc de Savoie au sujet de la collation des bénéfices de Savoie.

{Minute de la main de [Marnix]. Arch. Nord, B 18942, n° 36793).

Monseigneur mon bon frere, je me recommande bien affectueusement a vous.

Il a pleu a Nostre Sainct pere, puis aucun temps en ça, m'accorder certaine nomination des dignités abbatiales et aultres beneffices d'importance qui vacqueront en mon comté de Bourgogne, et semblablement es pays que je tiens riere vous pour douhaire, que sera cause que telles dignités ne seront desormais transferées aux courtesiens de Romme, comme elles souloient ça devant, au moyen de quoy les esglises et membres d'icelles venoient la pluspart en ruyne et desolation, ayns entens y avancer et preferer ceulx du pays en tant que en nous sera. Et pour ce,

(1) Linselles (Nord, art de Lille), Cavrinnes (Belgique, Hainaut, ce de Hérinnes-lez-Pecq) et Howardries (Belg. Hainaut). Notre personnage était vraisemblablement fils ou neveu d’Arnoul du Chastel de La Howarderie, qui devint seigneur de Linselles en 1430 lors de son mariage avec Anne de Mortagne, dame de Cavrinnes. Sur cette famille consulter Du CHASTEL DE LA HOwaARDRIES, Généalogie de la famille Du Chastel de La Hownrdries, 1200 - 1872 (Tournai 1872).

(2) On conserve aux Archives du Nord (B 1535, n° 16811) une autre lettre de ce personnage adressée à l’archiduchesse, sans millésime, datée de Chambéry 1° mars, dans laquelle il rappelle encore les souvenirs d'enfance de Marguerite lorsqu'il était à son service « vos estant en Franche out Vcrgier en Anjou et a Melon, quant les presens de ladicte ville vos fure fait des vin qui estoit vers, et vos dites que siz estoit pour tant que les serment estoitte fallis, laquelle reponse fut bien notée de cheeux dudict Melung, et depuis vos servis a Miaux en Brie la ou vous fites He grans regres quant la robe vous fut presentée aut jour de la Nativité de Nostre Sauveur Jhesus....»

(8) Pièce antérieure au 1° août 1517, d'après une lettre du Conseil de Bresse accusant réception des lettres de Marguerite relatives à l'indult sur les bénéfices du douaire de Savoie, LM. n° 44323.

monseigneur mon bon frere, que cecy redondera au bien et utilité de vostredict pays et en apres de moy, la nomination se porra plus facilement transferer a vous et voz successeurs, vous en ay bien voulu avertir, priant bien affectueusement que, quant le cas d'aucune desdictes vacations arrivera, que me vueillés en tant que en vous sera favoriser, aydier et assister pour fere entretenir et observer ladicte nomination, de laquelle j'entens user de si bonne sorte que aurés cause nous savoir grey. Et s’il y a chose en quoy vous puissions fere plesir, nous en avertissant le ferons de tout cueur, Dieu en ayde, auquel je prie, monseigneur et bon frere, vous donner etc.

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