PREUVE LXXX
1518, mai, Malines. — Lettres patentes de Marguerite d’Autriche autorisant Mercurin de Gattinara, destitué de son office de président du Parlement de Dôle, à entrer au service du duc de Savoie (').
[Minute. Arch. Nord, B 19021, n° 39775].
Marguerite, etc., a tous ceulx qui ces presentes lettres verront, salut. Comme nagueres, a la tres instante priere et requeste de pluseurs principaulx nobles noz
(4) Par mandement de même date (mai 1518), l'archiduchesse alloue un don de 5.000 francs à Gattinara, payable moitié en novembre 1519, moitié en novembre 1520, pour dédommager le Président de la perte de son office. Gattinara, dans une note autographe, sollicite un paiement plus rapide « ayant esgar que, en resignant l'estat de mon grey, j'en eusse eu plus grand somme et argent » (Arch. Nord, L. M., n° 39776, minute avec des corrections de Jean de Marnix et de Gattinara).
vassaulx et subgectz de nostre conté de Bourgoingne, et singulierement pour faire cesser la haynne et grande inimytié et malvuillance estant entre eulx et nostre tres chier et feal conseillier Chief de nostre Privé conseil et nagueres President de nostre court de Parlement a Dole, messire Mercurin de Gattinaire, chevalier, et evicter les grans inconvenians que vraysemblablement estoicnt apparans de sourdre a cause de ladicte hayne, nous l'aions destitué et deppourté dudict estat de president de nostredicte court de parlement a Dole, lequel se voyant privé dudict estat s'est üré par devers nous et nous a fait sur ce plusieurs remonstrances au contraire, et finablement apres lesdictes remonstrances, il nous a humblement supplié et requis Juy donner congé et permectre que, sans nous offencé, il puise prendre et accepter le service de monseigneur de Savoye, nostre bon frere, son naturel seigneur, et pour tesmoingnaige tant de son bon acquict en nostre service que de son honneur quant a ladicte destitucion dudict estat de president, declarer icelle destitucion n'avoir esté faicte que pour la cause susdicte, luy faisant sur ce despecher noz lettres patentes en tel cas, Savoir faisons que Nous, ces choses considerées, audict messire Mercurin de Gattinaire inclinans a sadicte supplicacion, avons donné et donnons par la teneur de ces presentes congié et licence de soy retirer de nostre service, prendre et accepter celluy de nostredict bon frere le duc de Savoye, son naturel seigneur, sans mesprendre envers nous ne au serement qu'il nous a fait, pourveu qu'il ne face machine ou procure, face faire, machiner ou procurer directement ou indirectement en queque maniere que ce soit chose qui puise tourner au blasme, deshonneur, grief, prejudice ou dommaige de monseigneur mon nepveur, de nous, ses subgectz et les nostres. Et au surplus, quant a son acquit de son debvoir et service envers nous, nous avons declaré et par ces presentes declairons que, depuis le temps que premierement il est venu a nostre service jusques a present, n'avons sceu qu'il ait aucune faulte ne mesuz en l’exercice desdicts estatz de Chief de nostredict Privé conseil et President de nostre dict court de Parlement a Dole ne autrement en nostre service, mais nous a bien et loyalement servye et tellement que de son service sumes tres contente. En tesmoing desquelles choses nous avons fait mectre nostre seel a ces presentes. Donné en la ville de Malines, le jour de may, l'an de grace mil cinq cens et dix huit.
{Sur le dos} : Tierce mynute de mandement.