PREUVE LXXXIII
[Vers 1518]('), 1* septembre, Bourg. — Lettre du Conseil et de
la Chambre des Comptes de Bourg à Marguerite d'Autriche au sujet
des indulgences accordées aux franciscains de Bourg pour la construction de leur clocher.
{Original. Arch. Nord, B 19180, n° 44434).
Madame, les beaux peres du couvent de Sainct Françoys de ceste ville nous ont adverty comme il a pleu a monseigneur l’arcevesque de Besançon leur accorder de publier leur indulgences par toute sa diocese affin qu'ilz puissent parfaire leur clochier. Ne reste, comme il dient, que d’avoir sur ce vostre bon plaisir et consentement.
Madame, nous vous certiffions en verité qu'ilz ont bien employé les aulmonnes qu'ilz ont receu de vous et aultres. Ilz ont fait une belle el grosse œuvre et s’en vaid ledict clochier parfait, beau et sumptueux, ne reste que les fenestraiges et l’aguyllie, et soroit ung grand dommaige si la chose demouroit imparfaicte.
Madame, il y à ung marchant bourgeois de ceste ville, homme de bien, lequel a receu et deslivré tous les deniers, qui nous a certiffié que de tout l’argent qu'ilz ont eu des pardons et indulgences, n'est pas resté ung seul denier que ne soit esté employé audict ediffice et avec ce, en ont desja employé lesdicts religieux du leur une bonne somme, tout ce qu'ilz ont peu finer. Pourquoy, Madame, nous semble que ferés bien et grand aulmonne si vostre bon plaisir est de leur donner ledict consentement, mandant a messeigneurs de vostre Parlement leur donner assistence et faveur, ce que en toute humilité nous vous supplions fere.. Escript a Bourg, ce premier jour de septembre.
Voz tres humbles et tres obeyssants subjectz et serviteurs, Les Gens de vostre Conseil et Chambre des Comptes à Bourg.