‹ Marguerite de Lorraine, duchesse d'AlençonChapitre 15 sur 29 · CHAPITRE !T · texte numérisé non relu

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à se satisfaire ^ c'en étah fait de sa santé et même de sa vie. Marguerite apprend cette étrange monomanie ; aussitôt elle se décide à la guérir : elle envoie chercher la pauvre malade, pratique successivement des incisions à trois de ses doigts, et les fait sucer en disant : a En Phonneur et l'amour de Celui qui a donné jsoii précieux sang pour racheter nos âmes , je vous donne le mien , ne Pépargnez pas. » '

La charité de la sainte duchesse . ne se contentait pas de ses efforts et de ses œuvres ; elle suscitait aux pauvres des sympathies inattendues , et leur procurait des soutiens inespérés. Partout où c!était possible, elle fondait des associations chargées en quelque

sorte de perpétuer son dévouement. Son au-

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tomté persuasive encoarageait les plus tièdes, décidait les plus* timides. EHe décoiîvraît d^utiles âéments là où personne n^en sonpçonncit l'existenee , et procurait ainsi un double avantage; car l'exercice de la miséricorde n'est pas moins favorable aux bienfaiteurs qu'aux obligés. Ses exemples appremûml aux nouveaux associés comment ib

devaient s'acquitter de leur tâche. Elle portait aux pauvres des secours ^matériels , elle leur témoignait une tendre affection ; elle les aimait de coeur, et le cœdr a mille façons d'être charitable. Après avoir donné le pain, le vêtement et le bois , elle cherchait à égayer un peu la famille ; elle lui* apprenait ài»

jeu innocents, et lui procurait ainsi des plainrs purs et des distractions faciles à re-

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nobvelèr. Sous sa douce influence, cha^con

devenait meilleur : le père .plus rangé et

plus chrétien , les enfants plus sages et plus obéissants; la mère s^hàbituait à Tordre, à la propreté, et rendait Fiotérieur du niépage attrayant.

Dans toutes ses démarches , elle cherchait les âmes : leur salut était le but suprême de ses pensées ; elle voulaijt les éclairer^ les améliorer , les consoler , les fortifier dans la foi , les ramener, si elles s^en étaient écartées, à la pratique bien entendue de la religion.

EU0 commençait par gagner leur confiance ; ses paroles empruntaient à sa sainteté une eCficacité prodigieuse , . et de nombreuses conversions furent la récompense de son zèle^

Patiente et modérée en face de Pinjus-

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tice I prompte à l^oublier, elle répondait aux caloinnies par des bienfaits. Affligée à la seule pensée du blasphème , elle était par- Tenue à le bannir presque complètement de son duché, et s'imposait des pénitences personnelles pour Pexpiation de ceux qui échappaient encore à l'emportement des passions.

Aussi , grâce à ses efforts , ses encouragements, ses conseils et ses sages ordonnances , la paix régnait dans ses états , la vertu y était honorée ; l'histoire dut signaler le temps d0 sa régence comme une époque de renouvellement moral et comme une ère de régénération religieuse pour le âuché d'Alençon.

Sa profonde piété était la source de tout ce bien. Les exercices de la religion devinrent ses plus chères délices. Depuis sa

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retraite au châteaa d'Essai^ elle se levait aa milieu de la nuit , avec une dame d'honneur , pour prier et psalmodier les litanies; les froids les plus rigoureux n'interrompaient pas cette pratique de ferveur.

Ses méditations, se portaient de préférence sur le mystère de la Passion. Elle y revenait chaque jour, y trouvant une lumière pour

tous les doutés , une réponse à toutes les

question^. Pendant la semaine sainte , elle

ne s'occupait* que du^ Calvaire et accomplissait toutes ses œuvres en union avec les souffrances de Notre-Seigneur. Le jeudi saint , elle lavait les pieds de treize pauvres , les admettait à sa table , les servait elle-même , leur donnait une' double aumône y une pièce de monnaie et l'étoffe d'un' vêtement. Des

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Urmes manifestaient gon aUendrissemeni et ne cessaient pour ainsi dire de couler jusqu'à la Résurrection du Sauveur.

Elle ne se contentait plus des mortifications adoptées dans les ordres ios plus sévères;- son ardeur en avait inventé de nouvelles : elle portait sur la poitrine une croix d'argent , garnie de cinq pointes aiguës; el\d appuyait souvent le^ pointes contre sa chair et provoquait de vives douleurs. Sa vanté délicate se détériorait squs un régime Si austère; mais sa famille fît de vaines instances pour obtenir quelques adoucisseii^ts ; ik ne furent accordés qu'à l'intervention toujours respectée de Mgr l'évèqae de Séez.

Quand elle se préparait à la confession ,

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die pleurait amèrement ses fautes et ne

concevait pas que la grâce du pardon pût leur être accordée.

« Les jours de communion , elle se sentait tellement transformée^ dit le P. Magistri\ que sa figure rayonnaote trahissait souvent la ferveur de son âme. Quelquefois . même son émotiqn intérieure était si grande , elle était tellement embrasée de l'amour céleste , qu'elle était contrainte de, s'en aller à son peiit oratoire pour s'entretenir avec Dieu. »

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