CHAP.IT1US V
chère et bien -aimée fiUe, Totre épouçe, d^èjUre toujours lea bieofaiteqrs et protecleurs de mon monastère, comme tous en êtes les fondateurs par mes mains. Au reste , quand j^y serai entrée , et que j'aurai fait les Tœux de ma profession , estiraez-moi comme morte au monde , et pensez que irous n'aVez plus dé mère en moi que pour prier Dieu pour vous. »
Il est difficile de lire sans émotion ces simples et belles paroles ; qu'on juge de rimprèssion produite sur les personnes admisea à les entendre I Après les avoir recueillies, le duc Charles, les larmes dans les yeux y se découvrit , plia le genou , et supplia sa sainte mère de permettre à sies . enfants de pénétrer , au moins deux fois par
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an , dans rintérieur du monastère. Poar
jouir de ce privilège , il fallait une dispense
du Saint*Père : Marguerite permit de la solliciter.
La profession solennelle eut lieu le lendemain et fut entourée d^une grande pompe.
L'é?êque de Séez officia pontificalement. L^ sainte duchesse récita la formule suivante :
c Je , sœur Marguerite , voue et promets à Dieu, à la glorieuse vierge Marie , à saint François , à sainte Glaire , à tous saints et saintes , et à vous , mère abbesse , être tous les jours de ma vie obéissante à N.-S.-P.
le Pape et à ses successeurs canoniquemeot entrants y et vivre en obédience et pauvreté sans propre, en chasteté et perpétuelle clôture , et observer la règle de sainte
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Claire , baillée par saint François à sainte Claire , conGrmée par le pape Innocent IV, modifiée et reconGrmée par le pape Léon X/ selon les déclarations de lautorité apostolique sur icelle règle , moyennant la grâce w^ de Notre -Seigneur. »
Le P« Gabriel Maria ,* prédicateur du seruïon d'usage , reçut Fillustre religieuse
en lui disant : « Sœur Marguerite , si tous
observez ce que tous avez promis , je tous promets la vie éternelle. »
La même année, sa belle-sœur et son amie , Philippe de Gheldres , duchesse douairière de Lorraine , mère de douze en&ints, renonçait comme elle au monde et prononçait les mêmes vœux chez les religieuses clarisses de Pont^à-Mousson. Les
deux princeissjes ayaient pratiqué les mêmes vertus sur le trône: elles trouvèrent Tune et l'autre le commenc^oieat de leur rébompense dans une vie de renoncement et
d*a\bnégation.
Marguerite, entrée en possession de ce clottre, de cette pauvreté, de cette règle auatère qu'elle avait tant désirés , bénit mille fois le Seigneur de lui avoir accordé cette grâce, et ne cessa pas d'y rester Gdèle.
Sa vie de commi;inauté devint un modèle pour les religieuses les plus ferventes. Heureuse et soumise, elle semblait avoir soif d'obéir I Chargée de recevoir les pauvres, de leur distribuer les aumônes du couvent et de dirigei; les sœurs converses dans leurs V visites aux malades et aux infirmes , elle ne
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faisait rien sans le conseil de la supérieure. Avant de donner le' plus petit secours , elle demandait une permission. On voulut loi faire accepter une autorisation générale , elle \t\ refusa en disant : « ma bonne mère , ne me privez pas du bonheur de me conformer y autant qu'il m'est possible , à notre divin Maître. Je prends si grande consolation à obéir pour l'amour de lui , que je voudrais qu'il n y eût heure et minute de
ma vie où il ne me fût commandé de faire quelque chose à son honneur et gloire. »
Son humilité s'effrayait de toute marque de déférence. Après sa profession , elle ne voulut être appelée que sœur Marguerite.
Jamais elle ne consentit à accepter ni les fonctions de supérieure ' hi la moindre di-
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goité; elle persistait à prendre rao^ après toîiites . les autres religieuses, he balayage da ^ôrtoir , les soins du- linge , de la table , de la cuisine , en un mot les plus bas emplois du monastère, faisaient Fobjet doses désirs. Elle se. réjouissait de soigner les sœurs malades et de leur rendre les services les
plus pénibles à la nature : si elle était chargée de laver les pieds des religieuses > c'était à genoux qu'elle voulait remplir cette modeste fonction. Ses vêtements ^ sa cellule de boit pieds carrés^, ne se distinguaient en rien des autres. . On essaya plusieurs fois d'adoucir pour elle les rigueurs de la n^aison; on échoua toujours devant son chagrin , ses prières et sa fermeté. Un petit tableau la représentait couchée dans son cercueil.
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Chaque jour elle méditait au pied de cette image.
Son affection pour la communauté d'Argentan était celle d'une mère pour ses enfants.
A l'ouTroir , quand il était permis de parler , elle eibortait ^ les sœurs à ne pas regretter le monde , où le salut court tant de périls y h s'attacher de plus en plus à la règle, à se supporter, à s'aimer beau- <x)up , dans une étroite union atec Notre- Seigneur. Tout , en sa personne , donnait autorité à ses conseils et contribuait à con-
solider la maison qu'elle avait fondée.
Malheureusement sa santé toujours délicate ne tarda pas à préoccuper. L'hydlropisie de poitrine, dont elle était menacée avant
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d'entrer en religion , fit de rapides progrès ; la respiration s'embarrassa j les pieds et les miyins s'enflèrent y la fièvre devint intense ; les médecins presdrivirent Texercice et le changement d'air. Mais sœur Marguerite résistait à toutes les instances : elle ne pouvait se résigner à sortir, même pour un temps , de sa chère communauté. // est nécessaire d' obéir ^ disait-elle; il nest pas nécessaire de vivre. W- fallut recourir au ministre provincial , qui se servit d'un moyen détourné • afin d'atteindre le but sans alarmer les scrupules de la fervente religieuse.
11 y avait à JlAval un couvant désireux d'observer la règle approuvée par Léon X.
La bulle pontificale autorisait Marguerite à Recevoir les nouvelles professions. Le R. P.