CHAPITRE T
Glapion , /profitant de cette circonstance , la
députa vers les, religieuses de Laval. Elle se
hâta de se mettre en route , mais les ravages
du maM'obligèrent à s'arrêter à Alençon.
Elle dut y séjourner ^plusieurs mois dans le
couvent de son ordre. Le provincial vint l'y
voir y lui retira la mission que ses forces se
refusaient à remplir, et se contenta de J'en-
Yoyer à Mortagne, vers des sœurs qui de-
mandaient aussi à' suivre les constitutions
d'Argentan. La nouvelle de sa visite répandit
la joie dans le monastère de cette ville ; on
se réunit , on procéda à une élection ; l'una-
nimité des suffrages lui décerna le titre d!alh
besse ; à "son arrivée , on lui fit les honneurs
réservés à cette dignité. Marguerite remercia
avec effusion ,' reçut les professions , exhorta
i22 MARGUERITE DE LORRAINE
à la ferveur , mais persista dans son refus de toute distinction ;^ elle visita Thôpital entretenu par sa charité ; puis elle se hâta de reprendre le chemin ^'Argentan pour rentrer dans la maison où elle voulait terminer son pèlerinage. On l'aimait tant qu'on cherchait à la retenir et qu'on ne pouvait renoncer aux dernières espérances de guérison ! Mais elle connaissait mieux que personne la gravité de son état , et sentait bien que le jour de la récompense était proche.
Les ouvriers et les pauvres d'Ârgenlaa sortirent de la ville ,- et vinrent au loin sur la route, pour revoir plus tôt celle qu'ils appelaient leur sainte duchesse et leur mère. Dès qu'on aperçut la voiture ^ ce fut une explosion de cris et de larmes. Le clergé et