‹ Marguerite de Lorraine, duchesse d'AlençonChapitre 19 sur 29 · CHAPITRE T · texte numérisé non relu

CHAPITRE T

Glapion , /profitant de cette circonstance , la

députa vers les, religieuses de Laval. Elle se

hâta de se mettre en route , mais les ravages

du maM'obligèrent à s'arrêter à Alençon.

Elle dut y séjourner ^plusieurs mois dans le

couvent de son ordre. Le provincial vint l'y

voir y lui retira la mission que ses forces se

refusaient à remplir, et se contenta de J'en-

Yoyer à Mortagne, vers des sœurs qui de-

mandaient aussi à' suivre les constitutions

d'Argentan. La nouvelle de sa visite répandit

la joie dans le monastère de cette ville ; on

se réunit , on procéda à une élection ; l'una-

nimité des suffrages lui décerna le titre d!alh

besse ; à "son arrivée , on lui fit les honneurs

réservés à cette dignité. Marguerite remercia

avec effusion ,' reçut les professions , exhorta

i22 MARGUERITE DE LORRAINE

à la ferveur , mais persista dans son refus de toute distinction ;^ elle visita Thôpital entretenu par sa charité ; puis elle se hâta de reprendre le chemin ^'Argentan pour rentrer dans la maison où elle voulait terminer son pèlerinage. On l'aimait tant qu'on cherchait à la retenir et qu'on ne pouvait renoncer aux dernières espérances de guérison ! Mais elle connaissait mieux que personne la gravité de son état , et sentait bien que le jour de la récompense était proche.

Les ouvriers et les pauvres d'Ârgenlaa sortirent de la ville ,- et vinrent au loin sur la route, pour revoir plus tôt celle qu'ils appelaient leur sainte duchesse et leur mère. Dès qu'on aperçut la voiture ^ ce fut une explosion de cris et de larmes. Le clergé et

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