SOMBRE TRAME
Pendant que je travaillais à l'opéra dont ma femme avait fait le livret et jusqu'au jour où nous eûmes de nouveaux différends, Louise ne cessa d'être délicieuse à mon égard. Ce fut même sa bonne grâce de plus en plus voulue et enveloppante qui finit par m'inquiéter et amener un choc entre nous. Mais quoique je pusse supposer, tout en repoussant les craintes qui me hantaient, la réalité des faits ne répondait à rien de ce que j'imaginais dans le secret de mon âme. Il y avait une chose que je n'aurais pu concevoir.
Il faut que le lecteur sache que ma femme, selon les actes qu'elle imagine nécessaires à ses projets, change aisément d'avocat, car tous n'ont pas la même conception des lois et des
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devoirs professionnels qu'elles imposent aux hommes chargés de les interpréter. A propos de l'histoire dont je vais parler, M. Matlaroli, lui-même, lorsqu'il la connut, s'écria :
— Ce n'est certes pas Mattaroli qui aurait fait cela.
Ceci pour expliquer comment la Princesse, qui avait une foi aveugle en M. Mattaroli, s'adressa pour une besogne spéciale à un autre avocat, M. Francesco Coselschi. Ils combinèrent ensemble un acte qui a été réduit à néant par les preuves contraires et par les deux arrêts du Tribunal, rendus en ma faveur.
Le résultat de ce complot fut que les filles de chambre, assistées du sus-dit avocat Francesco Coselschi, firent, par devant notaire, dans l'appartement de Miss Hélène Zimmern, Piazza Santa Trinita, 6, une déclaration incroyable et infamante à mon égard.
Je supplie le lecteur de bien se pénétrer des circonstances :
Je suis chez moi, je travaille, j'ai un sujet auquel je tiens à m'attacher : une œuvre de ma femme. C'est mon suprême espoir. Je ne quitte ma table de composition que pour aller à mon piano et mon piano que pour aller à ma table
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de composition. Ma femme sort, abandonne la maison et rentre tard. Je me tais, je me contiens le plus possible. Je me réfugie dans mon labeur. Quand ma femme rentre, elle m'apporte des friandises, elle me cajole, elle m'embrasse, elle raconte les menus potins de Florence; elle s'efforce de créer autour de moi une atmosphère de confiance et d'affection. Or, en même temps — en même temps ! — elle a envoyé ses deux domestiques personnels avec l'avocat Francesco Goselschi, déclarer par devant notaire que je bats mon enfant, que je ne jais rien de mes dix doigts, que je traite ma femme de prostituée, que je suis, en un mot, un être abominable.
Entendez, je vous prie, que cette sorte de témoignage peut avoir une certaine valeur en justice, au point de vue de la loi italienne, quoique les témoins ainsi requis et ayant énoncé des griefs contre moi, soient des salariés aux gages particuliers de ma femme.
Que la déclaration vaille peu ou prou, là n'est pas la question. C'est le procédé qu'il faut retenir, et c'est lui que je ne veux pas qualifier.
On ne saura jamais ce que j'ai souffert de ces choses-là. J'en ai été déchiré. La plaie, aujourd'hui, est cicatrisée; c'est tout au plus si j'ai
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encore dans la bouche une dernière trace de l'amertume du dégoût. ,
Nous touchions à la veille de Pâques, en avril, et jetais à cent lieues d'imaginer les intrigues de ma femme, lorsqu'elle manifesta pour Fiseole et notre installation, une insurmontable horreur. Son engouement de notre nouveau foyer avait exactement duré quatre mois. Depuis sept ou huit semaines, elle ne pouvait plus s'y supporter. Ses sentiments nouveaux se faisaient jour avec les premiers feux du printemps. Ma patience était à bout, je m'insurgeai et la laissai partir, avec ses deux Allemandes et Buby, pour Rapallo. Elle revenait une fois encore à la Riviera.
Elle n'était pas à Rapallo depuis huit jours qu'elle m'écrivit de la rejoindre à Pise pour aller à Rome, en famille.
— A Rome !
J'en restai ahuri. Pourquoi aller à Rome, avec moi, avec notre enfant, avec ses deux fameuses femmes de chambre! J'aurais compris, à la rigueur, un séjour dans la Ville Eternelle en observant un incognito rigoureux ; mais y aller en cortège pour être à coup sûr reconnus et faire un bruit désagréable au Vatican, cette idée
me paraissait folle. L'avocat Mattaroli était le premier à dire à Louise combien sa présence à Rome pouvait lui nuire près de la Cour de Saxe, si pieuse et si respectueuse du Saint- Siège.
Je répondis à Louise de ne pas venir à Pise et que je partais pour la rejoindre à Rapallo. Qu'avait-elle encore imaginé?
Je prends donc le train et j'arrive à Rapallo. Je suis vers cinq heures après midi à l'Hôtel Moderne où ma femme s'était installée.
— La Princesse de Toscane, s'il vous plaît?
— Elle est partie, Monsieur.
— Comment! elle est partie... Elle est sortie, voulez-vous dire. Elle va rentrer?
— Elle est partie, Monsieur.
— Partie avec ses bagages, avec mon fils?
— Oui, Monsieur.
— Partie pour quelle destination?
— Pour Gênes.
Pour Gênes ! Il était question qu'elle allât à Rome et maintenant elle allait à Gênes. Elle fuyait Rapallo sans me prévenir. Où emmenaitelle Buby ?
Ahuri, je rencontre la Comtesse Skarzynska et la Baronne Strombeck et avec elles le pianiste
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Slivinsky, aussi galant homme que grand artiste. Je m'informe de ma femme.
— Nous l'avons vue ce matin, dit la Comtess ) Skarzynska, la Princesse était très gaie. Ella nous a dit qu'elle se rendait à Gênes, comme si c'était une chose entendue entre vous et elle. •
Je devais avoir l'air démonté, atterré, car Slivinsky me prit par le bras en me disant :
— Voyons, ne vous frappez pas. On va s'informer. Il n'y a là-dedans rien de fâcheux.
Je rentre à l'hôtel, je m'installe au téléphone. On demande Gênes. J'appelle le « Bristol », j'appelle d'autres hôtels où ma femme aurait pa descendre. Rien. Personne n'a vu la Princesse de Toscane. J'étais de plus en plus écrasé. Je me persuadais que Louise était partie pour une destination inconnue et que je ne verrais plus jamais mon cher Buby.
La Comtesse Sharzynska, la Baronne Strombeck et M. Slivinsky eurent la bonté de ne pas m'abandonner à mes craintes. Avec une délicatesse, un empressement dont je leur serai reconnaissant toute ma vie, ils ne me laissèrent pas? seul un instant, je dînai en leur compagnie. Je n'en pouvais plus. Je me suis laissé aller à des confidences. J'ai dit mes énreuves, mon déchi-
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rement. J'ai laissé voir mes rancœurs, et ce soirlà, j'ai raconté une de ces mille et une vilenie, que je supportais par amour pour mon fils. C'était une histoire de bague vraiment typiques
Quelques mois plus tôt, en octobre, quand ma femme avait cru que son apanage était suspendu, supprimé peut-être, et qu'après un voyage de l'avocat Mattaroli à Dresde, cet apanage lui fut continué, Louise m'avait dit :
— L'avocat Mattaroli s'est dérangé pour moi. Quoique conseil de la Cour de Saxe, il m'a fait comprendre que je devais m'acquitter envers lui. Je n'ai pas d'argent disponible. Comment vais-je me tirer de ce pas ?...
Il faut noter que lorsque la Comtesse de Montignoso émet des réflexions de ce genre, son plan est déjà arrêté dans sa tête. Ce jour-là, elle savait fort bien ce qu'elle voulait faire.
J'avais gardé précieusement la bague ornée d'un beau brillant, que la Reine Carola de Saxe avait donnée à ma femme qui m'en avait lait don à Londres, devant le Registrar, le iour de notre mariage, en échange de l'alliance que ie lui avais passée au doigt, dans ma folie d'amour. Puis, par la suite, comme cette bague me gênait quand j'étais au piano, j'avais dit à Louise :
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— Remets donc cette bague, si précieuse pour nous, dans notre cassette. Je la prendrai de temps en temps. Toi-même, à l'occasion, tu pourras la porter. Elle m'est très chère.
Le jour où l'avocat Mattaroli était revenu de Dresde, elle me demanda de l'accompagner chez lui pour le remercier de lui avoir fait rendre son apage et elle mit la bague à son doigt.
Elle avait insisté pour que je l'accompagne. Quelle idée avait-elle derrière la tête ? On va le voir.
Nous arrivons chez l'avocat. Ma femme parle du Roi de Saxe avec des airs de compassion dont le fond était ce qu'on peut penser. Elle avait une façon bien personnelle de remercier son premier mari, assez bon pour la pensionner. En fin de discours, elle tire de son doigt notre anneau ou, plutôt, mon anneau, la Dague qu'elle m'avait donnée comme un gage sacré de notre union, gage auquel j'étais attaché et que j'avais, d'ailleurs, un jour, montré à l'avocat Mattaroli, dans le temps où je croyais à sa sympathie. Il connaissait fort bien cette bague, car, plusieurs fois, en riant, il m'avait dit qu'il me l'enviait. Ma femme la tire de son doigt, me regarde en
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souriant, se tourne vers l'avocat, encore plus souriante et, avec une audace incroyable, lui dit:
— Cher maître, permettez-moi de vous offrir ce brillant en reconnaissance du service que vous m'avez rendu.
L'avocat Leonida Mattaroli prit la bague et la mit à son doigt.
En sortant de sa maison, j'étais comme hors d'état de parler. Je ne dit pas un mot à ma femme. Je crois que je suffoquais de fureur contenue. Mais je fis effort sur moi-même. Je voulus n'avoir rien vu, rien compris. J'aurais voulu nsuite oublier... Impossible! Dans une heure d'émotion et d'angoisse, cette histoire me remontait du cœur aux lèvres. Elle indigna mes auditeurs.
Ma femme avait d'excellentes raisons de savoir que l'avocat Mattaroli s'intéressait aux bijoux. Peu de temps après notre mariage elle m'avait avoué qu'avant notre union elle avait eu besoin de seize mille francs pour acquitter des dettes et que l'avocat Leonida Mattaroli les lui avait procurés contre la garantie d'un magnifique collier de perles, d'une grande valeur. Ce bijou venait d'une demi-sœur de
Louise, née du premier mariage du Grand Duc de Toscane, son père. Cette histoire m'avait, à la vérité, ahuri ; mais ce n'était rien encore. L'appétit vient en mangeant et, mise en goût. Louise, toujours par la même voie, en arriva à emprunter la somme de quarante trois mille francs. Gomme elle éprouvait, un peu plus tard, d'autres difficultés financières, elle dut engager les quelques bijoux qui lui restaient à la Banque du Piccolo Crédite On lui en donna quatorze mille francs ; mais au bout de quelques mois, on la prévint que si elle ne les retirait pas, ils seraient vendus... J'avais déjà épuisé et mes gains de concerts et ce que j'avais rapporté de ma tournée en Amérique. Je perdais la tête devant de tels embarras. Jamais je ne m'étais trouvé dans un pareil guêpier. Chez mes parents, je n'ai jamais vu aucun embarras d'argent. Je ne savais que faire. Je tenais absolument à sauver les bijoux de ma femme. Louise s'adressa à diverses personnes qui refusèrent toute espèce de prêt en enveloppant leur refus de grâces et d'excuses. Je me décidai à faire part de la situation à ma mère. Elle me vit tellement affecté qu'elle engagea sur le champ des titres et les bijoux furent retirés.
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Cette histoire de pierreries me remet en l'esprit une réponse de ma femme que je ne pourrai oublier de ma vie et que je n'ai même pas relevée lorsqu'elle s'est produite. Ceci était à la fin de notre vie commune. On m'excusera d'anticiper:
Le 16 octobre 1911, j'accompagnais Louise à la Banque d'Italie. Elle quittait Florence pour s'installera l'étranger, et, pour retirer ses bijoux du coffre de la banque, ma signature était nécessaire. Nous descendons aux caisses. Elle reçoit son coffret. Elle prend les joyaux, les admire avec complaisance et me dit :
— Ces bijoux sont tous pour mes enfants de Saxe.
Alors moi, simplement, j'observe :
— Quoi ! tu ne destines même pas un souvenir à notre Buby chéri?
Alors, Louise, soudain hautaine et dure :
— L'enfant d'un bourgeois n'a pas besoin des bijoux d'une Princesse Impériale et Royale.
Ainsi à cette minute, — et à beaucoup d'autres — le sentiment maternel dont elle se plaît si volontiers à se parer, n'a pas été assez fort pour lui faire oublier que l'enfant du bourgeois est un fils de l'amour qu'elle a mis au monde.
Bref, pour revenir au collier de perles et pour
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en finir avec lui, je dirai qu'il fut vendu cent mille francs à des marchands de Vienne, dans l'appartement privé de l'avocat Leonida Mat" taroli, via Serumido. La somme prêtée par ma mère lui fut remboursée. Cette vente n'était pas une opération brillante, tant s'en faut. Il y avait eu une offre de cent vingt mille francs de la part d'une étrangère vivant à Rome; mais on ne put traiter parce qu'il fut impossible, même avec toutes les garanties imaginables, d'avoir en mains le collier une seule minute.
Tout payé, il restait quarante-deux mille francs que Louise me donna pour l'enfant, somme intacte, aujourd'hui augmentée des intérêts et de la plus value des titres, dont je reste et resterai comptable vis-à-vis de mon fils. Je dois dire que Louise a plusieurs fois manifesté le désir de reprendre cette somme, .l'ai tenu bon. De là les fameuses discussions d'intérêts dont on a parlé et que l'on m'a reprochées.
Je ne sais plus si j'ai raconté aussi cette histoire du collier dans mes heures de détresse à Rapalio. Je me souviens seulement que tandis que je parlais, dans la salle du restaurant où nous dînions, j'entendais l'orchestre jouer ma sérénade... La vie a d'étranges ironies.
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Je suis rentré à Florence torturé par l'angoisse de savoir où Louise avait pu aller. Que faire? Où la chercher ? J'espérais trouver à Fiesole ou chez mes parents quelque dépêche, quelque explication. De la gare à la via Lamarmora, je ne fis qu'un saut. Pas de nouvelles. Alors je téléphone chez nous à Fiesole. Il y avait un télégramme. On me l'apporte au bout d'une demi-heure. Je l'ouvre et je lis ces simples mots : u Partie pour l'étranger. Louise ». Je sentis le plancher s'enfoncer sous moi et je m'affaissai dans les bras de ma mère. Cette faiblesse fut courte. Je me ressaisis et sans vouloir rien attendre je me précipitai chez l'avocat Mattaroli. Il me parut avoir beaucoup de peine à cacher un contentement intérieur, mais il fut très aimable. Il ne savait rien, il regrettait, il était au désespoir. Je vis que je perdais mon temps et me rendis chez l'autre avocat qui connaissait ma femme, M. Coselschi, dont j'ignorais encore la participation à la déclaration notariée des deux filles allemandes. Celui-ci, comme s'il avait voulu me dépister, me déclara qu'elle était à Dresde.
— A Dresde I... mais c'est fou! c'est stupide ! A Dresde, chez le Roi de Saxe, avec mon enfant !
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Je sors, ne me possédant plus. Des amis m'attendaient dans la rue. On me ramène chez mes parents. Le docteur Franchini Stappo esft appelé pour me donner des soins. J'étais dans un état nerveux et convulsif qui effrayait tout mon entourage. On me fit mettre au lit. Le len-. demain, j'étais atteint de fièvre et dévoré par une éruption cutanée qui rendait mon corps entièremment rouge. Je ne prenais part à rien de ce qui se passait autour de moi. J'étais dans une espèce d'hypocondrie. Enfin, au bout de huit jours, — nous étions en avril 1910 — m'arrive une lettre de Montreux. G ' était Louise qui donnait signe de vie. Elle m'écrivait qu'elle n'avait jamais ea l'intention de me quitter. Sa lettre était tendre et contenait des détails optimistes sur Buby. Quant à l'explication de sa fugue, pas un mot I
Je suis parti le îour même, remis d'aplomb tout d'un coup et j'arrivai le lendemain matin à Montreux, au Palace Hôtel.
Deux idées me poussaient: d'abord me rapprocher de Buby, ensuite avoir avec ma femme une explication décisive.
Louise m'ouvrit elle-même. Je la surprenais au saut du lit. Elle se jeta dans mes bras en
Buby et ses parents.
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pleurant et fut pathétique et amoureuse. Elle se repentait de tout. Elle regrettait tout. Elle avait cédé à une impulsion soudaine et à de mauvais conseils.
Elle parlait, elle parlait, je ne pouvais pas placer un mot, et il fallait bien pourtant qu'elle m'entendît. Le scandale était public. Sa fuite occupait les journaux. Qu'était-elle devant l'opinion et qu'étais-je moi-même? Sa réputation se trouvait une fois de plus compromise. La mienne, jusqu'ici sans tache, était éclaboussée* Enfin, comment avait-elle pu songer à se rendre avec son enfant à la cour de Saxe ?
— Moi, disait-elle, moi... mais je n'ai rien fait, ie ne sais rien. Je n'ai pensé à rien. Qui t'a raconté que je voulais emmener Buby en Saxe ?
— L'avocat Coselschi.
— Ce n'est pas possible. Je vais télégraphier à l'avocat. Je blâme, je démens tout cela. C'est odieux!
Effectivement, elle envoya un télégramme de réprobation à M. Coselschi, puis me jura qu'elle n'avait aucun grief contre moi. Tous les torts étaient à elle, de son propre aveu.
Je passai trois jours à Montreux. Buby était ma consolation et je restais le plus possible avec
la
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lui ne sachant que faire, quel parti prendre, secoué comme sur un bateau en pleine tempête.
Pour ajouter à mes angoisses, l'enfant tomba malade. Il venait de Rapallo où la température moyenne était de 20° de chaleur. Sa mère, brusquement, l'avait transporté à Montreux où il gelait la nuit- Il attrapa une bronchite.
Ah ! quelle éducatrice et quelle mère, la mal"" heureuse Louise de Toscane I
Cependant les journaux me prenaient à partie, et surtout les journaux où je savais que ma femme avait des amitiés ou des relations. J'aurais pu répondre, j'aurais pu même dire à Louise que je voyais clair dans son jeu. Je n'ai rien dit ni aux autres, ni à elle-même. J'ai eu pitié tant que j'ai pu de la mère de mon enfant, mais elle m'a mis dans la dure et douloureuse nécessité de me défendre ici.
Je quittai Montreux pour aller à Florence. Mes parents étaient malades à leur tour. Le scandale de la fuite de Louise et de nos disputes les éprouvait cruellement.