ENVOI
Iahveh, dieu primitif, ô mon enfance, Dieu des prairies cananéennes !
Iahveh, dieu fort, ô ma jeunesse, Dieu des prophètes et des amants !
Iahveh, dieu grave, ô ma grise maturité, Dieu de la cime et de la rêverie !
Ainsi je prie
Avec adoration, amour, émerveillement et complaisance.
O jeunes poètes, amis connus et inconnus qui m'écoutez,
Ayez vos yeux sur vous-mêmes et vers les dieux, Et puissiez-vous, lorsque le jour sera venu pour
vous des cheveux blancs,
Entre vos mains et dans vos cœurs trouver présent
le dieu
De vos printemps, de vos étés, de vos automnes, Comme un bouquet de fleurs aromatiques qu'une
amie souriante aurait laissé, en s'en allant, contre la
porte.
Octobre 1917.