‹ Maria Chapdelaine (volume 4)Chapitre 11 sur 18 · ACT · texte numérisé non relu

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vait croire que tien n’était changé: la robes encore sur “pied, le décor étérnel des bois d’épinettes ét de sapins, et toujours les mêmes couchañfs mauve et gris, orange et mauve, les mêmes cieux pâles au-dessus de la campagne sombre... . Seulement Lherbe commença à se montrer, au matin, blanche de Bivre,. ét presque de suite les premières gelées. sèches vinrent,/qui brûlèrent et noircirent les feuilles des plan de pommes de terre. bi

Puis la première pellicule, de glace fit son apparition ne

sur un abreuVoir; fondue à la Chaleur de l'après-midi, elle revint quelques j jours plus tard, et une troisième fois la même semaine. Les sautes de vent incessantes continuaient bien à faire alterner les journées tièdes de pluie avec ces matins de gël; mais chaque fois que le nord-ouest reprenait, il était un peu plus froid, cousin un peu plus proche des souffles glacés de l’hiver. Par-

tout l'automne est mélancolique, chargé du regret de

ce qui Sen va et de la ménace de ce qui s’en vient; mais sur le sol canadien, il est plus mélancolique et plus émouvant qu'ailleurs, et pareil à la mort d’un être humain que les dieux rappellent trop tôt, sans lui donner sa juste art de ie.

A travers lé froid qui venait, les premières gelées, les menaces de neige, l’on retardait pourtant et l’on remettait de ; jour en jour la moisson pour permettre au

pauvre grain de déroberencore un peu de force aux

sucs de la terre et au tiède soleil. Il fallut moissonnér

pourtant, car octobre venait. L’avoine et le blé furent

coupés et mis en grange sous un ciel clair, sans éclat 5%

au temps où les, feuilles des bouleaux et des trembles commencent à jaunir. |

La récolte de grain fut poiees mais les foins | avaient été eaux, de, sorte que l'année dans sf en- 774. semble ne méritait ni transports de; joie: ni doléances. Hi 1. | pourtant, les Chapdelaine ne cessèrent del déplorer , longtemps encore, dans leurs conversations du soir, et la sécheresse sans précédent d’août, et les, gelées sans pré VA cédent de septembre, qui avaient trahi leurs espoirs. ù Contre l’avarice du si court été et les autres rigueurs d’un climat sans in Re ils n’avaient aucune révolte, même d'anéreupr Æéhilement fompar ent toujours dans leur re à saison 4 HAE ACC autre saison miraculeuse dont leur abs faisait la règle; et c’est ce qui mettait constamment sur leurs slèvres cette éternelle lamentation des paysans, si raisonnable d’apparenté, Mais qui revient tous les ans, tous les ans:

— Si seulement ç’avait été une année ordinaire!

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Un matin d’octobre, Maria vit en/se e levant A première neige descendre du ciel en innombrables flocons pares- ” seux. Le sol étai blanc, les arbres poudrés, et il semblait bien que Tautomne fût déjà fini, au temps où il ne fait que commencer ailleurs.

Mais Edwige Légaré prononça d’un air sentencieux :

— Après la première neige on a encore un mois avant l’hivernement. J’ai toujours entendu les vieux dire ça,

- et je pense de même.

Il avait raison, car deux jours plus tard une pluie fit fondre la neige et la terre brune se montra de nouveau. Pourtant l’avertisséMent n’avait pas été perdu et les préparatifs commencèrent: les préparatifs annuels

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de défense contre les grands froids et la neige définitive.

Avec de la terre et du sable Esdras et Da’Bé renchaussèrent soigneusement la maison, formant un remblai au pied des murs; les autres hommes s’armèrent de marteaux et de clous et, firent aussi le tour de la maison, consolidant, bot ReRee ip trous, réparant de leur mieux les dommages de l’année. De l’intérieur, les femmes poussèrent des chiffons dans les interstices,

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