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lots de ce côté-là, et voilà que cette place dont j’entendais parler, que je n’avais jamais vue et où il n’y avait encore personne, je me mettais à avoir faim et soif d’elle comme si c’était la place où j'étais né...
“Dans ces temps-là, quand l’ouvrage de la journée était fini, au lieu de rester à fumer près du poêle, j'allais m'asseoir sur le perron et Aé, restais Jà sans grouiller, comme un homme qui a le mal du pays et qui s’ennuie, et tout ce que je voyais là devant moi: le bien que j'avais fait moi-même avec tant de » peine et de misère, l Champs, | les clôtures, le cran au 1 Houchait la vue, je
e haïssais r: én perdre la Faison NÉ Met LA Eh
‘Alors ta mère venait par derrière sans faire de ee: elle regardait aussi notre bien, et je savais qu’elle était conténte dans le pre dé son Cœur, parce que ça commençait à ressembler aux vieilles paroisses où elle avait été élevée et où elle aurait voulu faire tout son règne. Mais au lieu de me dire que je n’étais qu’un vieux simple ét un ‘fou de vouloir m'en aller, comme bien des femmes, auraient fait, et de me chercher des chicanes pour ma'folie, élé ne faisait rien que soupirer un peu, en songeant à la misère qui allait recommencer dans une autre place dans les bois, et elle me disait comme ça tout doucement: ‘Eh bien, Samuel! C’est-y qu’on va encore mouver bientôt? ”
“Dans çes temps-là je ne pouvais pas lui répondre, tant j réthangfais de*hônte, à causé de la vie misérable qu’elle faisait avec moi; mais je savais bien que je finirais par partir encore pour m’en aller plus haut vers le Nord, plus loin dans le bois, et qu’elle viendrait avec moi et prendrait sa part de la dure besogne du commencement, toujours aussi capablement, encouragée et
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de belle humeur, sans jamais un mot de 4 sea ni be malice.”
Après cela il se tut et sembla ruminer longuement son regret et son chagrin. Maria soupira et se passa les mains sur la figure, comme l’on fait quand on veut effacer ou oublier quelque chose; mais en vérité elle ne désirait rien oublier. Ce qu’elle venait d’entendre l'avait émue et troublée; elle avait l'intuition confuse que ce récit d’une vie dure, bravement vécue, avait pour elle un séns profond et opportun, et qu’ 1l contenait une leçon, si seulement elle pouvait comprendre.
— Comme on connaît mal les gens! songea-t-elle.
Dès le seuil de la mort, sa mère semblait prendre un
aspect auguste et singulier, et voici que les qualités
familières, humbles, qui l’avaient fait aimer de son vivant, disparaissaient derrière d’autres vertus presque héroïques.
Vivre toute sa vie en É lieux désolés, lorsqu’ on aurait aimé la compagnie des autres humains et la sécurité paisible des villages; péiné de l'aube à la nuit, … dépensant toutes les fôfces dé son corps en mille dures besôgnes et garder de l’aube à la nuit toute sa patience «£t une sérénité joyeuse; ne jamais voir autour de soi
ue la nature primitive, sauvage, le bois inhumain, et
fder au milieu de tout cela l’ordre raisonnable, et la fs: et la gaieté, qui sont les fruits de biei des siècles de vie sans rudesse, c'était une chose difficile et méritoire, assurément. Et quelle était la récompense? Quelques mots d’ éloge, après la mort,
Est-ce que cela en valait la péine? La question ne se posait pa dans son esprit avec cette netteté ; mais c'était bien à cela qu’elle songeait. Vivre "din$i; aussi