‹ Maria, drame en deux actes, mêlé de chant (sic)Chapitre 11 sur 33 · FRÉDÉRIC, ALBERT · texte numérisé non relu

FRÉDÉRIC, ALBERT

frédékic, à Albert qui s'approche de lui. Ah ! vous étiez là, monsieur : ainsi vous avez écouté mes paroles? eh bien ' cela m'épargnera la peine de vous les répéter.

ALBERT

J'ai entendu aussi la réponse que yous a faite

Mlle Dolsey, monsieur; je la trouve juste et convenable de tout point, et je ne puis que vous la renouveler en mon nom.

FRÉDÉRIC

Une insulte! je devais la supporter d'une femme : mais vous me permettrez de vous la rendre à vous! Mille grâces! vous me dites : Sortez; je vous répondrai, moi : Sortons !

ALBERT

C'est un duel que vous me proposez?

FRÉDÉRIC

Vous avez compris bien tard. Votre lieu, vos armes ?

ALBERT

Inutile, monsieur ; je n'accepte pas ce duel!

FRÉDÉRIC

C'est à mon tour, moi, qui ne comprends pas.

Je n'accepte pas ce duel, et je le puis, car j'ai fait mes preuves; et quoi que vous puissiez dire en publiant ma réponse, personne ne croira que la crainte soit pour quelque chose dans mon refus.

FRÉDÉRIC

Il faut que vous en soyez bien sûr.

ALBERT

Je le suis en effet : pour venger une offense étourdiment faite à la femme qui en ce moment encore est l'objet de notre querelle, j'ai enlevé à la colonie un citoyen qui lui eût été long-temps utile, et ces preuves d'un courage mal placé sont les seuls remords de ma vie.

FRÉDÉRIC

Eh! monsieur.

Albert , avec autorité.

Je pourrais vous répondre que je ne vous reconnais pas le droit de venir m'attaquer parce que j'ai été préféré par une femme qui ne vous a, je pense, jamais donné le moindre espoir. (Mouvement de Frédéric.) Mais j'aime mieux vous dire, monsieur : Mon sang ne m'appartient pas ; le conseil colonial, trop indulgent sans doute, a cru trouver en moi un digne représentant : ce n'est pas au moment où toute ma vie suffira à peine pour répondre à la confiance du pays que j'irai la jouer follement.

Air :

Pour exposer des jours qu'il peut me prendre , Je n'ai pas droit de choisir le danger...

Je dois vouer ma vie à le défendre Mon intérêt me devient étranger ; Avant moi-même a tout je dois songer ! Pour ce pays il me faut la victoire ; Un tel péril a du moins sa grandeur.

Pas de duels !... on y tombe sans gloire , On y triomphe sans honneur ...

FRÉDÉRIC

Très-bien raisonné; mais vous ne me persuaderez pas que le soin de jours si précieux vous autorise à ne pas rendre raison des injures que vous faites. Ainsi, tout en admirant votre éloquence, je ne puis que vous répéter ces questions : Votre heure ? Yotre lieu ? vos armes ?

Archives de fa Ville de Bruxelles Archief van de Stad Brussel

MARIA

ALBERT, froidement.

Vous êtes depuis long-temps ici, monsieur.

FRÉDÉRIC

Ah! prenez garde, je pourrais croire enfin que je n'ai plus affaire à un homme d'honneur, mais à... {Mouvement d'Albert.) Ah! bien, monsieur, dans deux heures je serai ici avec mon témoin.

ALBERT

Regardez-y à deux fois, une tentative d'insulte et de violence dans ma maison pourrait avoir des conséquences plus graves encore pour vous que pour moi.

Dans deux heures je serai ici, et je veux croire que j'y trouverai M. de Prével, pour son honneur. En ce moment, à mes yeux, il est absent encore.

Il sort.

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