SCENE III
Mme DE RANCÉ, LUCY.
LUCY, à part.
Que signifie... ce qu'il disait tout-à-1'heure?... ces questions. .. {A Mme de Rancé.) Ah! madame, parlez, parlez... serait-il vrai?... Albert douterait-il de mon amour?
Mme DE RANCÉ.
Non, ma chère enfant, non... toutefois, il faut bien te l'avouer, ta préoccupation... ta tristesse actuelle...
LUCY
Ah! excusez-moi, ma tante... Oui, c'est vrai... je devrais être plus joyeuse... j'ai tant à remercier Dieu, qui me donne une famille, à moi pauvre orpheline ; tant de félicité, à moi si malheu-
MAGASIN THEATRAL
reuse jusqu'à présent !... Mais une indiscrétion quelques paroles de M. Marius, ont fait renaître en moi des inquiétudes...
Mme DE RANCÉ.
Comment cela?...
lucy, à elle-même.
Et le dernier adieu. .. l'air menaçant de M. Frédéric surtout. ..
Réponds donc... quelles paroles?...
LUCY
J'ai tort, sans doute; mais vous connaissez le caractère de M. Frédéric !
Mme DE RANCÉ.
Oui... oui... et j'avoue qu'en le voyant paraître ici tantôt, j'ai craint moi-même... mais si M. Frédéric s'est quelquefois, dans un premier mouvement, laissé emporter à des actes de violence blâmables... il est juste de dire aussi que c'est, avant tout, un homme d'honneur... un cœur loyal, et qu'il s'empressa toujours de réparer...
LUCY
Sans doute... mais je n'en tremble pas moins... il voulait provoquer Albert. ..
vvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvv\vv\vvvwtvwvwwvvww\