DON FLORE
Sans doute !... Il faut que mon sort change!
Eux aussi, quelque jour jo les tuerai.
Maria.
Qu’eotends-je?
De qui donc pailea-vous?
DON FiDRB.
Comme ils m'ont offense!
Ma vengeance par lut du moins a commencé.
Je DC le verrai plus, debout sur mon passage, D'un sourire insolent démentir son hommage.
Maria, avec inquiétude.
Serait-ce l’écuyer de la reine?
DOM FÉDRB.
C’est lui.
MARIA
Eb bien ?
DON FÈDRB.
Je t’ai tué !
maria.
Quand, don Pèdre?
DON FÊDRC.
Aujourd'hui.
MARIA
Son crime?
DON FLDRR.
Il m'a bravé jusque dans ma demeure.
MARIA
Malheureux! que fera votre mère?
DON FCORE.
Elle pleure.
MARIA
Et que dira don Pèdre, alors qu'au nom du roi, Legrand justicier fera parler la loi?
Du vieux bcQa\idès l’austérité rigide Doit sur tous vos sujets étendre son égide;
Sa voix vous flétrira.
DON FÈORS.
Je peux le défier.
MARIA
Il connaîtra le meurtre.
DON FLDne.
Et non le meurtrier.
MARIA
Le favori Gomès fut donc frappé dans l’ombre?
DON PÉ.DRE
Nul ne m'a vu passer dans le corridor sombre Oû j'ai puni rinfûme et vengé mon affront.
MARIA
Hélas! malheur sur moi, car ils m'accuseront.
DON PèDRE.
Ils n'oseraient.
£d proie é des maux qu'on trriiep Le peuple ù ses douleurs mêle la favorite^ la le ploiai, lui paxdeimei«n leUpnptcc jtveiu
Vaincre son injustice en le rendant heureux.
DonPèdre, écoutc-moH Ta colère fatale A fait jaillir du sang sur la pourpre royale;
Dieu l’a vu; près de lut Goraès va t’accuser!
Par le bonheur d’un peuple il le faut apaiser.
La guerre a trop long-temps désolé tes proTÎnccs; Un parti suit encor la fortune des princes;
Tolède peut demain leur ouvrir scs remparts,
El, fils d’Alfonse, ils sont tes frères.
DOM PftDKI.
Des bfiiardst
mau.
SouvienS'toi do ton père et songe à leur puissance, non péoRE.
Mais moi, n'ai-Je pas droit a leur obéissance?
S'ils désiraient la paix?
non piDRi.
Point de paix avec eux Tant qu’ils seront armés.
MASU.
Ton peuple eslmalheureox, Et moi, qu’aux yeux de tous ton amour a flétrie, Moi qui souffre, tu dois m’écouter quand je prie. Me repousaeras*ta, don Pèdre? Souvieos-toi Des sermens que tu fis on me donnant ta foi : Jusqu’au jour où mou front ceindra le diadème, Je devais, disais-iu, régner plus que loi-méme. Je ne t’accuse point de mes chagrins passés;
Mêle donc quelque joie aux pleurs que j’ai versés; Il faut cacher mon litre, et mon cœur s’y résigne; Quand tume le rendras, qu’on dise: EUeenostdigne! Permets qu’enfin ton peuple en moi trouve un soutien Qu’on bénisse ton nom sans maudire le mien, non pÈDRt.
Qu'exiges* tu T
MARIA
Je sais que ton cœur est fidèle,
Que Blanche de Bourbon ne verra point pour elle Se décorer le trône offert à son orgueil;
Elle n’y peut monter qu'en foulant mon cercueil.
SO:i P&DRB.
Le crains- tu?
MARIA
Non ! pourtant, on t’obsède sans cesse; Aux frontières d’Espagne, une jeune princesse Attend le sceptre; elle a des sujets, une cour; Pour en faire une reine U suffirait d'un jour : Moi, je n'ai que ton cœur.
DOM pipaa.
Il est a toit Pardonne Si de nombrens périb, menaçant ma couronne; Me condamnent è feindre, et ne m'ont pas permis De mettre encor le pied sur tous nos ennemis ; J’essaie à les briser, j’y parviendrai sans doute; Vers mon trône pour toi j'aplanirai la route ;
Mais la France, mon peuple et ma mère à la fois, C'est trop! De cet écrit qui consacre tea droits Jamais, sans mon aveu, nul n'aura connaissance. Ha mort seule pourrait t’affranchir du silence ; Tu ne l’onblieras point, Maria? Quand le roi Par an uen sacré voulut t’unir ft toi»
Tu juras le secret sur la divine hostie.
MARIA
Ma fui, jusqu’ô ce Jour, s’cst-elle démentie?
DOM PÉDRR.
Non, et l’instant viendra qui doit tout révéler. Songcz*y cependant, si vous osiez parler,
Vous savez, Maria, quel sort serait le vôtre! [tre. G'esila mort danscc monde elc'estrenfcr dans l'au-
MARU.
Je m’y soumets, don Pèdre, et le fais sans effort; Car si tu me trahis, puis-je craindre la mort?
DOM PéDRI.
Jamais.
Eh bien t il faut céder à ma prière.
Dans le palais du riche et dans l'humble chaumière. Que 1a paix pour dou Pèdre éveille un cri d’amour, Et que sa Maria compte au moins un beau jourl Tu consens, u'est-cc pas? car tu m’aimes.
DOM PÈDRE
Que faire?
MARIA
Désarmer Transtamarel
DON PÈDRl.
Un rebelle?
MARIA
Ton frère l
DOM PÈDRE
Il dicterait la paix ? je l'aurais imploré ?
MARIA
Non, il la recevra.
DOM PÊDRI.
Lui?
MARIA
J’ai tout préparé.
DOM PÈDRE
Comment?
Dcpuislong-temps, don Pèdre, un de mes Mystérieux agent, par de secrets messages, [pageS| L’instruit de mes projets et m’apporte ses vœux. Regarde l vos combats sont fiuis, si tu veux.
Elle lui remet ud pArcbcmin.
DOM PÈDRE
Qu’est'Ce donc 7
MAAU.
Un traité qu'il a signé d'avance.
U respecte tes droits, tou titro et la puissance. Que le nom de son roi brille a côté du sien,
La paix et le bonheur nous sont rendus.
DOM PÈDRE, le Uupotant à tigner.
Eh bienl
Tu le veux, Maiia?
On entend un bruit confus au «Icliors.
Quel est CO bruit ? écoute I
MARIA
Nos fêtes et nos jeux qui commencent sans douto.
EU« pretf l'oroUle.
Grand Dieut
DOM PÈDRE, écoutant.
Les cris du peuple 1
MAGASIN THEATRAL
mniA.
Ahi je ravaU prédit.
DON PÊDRB.
Ton nom ions la fenêtre!
HABu, avec détetpoir,
Etc'cit moi quUl maudit!
TOtx dans la coulitte.
Vengeance à Goiualo I
MARU.
Tu vois, je suis proscrite.
VOIX, dam la coulisse.
Meure U Padillal meure la favorite!
MARIA
Ah t quel sort tu m’as fait, don Pèdrel
DOM pàDRl.
Que crains-tu 7
MARIA
Moi craindre 7 rien ! Braver la honte est ma vertu.
DON pànRB.
La honte, Maria?
MARIA
Ce peuple qu’on abuse
Prête une oreille avide h la voix qui m’accuse;
1! n’est point de forfait qu’il n'attache à mon nom, Eh bien! cède a mes vœux, il le bénira.
DON PiORB.
Non,
Guerre à mos ennemis ! aux mutins des tortures!
MARIA
Unmoien cris joyeux peut changer leursmurmures.
DON PÉDRB.
C’est mon peuple : en silence il doit subir ma loi.
MARIA
Mais c'est mon peuple aussi, jesuisfemmedu roi.
DON piDRB.
Il ose l’outrager... point de lâche indulgencet
MARIA
Donne-lui donc la paix et signe ma vengeance.
DON PXDRB. .
II nous en faut une autre, et nous l’aurons.
Il va von la fond.
A moi!