LE MEDECIN
Un petit vieillard, l'air vif et franc, la physionomie joviale et rieuse même, — chose rare chez un 'anglais, — s'avançait vers le lit de lord Warder, sans remarquer Léona qui s'était arrêtée sur le seuil de la porte de communication.
C'était le docteur.
— Eh! bien... eh! bien, — fît-il, — vous avez besoin de moi, milord Qu'y a-t-il donc?
Lord Warder lui tendit la main :
— Peut-être rien, docteur, — répondit-il.
— Gomment cela?... Votre domestique est venu m'avertir que vous vous étiez évanoui.
Lord Warder plaisanta :
— Comme une femmelette.
En voyant la mine de son malade le médecin fut tout à fait rassuré.
— Alors je ne comprends pas, — fit-il. Et aussitôt il ajouta :
— Est-ce seulement le désir de me voir?... Vous êtes bien... Lord Warder l'interrompit :
— Grondez-moi docteur, au contraire, au lieu de me faire des compliments.
— Bon, vous avez bougé... et l'appareil?
Et sans attendre la réponse du blessé, il souleva les couvertures audessus du pied.
Lord Warder regarda, inquiet, du côté du boudoir.
Léona, en voyant le geste du docteur, était rentrée de nouveau dans sa retraite ne voulant pas rater cette entrée, comme elle avait raté la première.
— Décidément il me plaît ce médecin, — murmura-t-elle. — II a l'air tout joyeux et pas gourmé comme presque la plupart des Anglais. Oui,
Les deux hommes s'étaieat mis machinalement à la portière pour éuBanger ces quelques mots. (P. 1047).
IV. 131. — MICHKL MORPHY. — ilARIAGK d'aMOUR. — J. ROUFF ET C«= KDIT.