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1234 MARlATiE DAMOIJU
Pour s'animer au combat, les auxiliaires poussent des cris gutturaux, cris de carnage.
Et, en les entendant, saisis de la même frénésie, les convoyeurs euxmêmes, qui suivent latéralement les profondes routes d'eau du marais, juchés sur l'avant de leurs grands cliariots sombres, battent les croupes des buffles qui s'élancent, plongent leurs cornes énormes dans les flots vaseux qu'elles soulèvent, — comme un ennemi par elles éventré.
Ces cris, ces rumeurs annoncent au lieutenant-colonel l'approche de ceux qui vont lui permettre d'achever sa victoire.
Bientôt, c'est une vague humaine, roulant, assaillant de partout, envahissant, conquérant les bois, fouillant les fourrés et les cadavres de ses baïonnettes.
Et ce n'est bientôt plus dans ces solitudes, au silence depuis le matin si violemment troublé, ce n'est plus qu'un galop confus, chassant en môme temps les vaincus et les bètes affolées des forêts.
Les dci'niers Annamites et Chinois ont disparu, quelques-uns par la route mandarine, le plus grand nombre par la forêt qu'ils n'osent quitter.
Ils composent un corps de partisans qui ne s'étaient point encore mesurés avec les Français à Minh-Kong et que le Bonheur-Florissant avait expédiés en toute hâte pour arrêter leur poursuite,
A leur tour ils venaient d'être battus, et, laissant la forêt semée de cadavres, se reliraient vers Noui-Den, la Montagne-Noire, ce fort lointain où nous avons vu Hector Brémontier prisonnier, attendant la venue du célèbre chef des pirates.