‹ Mariage de demainChapitre 11 sur 45 · IÎAR1 [QE DE DEM UN · texte numérisé non relu

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toi aui groupes un soir d'hiver où ils ne te vea rom pas. Visite les maison i où ils grouillent, ou bien viens feuilleter .m, moi le registre des renvois. Je te lirai toutes les lamentables, toutes les taies histoires que chaque nom me rappelle. Tu seras édifié. Tous « rédules, mobiles, grisés de leurs droits, mais ignorants de leurs devoirs, et envieux, vantards et ingrats... des enfants, si tu veux, mais des enfants terribles et des enfants vicieux. Ehl oui, des bambocheurs et des débauchés: la moitié des hommes levé le coude, et la moitié des femmes lève la jambe...

11 se tut. Le poussin aux cèpes faisait son entrée. Et c'était à la fois comique et pénible, le spectacle de ces deux hommes dont la nature môme se heurtait dans un débat vital, mais qui, plies aux usages, continuaient de s'interrompre à chaque service, de s'offrir à boire, de se passer du pain, d'accomplir tous les rites du repas.

Le sacristain parti, l'oncle renoua en reposant son verre :

— Va, tu auras beau dire et beau faire, tout ça c'est de la clique... et les meilleurs ne valent pas cher.

Léon murmura, ingénument railleur:

— Mais, mon oncle, ils voudraient bien, valoir cher...

— Làl Je l'attendais... Mais, mon pauvre enfant, je la connaissais, la réplique, avant que tu sois né. C'est entendu: ce n'est pas de leur faute; ils pullulent dans la misère; ils ne savent pas; on ne leur a pas appris; on ne les a pas éduqués... La bien 1 qu'est-ce que ça peut te faire? Tu ne te maries pas en l'an 3000, n'estce pas? Tu te maries dans un mois.

D'ici là, tu n'as pas la prétention de changer le monde ?

— Certes, je n'ai pas la prétention de le changer d'ici mon mariage. Mais du fait même de mon mariage, il y aura

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Léon ourit. Il te sent Lnquille

Il était plein de L'indulgence que rayonne l'amour.

— N<m, ion om le, i réquisitoire ne me touche pas, parce qu'il

est partial. \

gens de trop près pour les juger d'en* semble. Vous avez l'œil sur eux, 1 du maître I Un peu comme 1 regar-

diez votre m, un a la loupe. C'est horrible. Un champ de verrues. Vous ne découvre/ que les défauts. Ils ont des qualit-

— J'allais te le dire, répliqua l'usinier. Oui, ils ont de la patience, de la bonne humeur, une gaîté facile. Ils sont généreux à leur manière, secourables les uns aux autres. Et ils ne s'embarrassent pas d'un tas d'exigences, de besoins, de croyances, de préjugés, si tu veux, dont nous avons compliqué notre vie. Et après? Les qualités effacent-elles les défauts? En quoi serviront-elles à ta femme pour tenir sa place dans le monde?

— Ehl eh! Qui sait?

L'usinier haussa de nouveau les éDaules.

— Et puis, poursuivit Léon, vous êtes encore injuste sur un autre point. Vous procédez du général au particulier. Et là vous vous trompez lourdement. Rien ne vous autorise à soupçonner de toutes ces tares une jeune fille qu'en fait vous ne connaissez pas.

L'oncle frappa la table du poing:

— Je connais son milieu, sa classe! Ça me suffit. Plus ou moins accentués, elle en a fatalement les caractères, comme tous les êtres d'une même race ont la même couleur de peau et le même type de figure...

Toute résistance l'irritait. Et comme Auguste officiait, suave et moelleux, il dit, d'une voix impatiente:

— Le dessert, les liqueurs, ensemble...

C'est bien. Laissez-nous.

Puis:

MABIAGE DE DEMAIN

• — Enfin, où en est exactement ce projet ? Ta mère le connaît, ça va de soi ?

— Elle connaît même la jeune fille, confirma Léon.

— Et elle l'agrée, naturellement I Elle aussi, a reçu l'empreinte de ton grandpère. Seulement, rien ne lui a ouvert les yeux. Elle ne dirige pas d'usine, ta mère. Elle continue à voir le monde à travers la cornue. Et tu t'es engagé, avec ta... demoiselle?

— De ce soir.

L'onclr Courtemer versait l'armagnac.

Il paraissait vraiment soucieux:

— Ahl sacrédié de sacrédié... Evidemment, tu n'avais pas besoin de mon consentement, mais, entre nous, avant de le décider, tu aurais bien pu me consulter, prendre mon avis.

Léon sourit :

— Oh ! mon oncle, sans reproche, je le connaissais d'avance.

— Mais ce que tu ne connais pas, triple benêt, ce sont les renseignements que j'aurais pu te donner sur ton héroïne. J'ai certainement des notes dans mes paperasses, ses chefs m'en auraient fourni.. .

— Oh ! Des commérages d'atelier ! . . .

— Permets. Elle est sous les ordres d'une femme très sérieuse et en qui j'ai toute confiance. Et crois-tu que ton idole ne soit pas plus libre et plus naturelle devant ses camarades que devant toi ?

Ecoute ... Ta mère, vous deux et moi sommes seuls au courant. Gardons le secret quelques jours, le temps de réunir ces renseignements.

C'est l'affaire de quarante-huit heures.

Impulsif, Léon l'interrompit :

— Je vous préviens que je suis résolu à ne pas tenir compte. . .

Mais sa sérénité se troublait. Une inquiétude l'avait pincé au cœur et s'irradiait en malaise. Quels ragots son oncle allait-il déterrer? Bahl II avait prévu ces traverses. Elles ne l'empêcheraient pas de suivre son chemin.

Cependant M. Courtemer, tout à son idée:

— Laisse-moi tout de même le temps de poursuivre cette petite enquête. Fais en sorte qu'on ignore jusque-là tes fiançailles dans la famille et à l'usine. C'est dans ton intérêt. Supposons que tu passes outre, que tu les rendes pour ainsi dire officielles et que je découvre ensuite quelque obstacle... songe à la situation où tu te serais mis. Bons ou mauvais,, je te communiquerai loyalement mes renseignements. Tu ne les crains pas, puis-

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