‹ Mariage de demainChapitre 13 sur 45 · li bien ' i 'ii Madame I · texte numérisé non relu

li bien ' i 'ii Madame I

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— Oui, reprit Madame Breau, s'adressant à son fils, mais il ne s'agit pas de raisonner. Les trois quarts des usages ne résistenl pas à l'examen. Nous appre-

LBON PRIT UNE CHAISE ET s'aSSIT PRÈS DE JEANNE

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Heureusement, Jeanne n'abu de

mots tarés. Elle ne disait ni le i i in tième », ni « son manger ». On sentait que la tante Félw îe, personne distingu avait passé par là. Le champ était sarclé déjà. Il n'y restait plus beaucoup de mauvaises herbev

Jeanne renoua en souriant :

— Donc, " sa femme //?...

— Berthe la S dirait Léon. C'est la personne sérieuse de la famille. Elle y représente la rè^le, l'ordre, la pondération. . .

Et Léon :

— Ce n'est pas une Courtemer. C'est une Bréau.

— Elle élève ses deux enfants, Pierre et Pauline, selon les traditions, avec une tendresse sévère, une sollicitude rigoureuse. Nous avons même des petites piques ensemble à ce sujet. Mais j'ai tort. Chacun doit être libre. D'ailleurs, elle s'y consacre presque absolument. C'est une femme de foyer, une femme de devoir.

— Tu oublies, maman, que Berthe vit prosternée devant son

mari et qu'elle pousse l'admiration pour lui jusqu'à partager son horreur des microbes. . .

C'est vrai, répondit Madame Bréau. Cela vous étonne peut-être, ma petite, que nous nous amusions de leurs travers. Mais, les connaissant, vous y * serez aussi indulgente que nous.

Au fond, mes enfants ne sont ni durs, ni méchants. C'est le principal. Et j'espère bien que tout ce monde-là vous aimera comme une sœur, quand vous serez ma fille...

Alors, Jeanne, d'une voix basse et tendre, dégonflant d'un mot son petit cœur tout plein de gratitude:

— Maman...

— A la bonne heure! s'écria gaîment Madame Bréau. Au moins, voilà un mot qu'on n'aura pas besoin de vous apprendre à dire!

■ Pr

Ls s'acheminaient tous trois, par la rue de Rivoli, vers la prochaine station du Métropolitain, où Jeanne devait les quitter. Elle avait promis de rentrer dîner à Alfortville. Il le fallait. Et le travail des fleurs! Et cette pauvre vieille tante qui l'attendait! En voilà une qui avait accueilli la nouvelle à mains jointes... Sa nièce, épouser un jeune homme si distingué!... Elle en perdait la tête: «A croire que c'est elle qui se marie», disait Jeanne. Tout de même, il ne fallait pas trop brusquement la délaisser... Mais les

DANS UNE GLOIRE DE l'OUSSIl RK, LES AUTOS FILAIENT VERS LES CHAMPS-ELYSÉES.

deux fiancés marchaient sans hâte, pour retarder l'instant de se séparer.

Dans une gloire de poussière, les autos descendaient vers les Champs-Elysées, en files denses, d'une allure pressée de voitures bien contentes d'avoir fini la tournée de visites ou de rouler vers la fraîcheur du Bois.

Ils s'arrêtèrent au seuil de l'escalier que Jeanne allait descendre. Qu'elles sont tristes, ces stations où l'on voit ceux qu'on quitte s'enfoncer sous la terre, s'ensevelir, après la petite mort des adieux...

Ils fixaient le rendez-vous du lendemain quand, sur un cri de surprise échappé à sa mère, Léon se retourna. Dans une auto qui s'éloignait, un couple les saluait de la main. Et tandis que la femme continuait d'agiter son gant blanc, l'homme, penché vers le mécanicien, donnait l'ordre de stopper.

Sacristi! Gaston et sa femme... Eux qui ne savaient rien! Que faire? Déjà ils accouraient, élégants et joyeux. Et Madeleine:

— Qu'est-ce que vous faites par ici ?

Nous allons dîner au Bois, avec des amis. J'ai été prendre Gaston à sa boîte. Nous passons chez nous. Vous venez de notre côté?...

Elle découvrit l'étrangère et s'arrêta, interloquée.

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Madame Dréau pr< — - Mademoi elle [canne « loilet Mon ni . Ga on . Ma belle KUe Mad -li ••mi l'appro

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fille, de lu le moment de urj

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: ta balustrade de fer, la vail des yen

— A demain ! A demain !

Alors, Madeleine, étourdimenf:

— Qui i

I )'un !. l.i mère et le fils se

consultèrent, se comprirent. Ma foi! Tant pour l'oncle Courtemer et ses enquêtes. A un jour prè Vssez de mystère. Et puis, c'est si tentant, d'étonn3r les gens, de leur lancer une bonne gro nouvelle dans les jambes. Madame Bréau répondit :

— C'est la future femme de Léon.

Madeleine pencha la tète, l'œil au ciel,

Comme un petit oiseau aux écoutes.

— Ah! bien, vous en avez de bonnes!

Tout de suite, Léon atténua:

— C'est décidé d'hier. Nous n'avons rien dit à personne. Pas plus aux Vaudoye qu'à vous. Et, à ce propos, gardez cela pour vous, n'est-ce pas?

Quant à Gaston, du regret gâtait sa surprise. Affectueux, il prit son frère aux deux bras:

— Comment, comment, il y avait un projet en train, et nous n'en savions rien?... Tu nous fais des cachotteries.

n'est pas bien. Et moi qui te cherchais des fiancées... Tu me laissais marcher.

Sa jolie figure s'éclaira:

— Dis donc, j'avais deviné: c'est elle, la promesse de bonheur!

— Comment la trouvez-vous ? demanda Madame Bréau.

Madeleine, s'aidant d'un geste de sculpteur, le pouce sinueux:

— Elle a de la courbe. Pas très très flexible, peut-être. Mais ça s'assouplit.

— Une tête et une ligne charmantes, dit Gaston. Mais d'où vient-elle? Qui est-elle?

Et Léon:

— 01 It -iinj

de l'usi e j'ai

l oui une bl< n .i 1 ■ main... il commençait à connaître l'inévitable : de tupeur, 1«- court le

dout

— Allons doi

— Non? Vrai?

M tidi qu'il i

veau 1 lu toire en troia phrases, déjà Ma* del< ; reprise. Elle battit

mains :

— Ali I ça c'est ' d'avant-garde. Et puis, ce n'est pas banal. Mais elle : connaître, cette petite ? El lea thë fines dînettes, et lea randonnées d'auto! ( nous qui allons lui apprendre tout

Je l'adopte, hein! vous permettez, Léon? Et la toilette donc! C'est moi qui I sor.plirai. Dieu! que ça va être amusant. Je suis l'entraîneur. C'est ma pouliche. Je l'adore déjà, cette petite bellesœur-là!

Léon souriait, doucement charmé :

— Vous êtes gentille, Madeleine.

Se retournant vers son frère, qui, de la canne, faisait signe au chauffeur d'approcher:

— Et toi, qu'est-ce que tu en dis?

Gaston cachait mal sa gêne:

— Mon cher, cela te regarde. C'est ton affaire. Tu sais ce que je t'ai dit l'autre jour, à propos de la petite Roch. Je n'en démords pas. Pour moi, l'influence et la fortune sont choses capitales.

Ta femme ne t'apportera ni l'une, ni l'autre. Puisses-tu ne jamais le regretter... A mon avis, voilà le gros point noir, en dehors de tout ce qu'on a pu te dire et de tout ce qu'on te dira.

Ce ton contraint, cette amertume... Ils s'aimaient bien, pourtant, tous les deux. Et comme Gaston s'apprêtait à monter en voiture, Léon lui dit, très câlin:

— T'es fâché?

— Non, non. du tout. Je ne t'en veux pas. Comme Madeleine te l'a dit, nous lui ferons le meilleur accueil.

L'auto glissa, se perdit dans la mêlée. « Je ne t'en veux pas. » Léori la méditait, la phrase échappée au dépit. « Je ne t'en veux pas. » Donc, Gaston lui en

MABÎAGÈ Ï)E DEMAIN

voulait. Evidemment, dans son milieu de gros financiers, ce serait d'un effet désastreux, d'être le beau-frère d'une ouvrière.

Léon soupira. Un petit frisson lui glissa sur le cœur. Il lui sembla que la nuit tombait brusquement. Ah! s'il avait eu sa Jeanne près de lu: I II regardait l'escalier qui s'enfonçait sous la terre, le trou béant où elle s'était ensevelie. Que c'est donc difficile^ d'agir comme on pense...

pas fâché, tout de même, d'être délié de cette promesse de silence qu'il lui était aussi pénible de tenir que d'enfreindre.

Et, un peu énervé, il guettait toutes les automobiles qui semblaient cingler vers le feu électrique de la salle Raspail. Enfin, une limousine stoppa au ras du trottoir. Bientôt, l'énorme carrure de l'oncle en émergea. Dès qu'il aperçut son neveu, il s'écria, goguenard:

— Ahl bien, tu vous as une façon d'écouter le sociologue, toil D'ailleurs, je la comprends.

Léon répliqua, la voix courte:

— Ce n'est pas commencé... J'ai pensé que vous voudriez me voir seul... pour ces renseignements...

evant le portail ouvert sur le boulevard Raspail, sous le gros globe électrique qui projetait sur le trottoir des cercles de lumière dansante, Léon achevait sa cigarette.

Il en avait le temps. La conférence de cet excellent Charles n'exerçait pas sur lui un tel attrait qu'il s'immobilisât d'avance sur sa chaise, béant d'impatience. L'évolution de la morale à travers les siècles. Brrr!... Ces grands titres arides le glaçaient d'effroi.

Mais Vaudoye parlait à la salle Raspail sur ce grave sujet pour la dernière fois de la saison. Et Berthe, fervente admiratrice de son mari, avait rassemblé les fidèles avec d'autant plus d'ardeur qufen ce mois de juillet les départs devaient faire tort à cette fête de l'esprit. Elle avait entraîné parents et amis, décidé jusqu'à Madeleine, arraché même une promesse à l'oncle Courtemer. Venir d'Alfortville pour voir évoluer la morale... Et l'on prétend que l'esprit de famille s'amollit!

Viendrait-il? C'était surtout pour le guetter que Léon s'attardait au seuil.

Il allait donc connaître les résultats de cette fameuse enquête que l'oncle devait poursuivre depuis trois jours. Toujours décidé à ne pas attacher d'importance à des racontars d'atelier, il n'était

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