I.éon le retint
— Ne vous montrez pas !
Le mouvement de l'étoffe futil aperçu des manifestants?Des doigts désignèrent la façade. Et une voix jeune et gamine cria :
— A bas Courtemer !
L'usinier haussa les épaules :
— Sombres brutes.
Jeanne et Léon côte à côte, s'étaient pris la main.
D'autres voix, plus mâles et plus lentes, montèrent, se mêlant :
— A bas Courtemer !... A bas Courtemer !...
L'oncle courut aux
me il en souffrait I Les regards de haine et de terreur que les siens lançaient à la foule atteignaient Jeanne au passage. Les imprécations de l'oncle Courtemer à ses ouvriers la traversaient avant de les atteindre. Quelle torture, dans le moment même où sa grossesse la rendait plus fragile et plus sensible 1
Il aurait voulu l'emporter hors de ce
salon. Mais comment s'échapper sans
paraître fuir un danger possible? Elle
s'y refuserait. S'il avait pu la bercer dans
^une de ces étreintes profondes où Ton con-
fenétres qui regardaient la cour.
— Ahl ça, est-ce qu'on ne va pas me balayer toute cette canaille? Qu'estce qu'ils fichent donc, ces soldats deplomb ?
Gaston l'avait rejoint:
— Vous avez une compagnie d'infanterie?
— Oui. Dans l'atelier de dessin. Qu'attendent-ils pour sortir ?
Léon eut le pressentiment d'un malheur. On passe si vite de la vie normale à l'accident. On entre si simplement dans
il. SE CAMPA, RICANANT, DEVANT