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théâtre par le feu. Et I élan se brisait oontre un vivant obsta< I'-, oontre le flot
que dév( r a t tO
bordée <1<- mur deux
courants se heurtaient da un mascaret formidable.
En tout cas, Jeani i i ait la (livt rsion qu'elle avait -î hardiment provoqué* Mais un souci nouveau inquiétait Léon: Jeanne — si délicate en ce moment — ne serait-elle pas malmenée clans ces remous de foule?
I es ouvriers envieux de sa I rompte foitune ne lui jetteraient-ils p2s leur rancune à la face? Déjà, il croyait voir des bras tendus vers elle, des Mais non. Le cri impérieux de Léon bouches ouvertes pour cracher l'injure.
— VOtJS, M \ PETITE, .M- VOUS CONSEILLE
I I VOUS 1 WKK.
était entendu. On lui obéissait. D'instinct, les trois hommes, abaissant leur arme, s'étaient redressés. Tous, cédant à une curiosité plus forte que la peur, se jetaient contre les fenêtres. D'autant que
Il n'allât pas l'abandonner ainsi? Mais s'il attisait les colères, s'il compromettait l'œuvre de salut par sa présence? Il eut une seconde atroce de débat. Ah ! tant pis, il ne la laisserait pas seule plus long-
les pierres ne cinglaient plus la façade temps. Il allait s'élancer,
et que le tumulte décroissait. L'oncle Mais un peloton de fantassins débeu
Courtemer eut un cri de stupeur, d'in- cha soudain sur le rond p i.t, l'arme au
quiétude et d'admiration: pied. Manoeuvres par hasard sans vio-
— Oh! la mâtine! lence, avec une vigueur prudente et com- Et il faut croire que, par une de ces me craintive, ils déblayèrent, par une
brusques volte face si fréquentes aux lente pression, les abords de l'usine et
minutes tragiques, tous partageaient son décidèrent du mouvement de retraite,
sentiment. Car Berthe elle-même lança Jeanne, prise dans leurs rangs, se déga-
sans ardeur un venin appauvri. La der- gea et traversa l'espace libre. En sou-
nière goutte de poison, éventée au fond riant, elle envoya un salut de la main
du flacon et qui hésite à tomber. Une vers les fenêtres. Sa tâche était ache-
perfidie qui, déjà, pouvait passer pour vée.
une louange: Léon et sa mère couraient au-devant
— Ma parole, elle est là comme chez d'elle, quand elle parut à la porte du elle. salon. Du revers de la main, elle redres-
sait les bandeaux que séparait sa raie de côté. Simplement:
— Ouf! fit-elle.
Déjà, Madeleine et Madame Bréau l'entouraient, la grondaient tendrement.
Et toutes deux ensemble :
— Quelle folie! Dans votre état! Vous pouviez...
— Tu n'as pas été bousculée? demanda Léon. Tu n'as pas mal?
Elle répondit:
— Mais non. Mais non. D'ailleurs, il n'y avait plus que ce moyen-là. Fallait bien le risquer.
DTun regard, elle parcourut le salon.
avaient beau se rebeller, elle se sentait sûre du triomphe définitif. Tour à tour victorieuse et battue elle gagnait la belle. Cependant, la sécurité revenue, Madame Bréau s'abandonnait. N'avait-elle pas tremblé pour tous ses enfants? Un peu pâle, elle s'était assise. D'un signe, elle appela son frère. Et, lui montrant Jeanne, elle dit doucement:
— Remercie-la.
Alors, l'oncle Courtemer, les joues un peu agitées, les mains tendues, marcha sur la jeune femme. Et la prenant presque de force aux poignets:
— Jeanne, vous êtes une brave petite
Dans la détente, il y régnait une cordia- femme. Et je crois que vous m'avez emlité de fin de repas, une atmosphère de péché de faire une rude sottise... jour de l'An. Les enfants, plus mobiles encore que les grandes personnes, se poursuivaient avec de frais éclats de rire autour du billard. Gaston et Charles — sans doute par contenance, car leur doigts tremblaient encore un peu — allumaient des cigares.
Et Léon comprit la fierté dont s'illumina, une seconde, la petite figure un peu pâlie de Jeanne. C'était son œuvre, cette subite délivrance.Sans elle, à ce moment même, on ne savait de quelles scènes d'épouvante, de feu et de sang, ce salon riant eût été le théâtre.
Malgré eux, le petit Terre-Neuve les avait sauvés encore. Déjà, au chevet de Charles, dans le bureau de Gaston, elle avait bien cru les vaincre, les forcer à la gratitude. Mais ils s'étaient repris. Tandis que cette fois-ci leurs instincts profonds — JE ferai comme si vous l'aviez dit. je vous dois bien ça.
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t. m es m abréger !<• conflit ! [eanne ré- I onditj en baissant le nez comme elle en avait coutume chaque fois qu'elle médi
t. nt une petite malice:
— Damel II a bien fallu. Je leur au rais bien dit que vous alliez reprendre les cinquante ouvriers. Mais ils ne seraient pas partis assez vite. Ils auraient crié: « Vive Courtemer! » et vous auriez encore cru qu'ils voulaient vous tuer. Et puis... je n'étais pas chargée de la commission.
Elle soupira:,
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• fut seulement dans la débandade du départ que [eanne m mari
retroui èrent seuls. Ils s'enla< i
îles... Puis, un bras autour de la taille alourdie de [eanne, Léon, précisant
9ée d'une caresse lihr*^ et cha
— Alors... vrai, il n'a pas eu peur ?
Elle répondit, comme si elle pressentait que de leur étreinte, où deux sa ennemis s'étaient mêlés, devait naître une race meilleure:
— Penses-tu? Il tient de nous deux!...
Paris-Serboimes, 190? 1908.
DAJAN-PHINN
DAJAN-PHINN
/^$^ eut heures d'un frais matin d'a- -^5L?& vril. Sur le quai de la gare de
jfcfHiji Lyon, des groupes clairsemés attendent l'arrivée du rapide de Marseille. Tous les visages sont tournés vers l'échappée lumineuse et guettent, parmi la perspective encombrée de signaux et de trains immobiles, l'apparition de la machine. Mais si tous les fronts s'orientent d'un même geste, combien sont diverses les pensées qu'ils récèlent! Que de mobiles variés à ces impatiences qui paraissent identiques!
Examinez cette petite escouade, — deux dames, trois messieurs, — qui s'est avancée jusqu'à l'extrémité du trottoir.
Ces cinq personnages viennent à la rencontre du docteur Bro, retour de Bornéo après sept ans d'absence. Et cependant leurs sentiments sont disparates I Pour les saisir, il faudrait connaître l'homme qui les inspire. Bien fin, il est vrai, qui pourrait définir exactement le docteur Bro!
Lorsqu'il partit, vers quarante-cinq ans, pour l'Extrême-Orient, ses contemporains portaient sur lui les jugements les plus contradictoires : un esprit faux, une intelligence universelle, un naïf, un charlatan, un demi-fou, un surhomme. Son existence était mouvementée. Comme mé-
decin de marine, il avait d'abord promené par toute la terre une curiosité avide, une ardeur sans frein. Il voulait tout goûter, tout savoir, s'exercer dans toutes les directions de l'activité humaine. Puis, vers la trentaine, à la faveur d'une longue escale en Malaisie, il s'était épris d'une jeune orpheline de la colonie hollandaise et l'avait épousée. Renonçant à sa carrière d'état, il semblait vouloir se fixer à Bornéo, se consacrer à ses travaux personnels, dans la paix de la famille. Mais au bout de deux ans, sa femme mourut en mettant au jour une fille.
Bro fut violemment rejeté vers la science pure. Rentré en France, il confia sa petite Suzanne aux soins d'une nourrice puis à la garde d'un pensionnat et se plongea tout entier dans le travail. Pendant plus de dix ans, il se partagea entre les laboratoires et ces stations de physiologie marine où l'on s'efforce d'arracher aux océans le secret des origines organiques.
Enfin, il publia le résultat de ses recherches sur la cellule vivante. Reprenant après Traub, Leduc, Raphaël Dubois, la théorie de la génération spontanée, il prétendait, preuves à l'appui, pouvoir créer de la vie. Il montrait des végétations artificielles sorties de ses mains. L'ouvrage et les expériences, dont le retentissement dépassa le monde scien-
tifique pandit jusque dan l.i
foul< i ; ionnémeni ( ombatt
Par un lu trd in uliei i on i drf
le plus redoutable fui v,»ii nu ami.
Ce Bro, eu qui un deuil brutal et l'empri emblaienl avoir tai i V sources de la tendi i était resl fi dèle, a n.i
tion d'adol< m en( e. Mais Ru< bard, qu'il avait connu pendant ses années d'étu diant. avait smvi la ligne droite. Main tenant, professeur notoire, il défendait du haut des chaires d'Ktat les théories