‹ Mariage [microforme]Chapitre 11 sur 28 · RE EE · texte numérisé non relu

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pour vivre avec eux dans l'intimité. Nous ne devons pas nous unir à eux par le mariage, pas plus, que dis-je ? encore bien moins que les blancs ne doivent marier les noirs, ou les civilisés, les sauvages.

Une deuxième raison, C’esc que ces mariages sont opposés au bonheur du ménage. Comme nous l’avons vu déjà, les époux ne peuvent pas être heureux à moins qu’ils ne soient intimement unis.

Plus cette union est parfaite, plus leur bonheur est assuré. C’est pourquoi ils doivent viser à l’union la plus parfaite possible. De même qu’ils sont deux dans une même chair, au témoignage même de Notre-Seigneur, de même ils doivent être deux dans un même esprit, qui leur communique à tous deux une vie commune.

Animés d’un même esprit, les sentiments de l’un deviennent les sentiments de l’autre ; ils ont une même volonté, tous deux travaillent d'accord, au bien commun de la famille.

Je vous le demande maintenant, est-ce

que cette fusion des âmes est possible dans les mariages mixtes ? Mais non !

elle est moralement impossible. Et, en effet, dans les mariages mixtes, les époux sont divisés sur la question la plus vitale, celle qui tient le plus au coeur: la question de religion. Que de sacrifices les hommes n’ont-ils pas faits, et ne font-ils pas encore pour leur religion ! C’est pour elle que des millions de martyrs ont versé leur sang, c’est pour elle qu’une foule de chrétiens de nos jours sacrifient tout ce qu’ils ont de plus cher. On souffrira assez facilement une injure personnelle, mais on ne permettra pas que l’on s'attaque à ses convictions et à ses pratiques religieuses.

C‘est là le grand obstacle à la paix et au bonheur des époux des mariages mixtes. Comme la religion se mêle à tout et influence la vie entière, les époux seront continuellement en contradiction l’un avec l’autre. Le parti catholique devra penser comme un catholique, parler com-

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me un catholique, et agir comme un catholique. Le parti protestant prétendra avoir autant de droit à ses convictions religieuses que son conjoint catholique, et il pensera et parlera, et agira en protestant. Et ainsi, l’un adorera ce que l’autre méprisera ; ce qui sera sacré pour le catholique, sera de la superstition pour le protestant ou l’infidèle; pour le catholique, son conjoint sera ou un hérétique ou un payen; et pour celui-ci, le catholique sera un bigot et un ignorant.

C’est dans les moments de contrariété ou quand surviennent les malentendus entre les époux, alors qu’on est de mauvaise humeur et que l’on dit ce que l’on pense, qu’on se servira de cette divergence de vues pour s’injurier. Et ces injures, qui touchent aux convictions religieuses, font au coeur une blessure qui ne guérit pas.

De plus, ces mariages, qui dressent dans le sanctuaire de la famille deux autels, lun, sur lequel sacrifie le catholique, et

l’autre, au service du protestant, privent la famille de ses plus douces consolations :

celles qui résultent de l’harmonie en matière religieuse. ‘“ Je vous dis encore que si deux d’entre vous s'accordent sur la terre, quelque chose qu’ils demandent, ils l’obtiendront de mon Père qui est dans les cieux. Car là, où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux. ” Ces paroles de Notre-Scigneur sont de nature à faire tressaillir de joie les époux chrétiens, qui ont ainsi l’assurance que Jésus-Christ est au milieu d’eux quand ils sont en prière et qu’il prie avec eux.

Dans les mariages mixtes, il en est tout autrement. Il n’y a pas d’accord, chacun va de son côté; la divergence des consciences sépare les époux. Le parti catholique va, le dimanche, à l’église, et voit les familles catholiques assister ensemble à la messe; il constate que cette réunion des membres d’une même famille au pied ces saints autels, est pour eux une source d'é-

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