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QUI MARIER
dification mutuelle; et, particulièrement pour les parents, une source de grandes consolations et de légitime fierté. Lui, il est seul, et, dans son isolement, il lui semble que sa prière est moins puissante ; et, de plus, ce n’est pas sans chagrin qu’il se voit privé des précieux avantages qu’il remarque dans les familles dout les époux sont tous deux catholiques. Ce sont là des privations bien capables de rendre la vie amère.
Une autre raison contre les mariages mixtes, c’est qu’ils mettent en danger la foi du catholique.
“ Dis-moi qui tu hantes et je te dirai qui tu es.” Ce dicton est généralement vrai, mais il s'applique particulièrement aux époux, en raison de leurs rapports continuels et plus intimes. On se sent toujours, bon gré, mal gré, du milieu dans lequel on vit, et on ne peut pas échapper à l’influence qu’exercent sur soi les personnes avec lesquelles on est continuellement en contact.
MARIAGES MIXTES
Or, voici des personnes unies ensemble par des liens les plus étroits, vivant de la vie commune, qui sent, l’une catholique et l’autre protestante; que va-t-il arriver? Ce qui peut arriver dépend beaucoup de la nature de ces unions. Le résultat peut varier selon que le mari ou la femme est catholique. Je suppose, d’abord, que c’est la femme qui est catholique, ce qui arrive le plus souvent. Dans ce cas, le mari est ou religieux, ou indifférent, ou anti-catholique.
Si le mari est religieux, s’il va à l’église, c’est qu’il a des convictions religieuses, et qu’il croit sa religion bonne. Il peut se faire qu’il n’ait pas de préjugés contre l’Eglise catholique; admettons-le, quoique ce soit très rare chez les protestants pratiquants ; alors pour lui toutes les religions sont bonnes, même la religion catholique. Mais, si sa religion est bonne, comme il en est bien convaincu, pourquoi seraient-ils séparés, lui fréquentant une église protestante et sa femme l’église catholique ?
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C’est tout naturel qu’il veuille l’emmener avec lui. Il a conscience qu’il est bon pour elle, il lui donne tous les jours de nouvelles preuves d’un amour sincère ; il s’efforce de lui être agréable en tout, partant, elle ne pourra pas le refuser. L’âme pleine de ces sentiments, s'adressant à sa femme, qu’il couvre de ses plus tendres caresses, il lui dit: “ Si tu voulais, ma chère, tu viendrais à l’église avec moi aujourd’hui; je serais si content que nous allions à l’église ensemble? ”
Le moment critique est arrivé pour cette femme, elle le comprend, aussi elle se trouble. D’un côté, sa conscience lui défend d’accepter la proposition qui lui est faite ; d’un autre côté, elle ne voudrait pas déplaire à son mari, qui a toujours été si bon pour elle; que va-t-elle faire ?
Est-ce qu’il n’y a pas là un danger et un grand danger? Oui, mes frères, et j'ai connu plus d’une femme dont la foi catholique y a fait naufrage. Mais que va
faire notre femme, quelle réponse va-t-elle donner à son mari. ?
Son devoir est tout tracé; elle doit suivre la voix de sa conscience, et refuser gentiment, mais fermement, d’accompagner son mari à une église protestante.
Autrefois, dans les premiers temps de son mariage, la chose aurait été facile ; elle aurait trouvé, dans son amabilité, le moyen d’être agréable, tout en refusant.
Mais, aujourd’hui, il en est tout au :ment. Il lui semble que la chose n’est pas possible, non! elle ne peut pas refuser si peu à son mari, lui, qui est toujours si bon pour elle, et Dieu ne peut pas non plus lui reprocher d’être bonne pour son mari!
D'où vient ce changement du tout au tout, chez cette femme? Ce changement, qui n’est ni plus ni moins qu’une perversion lamentable, vient de ce qu’elle a subi l'influence du milieu protestant dans lequel elle a vécu, et des personnes avec lesquelles elle a été mêlée, et particulière-
ment celle de son mari. Sans s’en douter peut-être, elle s’est protestantisée.
Si le mari est indifférent, le danger de perversion pour la femme n’est pas moins grand.
Celui qui est indifférent en matière de religion, surtout s’il a déjà pratiqué, n’aime pas à entendre parler de ces choses. Il ne tient aucun compte de la reli:
gion dans sa conduite, il ne comprend pas ou ne veut pas comprendre, qu’elle puisse exercer sur la vie une influence salutaire.
En pratique, il est opposé personnellement à toute religion.
Le seul fait de vivre avec un homme qui ne tient pour rien la religion, est un danger pour la femme. A moins d’être d’une intelligence supérieure et d’une vertu à toute épreuve, elle se défendra difficilement contre ce danger. Si elle n’est pas continuellement sur ses gardes, et si elle ne réagit pas énergiquement, l’indifférentisme de son mari, par la seule force
des choses, entrera lentement mais sûrement dans son esprit, et s’emparera de son âme.
Pour réagir contre l’influence délétère du mauvais exemple, elle devra pratiquer toutes les vertus de la vie chrétienne. Elle ne peut pas se protéger efficacement si elle n’est pas pieuse. Mais comment le mari prendra-t-il cette conduite de sa femme, qui le condamne d’autant plus, qu’elle est plus pieuse et plus vertueuse ?
I1 pourra fair® d’abord bonne contenance, mais, à la longue, cette conduite lui tombera sur les nerfs et lui deviendra bientôt insupportable.
Pour changer cet état de chose qui lui est devenu intolérable, il se servira contre sa femme de l’arme favorite des indifférents : le ridicule, que la femme redoute tant, et auquel ne peuvent résister que les âmes bien trempées. D'ailleurs, dans sa pensée, c’est lui être utile que de la débarrasser de ses pratiques religieuses, qui ne sont, d’après lui, que des simagrées indi-
gnes d’une personne raisonnable. Il se moquera donc, de grand coeur, de ses bigoteries, il la traitera de superstitieuse et d'ignorante. Tout cela pourra être fait sans malice apparente, plutôt en badinant; mais elle sentira néanmoins qu’il a dans le coeur ce qu’il dit. Ainsi, en voulant éviter un danger, elle tombe dans un auire non moins grand; elle tombe de charybde en scylla.
Enfin, le mari peut être anti-religieux.
Dans ce cas, le sort de la femme n’est pas amélioré. Celui qui est opposé à la religion, hait généralement l’Eglise et toutes ses pratiques religieuses. Ce qui veut dire que la femme ne jouira pas longtemps d’une pleine liberté de faire sa religion.
Le mari anti-religieux, qui est avant tout anti-catholique, ne tolérera aucun exercice de piété en sa présence, et ne lui permettra pas d’aller à l’église; ou il lui défendra positivement, ou il prendra des moyens indirects pour l’en empêcher. Elle . Se verra donc réduite à faire sa religion à
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la dérobée ou à se mettre en guerre ouverte avec son m :i. Dans l’un et l’autre cas, la vie sera on ne peut plus misérable, et le salut également en danger.
Maintenant, si c’est le mari qui est catholique, sa foi n’est pas non plus sans danger. Par là même qu’il a marié une protestante, il se met en contact avec ses parents protestants, avec lesquels il aura des relations de famille. Vivant dans un milieu protestant, mêlé à des personnes aux idées protestantes, pourra-t-il toujours se défendre contre les dangers auxquels l’exposent les circonstances dans les quelles il se trouve ? Maïs le fait seul qu’il marie une personne qui n’est pas de sa religion est de bien mauvais augure; il indique que déjà sa foi laisse beaucoup à désirer. Et, s’il est déjà faible, pourra-t-il se protéger d’un danger où les forts souvent font naufrage? De plus, l'homme est naturellement moins pieux que la femme; c’est pour cette raison, entre autres, que Dieu lui en a fait une aide.
Etant privé du soutien courageux et pieux d’une femme de foi catholique, étant déjà faible dans sa foi, il est bien à craindre qu’il ne se perde lamentablement.
Si les mariages mixtes offrent des dangers pour les parents, ils offrent des dangers encore plus grands pour les enfants.
Les enfants sont toujours ce qu’on les fait; ils sont catholiques si on les fait catholiques, protestants si on les fait pro-
testants. L’enfant se prête à tout; il profite des leçons qu’on lui donne, fait ce qu’on lui dit de faire, mais, surtout, il suit l’exemple qu’on lui donne, L'enfant est naturellement imitateur. C’est ce qui fait qu’on rencontre quelquefois des enfants qui nous surprennent par des réflexions qui ne sont pas de leur âge; comme il arrive aussi d'entendre des enfants sacrer à faire envie aux démons eux-mêmes.
C’est pour cela que les enfants des mariages mixtes sont en si grand danger.
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Ils voient leurs parents suivre deux religions différentes.Ils les aiment tous deux, et, comme ils ont également confiance en leur père et en leur mère, ils concluront que, si leurs parents pratiquent deux religions différentes, c’est qu’elles sont également bonnes. Mais le parti catholique devra user de son droit et faire son devoir, en leur faisant comprendre qu'ils doivent embrasser la religion catholique. Malgré toutes les précautions qu’il pourrait prendre pour ménager les susceptibilités religieuses de son conjoint protestant, celui-ci, étant humain, ressentira cette dépréciation de sa croyance, et usera de représailles, en se moquant des pratiques catholiques. Cette divergence de vue fera naître des doutes dans l’esprit des enfants, qui n’ont pas raison d’avoir confiance plutôt à l’un qu’à l’autre; ils concluront que, si une religion est mauvaise, l’autre peut l’être également, et ils n’en adopteront aucune.
De plus, si c’est la mère qui est protes-
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tante, comment pourra-t-elle donner aux enfants le sens catholique, qui leur apprendra à penser et à juger en catholique?
Comment pourra-t-elle leur inspirer l’amour de la piété chrétienne, si nécessaire au catholique pour remplir ses devoirs de chrétien? Si c’est le père qui est protestant, les garçons, qui ont suivi les instructions de la mère, qu’ils accompagnaient volontiers à l’église, quand ils étaient jeunes, sont bien exposés, devenus grands, à se séparer de leur mère pour suivre leur père, ou pour dire adieu à toute pratique religieuse, comme la chose arrive très sou- .vent. Dans les Etats-Unis, d’après une statistique de 1890, rapportée par Tanquerey, un savant professeur et auteur de théologie, les deux tiers des enfants issus des mariages mixtes sont perdus pour la foi.
Cependant, malgré tout le mal que font ces mariages, particulièrement chez les enfants, ils ne sont pas toujours malheureux, ni nécessairement mau'ais; quel-
quefois ils font un bien réel. C’est pourquoi l'Eglise les permet quelquefois, mais c'est toujours à contre-coeur et en tremblant. Elle les permet, dans des cas particuliers, pour éviter un plus grand mail, ou dans l'espoir d’un plus grand bien.
Il y a plusieurs raisons pour lesquelles l'Eglise permet ces mariages: entre autres, l’âge avancé de la femme. Le fait qu’une fille a vingt-quatre ans révolus, est
une raison suffisante pour obtenir la dispense de contracter un mariage mixte. Je fais mention ici de cette raison seulement parce qu’elle fait bien connaître la pensée de l'Eglise sur l’importance et la nécessité du mariage, dont nous avons parlé avec tant d’insistance, dans les instructions précédentes. Elle nous dit, par là, que le mariage est si important qu’il vaut mieux pour une fille qui désire se marier, d’épouser un protestant, malgré tous les inconvénients que présentent ces mariages, plutôt que de ne pas se marier du tout.
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Quand il y a une bonne raison, dont l’évêque seul est le juge, la permission de contracter un mariage mixte est accordée, mais seulement aux conditions suivantes: le parti protestant s’engage par écrit, en signant une formule préparée à cet effet :
Premièrement : A laisser au parti catholique une pleine et entière liberté de pratiquer sa religion ;
Deuxièmement : A faire baptiser et à élever dans la religion catholique tous les enfants, de l’un et l’autre sexe, qui naî- * tront de leur mariage ;
Troisièmement : A ne pas avoir, dans la célébration de leur mariage, d’autre cérémonie que celle qui est faite devant le prêtre.
Le parti catholique, de son côté, s’engage à travailler, avec sagesse et prudence toujours, dans la mesure de sa capacité, à la conversion de son conjoint.
MARIAGES MIXTES
Les mariages mixtes, faits dans les conditions voulues, sont légitimes, mais cela n'empêche pas qu’ils sont toujours redoutables. C’est pourquoi il faut les considérer comme des pis aller et les éviter autant que possible. Et, comme moyen de les éviter, gardez-vous de la corapagnie des protestants, et ne vous laissez pas gagner par leurs avances amoureuses.
Si vous avez, ou croyez avoir des raisons pour contracter un mariage mixte,
ne vous y engagez pas, je vous en prie,
sans venir me voir, ou sans en parler à votre confesseur. Mais surtout, dans la crainte de ne pas avoir la dispense, n’allez pas faire la faute impardonnable d’aller vous marier hors de l'Eglise.
S'il y a lieu de vous marier avec une personne qui n’est pas de votre religion, il faut alors, pour vous prémunir le plus possible contre les dangers, vous remplir de bonne volonté, vous attacher fermement à votre foi, et être scrupuleusement fidèle à vos pratiques religieuses. — Ainsi soit-il.
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EMPECHENENTS
Et quodcumque ligaveris super terram erit ligatum et in coelis, et quodcumque solveris super terram erit solutum et in coelis.
Tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans les cieux.
MaTx., XVI, 19.
Dans les trois instructions précédentes, mes bien chers frères, nous avons répondu à la question : Qui faut-il marier ?
Nous avons dit, dans la première, que l’homme doit prendre pour femme une
EMPÊCHEMENTS
tt
personne qui lui soit une aide. Nous avons démontré, dans la deuxième, que cette aide doit lui être semblable sous le double rapport de la condition et des qualités de l'esprit et du coeur. Et, dans une troisième instruction, nous avons parlé des mariages mixtes. Nous avons vu COMbien il est nécessaire que les époux soient semblables aussi sous le rapport de la religion, comment l’Eglise défend les mariages mixtes, et pourquoi elle les condamne. &i elle les permet quelquefois, c’est toujours à contre-coeur, pour des raisons les plus sérieuses, et sous des conditions qui en éloignent les plus granüs dangers.
Pour compléter notre réponse, il nous reste à parler des empêchements qui nous disent qui ne pas marier ; Car ce n’est pas tout de savoir qu’une personne a toutes les qualités qui font une bonne femme, il faut aussi savoir qu’il n’y a pas d’obstacle à son mariage. Tous, en effet, ne peuvent pas se marier. Une personne
qui a fait voeu de virginité en religion, par exemple, ne peut pas se marier. De plus, il y a pour tous les hommes des personnes auxquelles ils ne peuvent pas se marier. Un cousin, par exemple, ne peut pas marier sa cousine, ni un neveu sa tante, ou un oncle sa nièce, ni un veuf sa belle-soeur.
Ce qui met ainsi un obstacle au mariage, et qui fait que quelqu’un ne peut pas se marier du tout, ou avec une personne déterminée, s’appelle empêchement.
Ces obstacles au mariage ou empêchements, sont dirimants ou prohibants. Les empêchements prohibants rendent le mariage illicite : ce qui veut dire que celui qui se marie malgré ou avec un empêchement prohibant, commet un péché, mais son mariage est valide, et il reste marié.
Nous ne parlerons, dans cette instruction, que des empêchements dirimants.
Ces empêchements dirimants, non seulement rendent le mariage illicite mais en-
ÉMPÊCHEMENTS
core impossible. Celui qui se marierait malgré un empêchement dirimant, ne serait pas marié; et son mariage serait nul, même dans le cas où il ignorerait l’empêchement. S’il connaissait l’empêchement, il profanerait le sacrement de mariage et se rendrait coupable de sacrilège.
Les empêchements nous viennent de la nature, de Dieu et de l'Eglise.
Les empêchements qui nous viennent
de la nature ou de droit naturel, sont tels qu'aucune autorité sur la terre ne . peut en dispenser, et Dieu lui-même ne peut pas les faire disparaître à moins de changer l’ordre des choses.
Le défaut de raison est un empêchement .
de droit naturel. Aussi, une personne qui n’a pas l’usage de sa raison ne peut pas se marier. Deux insensés, qui ne sont pas responsables de leurs actes, auraient beau se dire l’un à l’autre: oui, je te prends pour mon époux, pour mon épouse; leur oui resterait sans effet.
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La violence, physique ou morale, est un autre empêchement de droit naturel. Aussi, le mariage d’une personne à laquelle on arracherait de force ou par fraude un consentement fictif, simplement extérieur, serait nul. Par exemple, un père veut, par intérêt personnel, marier sa fille à un garçon riche qui n’a pas le don de plaire à la fille. Elle refuse de se rendre au désir de son père, mais celui-ci insiste, et le garçon n’est pas moins ardent à en faire sa conquête. La fille résiste toujours. Alors, le père et le garçon s’entendent et usent de stratagème. Ils menacent la fille des plus grands maux. La fille est terrifiée, elle redoute les plus grands malheurs pour elle-même et pour sa famille; sous l'effet de cette crainte, qui la domine, folle de peur, elle donne extérieurement un consentement qu’elle n’a pas dans le coeur, et le mariage se fait. Est-ce que ce mariage est valide ?
Non, mes frères, ce mariage est nul, et nul il restera aussi longtemps que la fille ne donnera pas un libre et plein consente-
EMPÊCHEMENTS
ment, et elle reste toujours libre absolument de le donner ou de ne pas le donner.
L'erreur de la personne est encore un empêchement de droit naturel. Il existe quand une personne marie une autre personne que celle qu’elle a l’intention de marier. Nous en avons un exemple dans la Genèse, lorsque Laban substitua Lia à Rachel que Jacob voulait prendre pour épouse. Jacob se croyait en la présence de Rachel, tandis que, en réalité, c'était
Lia, sa soeur, qu’il épousait. Ce mariage était nul d’abord, et il est resté sans effet jusqu’au moment où Jacob le rendit valide, en consentant à marier Lia que Laban avait frauduleusement substituée à Rachel.
C’est également de droit naturel que le père ne peut pas marier sa fille, et le fils sa mère. |
Il y a, en deuxième lieu, les empêchements qui nous viennent de Dieu ou de droit divin.
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Ils sont au nombre de deux: la parenté entre frère et soeur, et le lien qui résulte d’un premier mariage. Ces empêchements de droit divin relèvent exclusivement de Dieu. L'Eglise n’a aucun pouvoir sur eux ; mais Dieu peut en dispenser comme nous en avons des exemples dans l’Ancien Testament.
Le Créateur commande à Adam de se reproduire et de se multiplier, et l’Ecriture Sainte nous dit : “ Et Adam engendra des fils et des filles. ” Pour obéir à Dieu, les fils d'Adam devaient marier leurs soeurs ; c’est ce qu’ils ont fait avec la permission implicite de Dieu, mais toute spéciale pour eux, puisqu’elle n’a été accordée que cette fois.
L’empêchement du lien matrimonial est aussi de droit divin, comme nous le savons de Notre-Seigneur qui dit, en parlant du mariage : ‘“ Que l’homme ne sépare pas ce que Dieu a uni. ” Etant de droit divin, Dieu seul peut en dispenser, et, de fait, en a dispensé en faveur des patriar-
ches et du peuple juif, comme nous le savons par l’Ancien Testament. En vertu de cette dispense, ils pouvaient, pour des raisons admises par la loi, répudier leur femme et en marier une autre. Ils pouvaient aussi posséder légitimement plusieurs femmes à la fois Mais, depuis Notre-Seigneur, il n’en est plus ainsi. La loi primitive a été mise en pleine force, et l'empêchement du lien matrimonial a repris toute sa rigueur. Depuis la loi chrétienne, celui qui a contracté le lien matrimonial par un mariage valide, reste lié jusqu’à la mort de son conjoint.
Voici un cas qui se présente quelquefois. Le mari quitte sa femme et s’en va en pays étranger, et des années se passent sans que la femme en entende parler.
Est-ce que cette femme peut se remarier” Non, mes frères, l’empêchement du lien met un obstacle insurmontable à un second mariage. Elle est liée par son premier mariage, et elle restera liée aussi longtemps qu’elle n’aura pas la certitude
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de la mort de son mari. Vous allez me dire: “ Mais il y a déjà bien longtemps qu’il est parti et personne, ni sa femme, ni aucun de ses parents, n’en a jamais entendu parler ; n’est-ce pas là une probabilité qu’il soit mort?” Oui, c’est possible qu’il soit mort, c’est même probable, si vous voulez; mais cette probabilité ne peut pas renverser la certitude du mariage. Cette femme est mariée, c’est une certitude, tandis que la mort de son mari n’est que probable ou douteuse. La certitude du lien matrimonial ne peut être renversée que par la certitude, au moins morale, de la mort du mari. Jusque là, elle est liée.
Il y a, enfin, les empêchements qui nous viennent de l’Eglise. Ces empêchements de droit ecclésiastique relèvent absolument de l’Eglise. Elle les établit, elle peut en dispenser et en dispense de fait, quand il y a les raisons voulues. Ce pouvoir, elle le tient de Notre-Seigneur qui le lui a conféré, quand il prononça les paro-
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les que nous avons prises pour texte :
‘“ Tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans les cieux. ” Ce pouvoir de faire des lois, l’Eglise doit s’en servir toutes les fois que les intérêts de Dieu ou des âmes le demandent.
C’est pour être fidèle à ce devoir,qu’elle a établi les empêchements de mariage.
Par eux, elle protège ce sacrement contre les profanations, et lui assure le respect religieux que sa sainteté réclame; par eux, elle sauvegarde les intérêts de la religion, de la société, et des époux euxmêmes.
Voyons séparément chacun de ces points, et d’abord la sainteté du sacrement et le respect qui lui est dû. Tous les empêchements contribuent à conserver au mariage son caractère sacré et à lui assurer le respect qui lui convient. Mais il y en a deux, entre autres, qui tendent
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plus particulièrement à cette fin: ce sont la disparité du culte et la clandestinité.
La disparité du culte empêche les mariages entre les catholiques et les nonbaptisés ou infidèles. Il ne faut pas confondre ces mariages avec les mariages entre catholique et protestant. (Ces derniers mariages sont aussi défendus, mais non pas sous peine de nullité comme les premiers, quoiqu'’ils soient pleins de graves inconvénients, comme nous l’avons vu dans l'instruction précédente.
Mais, dans les inariages entre catholique et infidèle ou non-baptisé, il y a, de plus, quelque chose qui répugne à la sainteté du sacrement. C’est ce qui fait dire à saint Paul : ‘“ N’ayez point d’alliance avec les infidèles. Car quel commerce y a-t-il entre la lumière et les ténèbres ? Quelle alliance y a-t-il entre Jésus-Christ et Bélial ? Ou qu’y a-t-il de commun entre un fidèle et un infidèle? ” Le mariage chrétien, étant un sacrement, ne peut être reçu dignement que par les chrétiens.
EMPÊCHEMENTS
L’empêchement de clandestinité assure au sacrement le respect qui lui convient, en exigeant, comme conditions essentielles,la présence du curé ou de son représentant, et deux témoins. Que faut-il penser des catholiques qui, méprisant les lois de l'Eglise, se marient à la loi, devant un juge de paix ou tout autre officier civil ?
Leur mariage est nul, ils ne sont pas mariés aux yeux de l’Eglise et devant Dieu ; et, s'ils vont se marier de
vant un ministre protestant, ils commettent, de plus, un péché d’hérésie, et encourent l’excommunication. Nous reviendrons sur cette question.
Les empêchements dans l’intérêt de la religion sont le voeu et les ordres sacrés.
Le voeu de chasteté est par excellence un acte de religion fait pour la plus grande gloire de Dieu, en vue des biens spirituels.
Il en est de même du sacrement de l’ordre, Ceux qui le reçoivent renoncent aux avantages du monde, se donnent à l’Eglise pour travailler sous sa direction au
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salut des âmes. Pour qu’ils soient tout entiers aux choses de Dieu et de la religion, l'Eglise fait du voeu de chasteté, ep religion, et des ordres sacrés, des empêchements dirimants. Les religieux, les religieuses, et les prêtres de l’Eglise latine, ne peuvent pas se marier. S'ils essayaient, comme Chiniquy, leur mariage serait nul et sans effet.
Dans l'intérêt de la société, l'Eglise a établi les empêchements de parenté. Ily a la parenté naturelle, la parenté spirituelle et la parenté légale.
La parenté naturelle vient du sang. Elle est un empêchement au mariage jusqu’au quatrième degré. Ainsi un cousin ne peut pas marier sa cousine, sa petite cousine, et son arrière-petite-cousine.
Voici un mariage: les époux sont mariés depuis quelques années et, déjà, ils ont plusieurs enfants: trois filles et deux garçons. Ils découvrent, un jour, qu’ils
sont parents : cousins du troisième au quatrième degré. Que faut-il penser de leur mariage et qu’arrive-t-il?
Ce qu’il faut penser de ce mariage, c’est qu'il est nul. Ils ont vécu ensemble sans être mariés, et leurs enfants ne sont pas légitimes. Vous allez me dire: “ Mais ils ne connaissaient pas l’empêchement, ils ne savaient pas qu'ils étaient parents ; s'ils l'eussent connu, ils auraient certainement demandé la dispense voulue, car ils voulaient bien faire. ” C’est vrai qu’ils ignoraient l’'empêchement et qu’ils étaient animés des meilleurs sentiments ; mais cela n’empêche pas qu’il y avait un obstacle à leur mariage, lequel n’a pas été enlevé, et avec cet obstacle ou cet empêchement, il n’y avait pas de mariage possible.
Ce qui est arrivé, c’est que leur bonne foi les a sauvés du péché. Comme ils se croyaient mariés, ils n’ont pas péché en vivant ensemble, Quant à leurs enfants, ils deviendront légitimes du moment que