CÉLÉBRATION RS SN
Cette exhortation admirable est tirée principalement de l’épître et de l’évangile de la messe du mariage; la voici :
“Le mariage que vous allez contracter ensemble, mon cher frère et ma chère soeur, est la plus ancienne, la plus sainte, et la plus étroite de toutes les alliances de la terre. Dieu lui-même l’a établie et lui a donné sa bénédiction dès le commencement du monde. Mais Jésus-Christ, pour rendre cette alliance encore plus auguste et plus inviolable, l’a honorée du premier de ses miracles, et l’a élevée à la dignité du sacrement de la nouvelle loi; sacrement efficace auquel il a attaché une grâce de sanctification en faveur de ceux qui le reçoivent avec les dispositions requises, dont la principale est d’être purifié de tout péché mortel par une bonne et sincère confession; sacrement que saint Paul appelle grand sacrement, parce que l’union qu’il établit entre l’homme et la femme représente l’union mystérieuse que le divin Sauveur a contractée avec son Eglise,
“C’est aussi cette union de Jésus-Christ avec son Eglise, que ce grand apôtre vous propose pour modèle de la vôtre, quand il recommande aux maris d'aimer leurs femmes, comme Jésus-Christ a aimé son Eglise, et quand il exhorte les femmes à témoigner à leurs maris la même soumission et la même tendresse que l'Eglise a pour Jésus-Christ.
“Comme c’est le Saint-Esprit qui unit Jésus-Christ à son Eglise, c’est aussi ce même esprit qui va descendre en Vous, pour vous lier inséparablement l’un à l’autre, en vous unissant plus parfaitement à Dieu. Jugez par là de la sainteté du sacrement du mariage, des fins pures et honnêtes que vous devez vous proposer en le recevant, et des dispositions que vous deveZ y apporter. Mais considérez en méme temps les obligations que l’état du mariage vous impose, et que vous devez remplir pour vous y sanctifier. Les voici, gravez-les bien dans vos coeurs.
“ Vous devez conserver l’un pour l’au-
CÉLÉBRATION
tre un amour et une fidélité inviolable.
Vous devez vous secourir mutuellement, pour vous aider à endurer plus aisément les peines et les incommodités de la vie.
Vous êtes encore obligés de supporter avec patience vos défauts, vos imperfections, et vos infirmités réciproques ; et comme, selon le langage de l’Ecriture, vous ne devez plus être qu’une même chair, vous devez aussi n’avoir qu’un coeur pour participer aux biens et aux afflictions qui se rencontreront dans votre état. Enfin, s’il plaît à Dieu de vous donner des enfants, vous devez les lui consacrer par le baptême, et les former et les élever plutôt pour l’héritage du ciel que pour celui de la terre, par une éducation toute sainte qui sera le fruit de vos instructions et de vos bons exemples.
“Telles sont les obligations que vous allez contracter en présence du ministre de Jésus-Christ, et à la face des saints autels. Si vous êtes bien convaincus de leur importance et de la sainteté du sa-
SR Ne
crement du mariage, disposez-vous à le recevoir dignement, purifiez vos intentions; formez la résolution de travailler efficacement à vous sanctifier dans l’état du mariage: élevez vos coeurs à Dieu, en ce moment, et priez-le avec une grande dévotion de bénir votre union.
“Si vous êtes dans ces saintes dispositions, vous pouvez espérer que Dieu la bénira. Nous joindrons nos prières aux vôtres à cette fin; et, après avoir Célébré votre mariage, nous offrirons pour vous le saint sacrifice de la messe, auquel nous vous exhortons à assister avec respect et dévotion. ”
Après la lecture de cette exhortation, le Célébrant, s’adressant au marié lui fait la demande suivante: « N... voulez-vous prendre N... qui est ici présente, pour votre légitime épouse, suivant le rite de notre mère la sainte Eglise ? ” __ « Oui, je le veux ”, répond le marié. Puis il pose la même question à la mariée: “N...,
CÉLÉBRATION
voulez-vous prendre N... qui est ici présent, pour votre légitime époux, suivant le rite de notre mère la sainte Eglise ? — Oui, je le veux”, répond la fille à son tour. Les mariés, en exprimant leur consentement, doivent parler assez haut pour être entendus üistinctement par le prêtre et les deux témoins.
Le célébrant leur enjoint ensuite de se joindre la main droite, et, pendant cette union des mo’ns, il prononce la formule:
“Je vous unis en mariage. Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il ”, en même temps qu’il les bénit en faisant sur eux le signe de la croix, puis il les asperge d’eau bénite.
Cette cérémonie de l’union des mains, accompagnée de la bénédiction solennelle du prêtre, est la plus importante de la célébration du mariage. Elle signifie l’union intime des époux qui ne sont plus, dès ce moment, qu’une même chair : “ Car ils ne sont plus deux mais une même
enr nttane ions rmmneanse +
chair.” Elle symbolise encore la fusion de leurs deux âmes, laquelle fusion les fera vivre désormais de la vie commune, Elle rappelle l’appui qu’ils se prêteront l’un à l’autre : “I] n’est pas bon que l’homme soit seul, faisons-lui une aide semblable à lui.” Elle rappelle à la femme qu’elle est l’auxiliaire de l’homme; et au mari qu’il est le guide et le soutien, le protecteur et le défenseur de son épouse,
Après cette cérémonie, le mari dépose l’anneau nuptial sur le plateau qui est là pour le recevoir. Le célébrant bénit l’anneau avec les cérémonies accoutumées, puis le remet au mari qui le met au doigt annulaire de la main gauche de la mariée, en même temps que le prêtre fait un signe de croix en disant : “ An nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il. ”
Autre cérémonie pleine de significations importantes. L'anneau nuptial ou jonc de mariage symbolise le lien qui les
attache l’un à l’autre pour la vie: “ Que les hommes ne séparent pas ce que Dieu a uni. ” Il est le signe de leur amour mutuel qui doit être pur, fort et durable, comme l’or dont il est fait. Il est le symbole de la fidélité mutuelle que se doivent les époux : “ L’homme quittera son père et sa mère et s’attachera à son épouse ”, comme Jésus-Christ est attaché à son Eglise.
Puis suivent quelques courtes prières formulant des voeux de bonheur, et appelant sur les mariés les faveurs célestes et les bénédictions du Seigneur.
Ensuite le prêtre monte à l’autel pour y célébrer la sainte messe, une messe spéciale pour l’époux et l’épouse. Les priè.
res spéciales de cette messe de mariage sont des plus expressives, et montrent toute la sollicitude maternelle de l’Eglise pour les mariés, et combien elle veut leur bonheur.
Voyez l’introït : “ Que le Dieu d'Israël
Re SR
vous unisse, et que lui-même soit vec vous, lui qui a eu pitié de deux enfants uniques (Tobie et Sara) : faites, Sei- 8neur, qu’ils vous bénissent de plus en plus. Heureux qui craignent le Seigneur et qui marchent dans ses voies, ”
Bénir Dieu, mes frères, c’est l’occupation des anges, c’est le ciel sur la terre.
Oui, Seigneur, faites que les mariés vous bénissent de plus en plus: faites qu’ils vous bénissent, non plus isolément, mais ensemble, doublement ; faites qu’ils vous bénissent dans leurs enfants au centuple :
car vous bénir sur la terre est un avantgoût du bonheur céleste.
Le graduel : “ Votre femme, sera, dans l’intérieur de votre maison, comme une vigne fertile. Vos enfants seront autour de votre table, comme de jeunes plants d’oliviers.” Comparaisons Charmantes, toutes de fraîcheur et de vie, qui suggè.
rent la prospérité, la joie et le bonheur.
Le trait : “ Ainsi sera béni tout homme
CÉLÉBRATION
qui craint le Seigneur. Que le Seigneur répande de Sion ses bénédictions sur vous, et qu’il vous fasse voir tous les jours de votre vie la prospérité de Jérusalem.
Et puissiez-vous voir les enfants de vos enfants et la paix dans Israël. Que le Seigneur vous bénisse du haut de Sion, lui qui a fait le ciel et la terre. ” La communion est une répétition de la fin du trait:
‘“ Ainsi sera béni l’homme qui craint le Seigneur, puissiez-vous voir les enfants de vos enfants, et la paix dans Israël. ”
Voyez maintenant les trois oraisons ; d’abord, celle du commencement de la messe : “ Exaucez-nous, Dieu tout-puissant et miséricordieux, afin que ce mariage, que nous venons de célébrer, soit rempli encore davantage de vos bénédictions.” Et la secrète : “ Daignez recevoir, Seigoeur, le sacrifice que nous vous offrons pour le bien sacré du mariage; et comme vous en êtes l’auteur, disposez-en pour le bonheur des époux. ” Enfin, celle de la fin de la messe : “Daignez, Seigneur, Dieu
nn
tout-puissant, être favorable à votre institution, et conservez dans une longue Paix ceux que vous unissez par un lien légitime, ”
Comme il est facile après cela pour les époux de s’abandonner pleinement et avec une Confiance illimitée entre les mains de Dieu, et d'entrer dans les sentiments qu’exprime l’offertoire: “ J'ai espéré en vous, Seigneur, je vous ai dit: vous êtes mon Dieu, mon sort est entre vos mains.”
Mais ce n’est pas tout. I] y a encore la bénédiction nuptiale, bénédiction solennelle de l’épouse qu’elle ne peut recevoir qu’une fois,et qui se donne seulement pendant la messe, Après le pater, le prêtre suspend le saint sacrifice, se tourne du côté de l’épouse et dit :
“ Laissez-vous fléchir par nos prières, Seigneur, et accompagnez par votre grâce le sacrement que vous avez institué pour la propagation du genre humain, afin que
CÉLÉBRATION
votre assistance conserve ce qu’unit votre autorité Par Notre-Seigneur Jésus- Christ.
“O Dieu, qui, par votre puissance, avez créé de rien tout l’univers.; qui, dès le commencement du monde, après avoir fait l’homme à votre image, lui avez donné, pour être son aide inséparable, la femme, que vous avez formée de lui-même, afin de nous apprendre qu’il n’est jamais permis de séparer ce qu’il vous a plu d’unir ; Ô Dieu, qui avez consacré le mariage par un mystère si précieux, que l’alliance nuptiale est la figure de l’union sacrée du Christ et de son Eglise ; Ô Dieu, par qui la femme est unie à l’homme, et qui donnez à leur union intime la seule bénédiction dont nous n’ayons été dépouillés ni par la punition du péché originel, ni par la sentence du déluge: regardez d’un oeil favorable votre servante, qui, devant être unie à son époux, implore votre protection. Faites que son joug soit un joug d’amour et de paix ; faites que, chaste et fidèle, elle
270 COMMENT SE MARIER Pr sente ne nr
se marie en Jésus-Christ; qu’elle suive toujours l'exemple des saintes femmes ; qu’elle soit aimable Pour son mari comme Rachel, sage comme Rébecca ; qu’elle jouisse d’une longue vie et qu’elle soit fidèle comme Sara. Que l’auteur du péché ne trouve rien en elle qui soit de lui; qu’elle demeure ferme dans la foi et dans l’observance de vos commandements, afin que, uniquement attachée à son mari, elle ne souille le lit nuptial par aucun commerce illégitime ; que, pour fortifier sa faiblesse, elle ait une vie toujours réglée ; que sa pudeur lui mérite le respect ; qu’elle s’instruise de ses devoirs dans la doctrine du salut; qu’elle obtienne de vous une heureuse fécondité, que sa vie soit pure et irréprochable, et qu’elle parvienne au re- Pos des saints dans le royaume du ciel.
Faites, Seigneur, qu’ils voient tous deux les enfants de leurs enfants jusqu’à la troisième et quatrième génération, et qu’ils arrivent à une heureuse vieillesse.
Par le même Jésus-Christ Notre-Seigaeur. ”
CÉLÉBRATION 271 ni pt À
Le prêtre, après cette bénédiction si impressionnante, continue la messe, et, arrivé vers la fin, avant de bénir le peuple, il se tourne de nouveau vers les mariés, et dit : “ Que le Dieu d'Abraham, le Dieu d’Isaac, le Dieu de Jacob, soit avec vous, et qu’il répande en vous sa bénédiction, afin que vous voyiez les enfants de vos enfants jusqu’à la troisième et à la quatrième génération, et que vous possédiez ensuite la vie éternelle par la grâce
de Notre-Seigneur J ésus-Christ, qui, étant Dieu, vit et règne avec le Père et le Saint- Esprit, dans tous les siècles des siècles, Ainsi soit-il. ”
Après toutes ces cérémonies solennelles et si significatives, comme l'exhortation suivante, que nous faisons après le mariage, est bien appropriée : “ Vous voilà mariés,mon cher frère et ma chère sœur, vous voilà unis pour la vie. Le sacrement de mariage que vous venez de recevoir a imprimé un sceau divin à votre union et l’a sanctifiée, Avec ce grand sacrement,
vous avez reçu les bénédictions de Dieu et de l’Eglise, et toutes les grâces nécessaires pour remplir fidèlement les devoirs de votre état.
“ Considérez combien elles sont précieuses ces grâces, auxquelles est attaché votre bonheur en cette vie et en l’autre; car il ne peut pas y avoir de vrai bonheur pour vous dans le mariage, si vous n’y vivez pas chrétiennement, et si vous négligez les obligations qu’il vous impose; et, sans le secours des grâces de votre état, vous ne remplirez pas ces obligations, ou Vous vous en acquitterez mal, et vous vous perdrez.
‘“Comprenez, par là, avec quel soin, et avec quelle ardeur vous devez travailler à les conserver et à les accroître en vous, ces grâces, par une piété sincère et par la pratique constante de toutes les vertus chrétiennes. En croissant en vertu, vous croîtrez en grâces; et si vous croissez en grâces, les dons et les bénédictions de
CÉLÉBRATION
Dieu, se multiplieront sur vous et sur vos enfants; et ces bénédictions du Seigneur assureront votre bonheur et celui de votre famille.
“ Prenez donc garde de vous exposer au danger de perdre ces grâces, en vous abandonnant, en ce jour, à une dissipation indécente, aux réjouissances licencieuses, aux plaisirs criminels des enfants du siècle. Bannissez de vos noces tout ce qui pourrait être contraire à la décence et à la modestie chrétienne. Conviez-y Notre- Seigneur Jésus-Christ, priez-le d'y présider, avec sa sainte mère comme aux noces de Cana, et réjouissez-vous en sa présence.
“ Regardez ce jour, où Dieu lui-même vous a bénis dans le sacrement de maria- 8e, comme un grand jour pour vous ; un jour que vous devez passer dans la crainte du Seigneur, et dans une graude dévotion, à l’exemple du jeune Tobie et de tant d’autres saints, qui ont mérité la bénédiction de Dieu pour eux-mêmes et pour
leurs familles, et qui l’ont transmise, comme un héritage, à une longue postérité.
“ Remerciez Dieu des grandes grâces qu’il vous a faites aujourd’hui, demandez lui de les rendre efficaces en vous, et proposez-vous de tout coeur d’y coopérer fidèlement. Mais surtout, à la fin de cette journée, pensez à donner votre coeur à Dieu, à lui recommander vos âmes, à le prier, de nouveau et avec grande ferveur, de répandre ses bénédictions sur vous et sur ceux qui naîtront de vous.
‘“ Enfin, n'oubliez pas de vous mettre sous la protection de la Sainte Vierge, de vos anges gardiens et de vos saints patrons, afin qu’ils veillent sur vous et vous protègent contre la malice et les tentations du démon, et vous préservent de tout malheur. ”
Mes frères, la célébration d’un mariage est un événement souverainement important auquel s'intéressent le ciel et la
CÉLÉBRATION
terre, et dont les conséquences sont énormes pour le bien ou pour le mal. Puissiez-vous tous, d’abord, vous, garçons et filles, vous préparer sérieusement et religieusement, afin de vous assurer un mariage chrétien ; et, ensuite, vous, qui êtes déjà mariés, rappelez-vous souvent les engagements solennels que vous avez pris au jour mémorable de vos noces,et appliquezvous à y être toujours parfaitement fidèles. — Ainsi soit-il.
ns
MARIAGES CLANDESTINS
Filii quippe sanctorum sumus, et non possumus ita conjungi, sicut gentes qui ignorant Deum.
Nous sommes les enfants des saints, et nous ne pouvons Pas nous unir comme des payens, qui ne connaissent pas Dieu.
j Tos., VIII, 5.
Nous avons vu dans la dernière instruction, mes bien chers frères, la beauté du mariage chrétien; comment Dieu luimême unit les époux et sanctifie leur alliance; comment il comble les mariés de grâces et de bénédictions.
A côté du mariage chrétien, que reçoivent ceux qui craignent Dieu, ceux que le baptême a fait enfants de Dieu, et qui sont véritablement chrétiens et bons catholiques, il y a le mariage clandestin. Le premier est l’oeuvre de Dieu, qui sanctifie l’alliance de l’homme et de la femme; le second est le produit du démon, et une alliance de péché. L'un est une chose sainte, un sacrement; l’autre une chose infâme, un concubinage. En recevant le
mariage chrétien, les époux posent un acte de religion et font l’oeuvre de Dieu ; en se mariant clandestinement, les prétendus mariés posent un acte d’impiété, sont coupables de sacrilège et font l’affaire du démon.
Cette différence, du tout au tout, mes frères, vient d’abord de la manière de célébrer le mariage, et ensuite des dispositions qu’on y apporte. Le mariage chrétien est celui qui est fait selon toutes les lois de Dieu et de l’Eglise, et qui est reçu dignement, dans les dispositions dont
MICROCOPY RESOLUTION TEST CHART \#NSI and ISO TEST CHART No. 2)
Le (3
E Le
M us (Lo
"Le