MISSION DES ÉPOUX
Crescite et multiplicamini.
Reproduisez et multipliesvous.
Gax., 1, 28.
Nous sommes arrivés, mes bien chers frères, au chapitre des époux. Après avoir dit, dans la première partie de notre série d'instructions, les qualités du mariage ; après avoir traité, dans la deuxième partie, de la préparation qu’il faut apporter pour se bien marier, nous.
parlerons, dans cette troisième partie, des.
époux. Nous étudierons leur mission, les obligations que le mariage leur impose, et les avantages qu’ils en retirent.
A moins d’une vocation spéciale à la vie religieuse, ou au célibat chrétien, tous doivent se marier, comme nous l’avons vu en parlant de la nécessité du mariage. Le jeune homme et la jeune fille qui se marient, répondent à l’appel de Dieu. Dieu les appelle à l’oeuvre sublime de la procréation. Il leur répète les mêmes paroles qu’il adressait à nos premiers parents:
“ Reproduisez et multipliez-vous. ” Il leur donne la même mission, et quelle belle missiou !
Mes frères, ne vous êtes-vous jamais arrêtés à cette pensée ? Avez-vous déjà médité sérieusement la grandeur de votre mission comme époux ? Ce pouvoir de vous reproduire est divin ; il faisait la plus grande gloire de nos premiers parents. Cette gloire incomparable, vous la partagez avec eux. Comme Adam et Eve,
vous pouvez vous reproduire, c’est-à-dire produire des êtres en tout semblables à vous: faits comme vous d’un corps d’une beauté et d’une perfection merveilleuses, et d’une âme créée à l’image et à la ressemblance de Dieu. Et, ces êtres admirables en qui vous continuez de vivre, vous pouvez les multiplier, avec les générations, nombreux comme les grains de sable sur le rivage de la mer.
Dans l’ordre purement naturel, il ne peut y avoir de mission plus sublime.
Mais, mes frères, vous n’êtes pas simplement des époux, vous n’êtes pas non plus des payens qui ne connaissent pas Dieu; vous êtes, vous, des époux chrétiens, et, en vous multipliant,vous multipliez des chrétiens. Mais, faire des chrétiens, c’est la mission des apôtres; vous êtes donc de véritables apôtres, et votre mission prend toute l’importance, sinon toute l’étendue, de la mission même des apôtres.
On admire la mission des apôtres, et
c’est toujours avec émotion qu’on lit ou qu’on entend répéter les paroles solennelles de Notre-Seigneur : “ Allez, enseignez toutes les nations, les baptisant au nom du Père, et du Fils, et du Saint- Esprit. Et, voici que je suis avec vous, tous les jours, jusqu’à la consommation des siècles. ” Les apôtres reçoivent la mission de prêcher et de baptiser, c’est-àdire de régénérer les hommes perdus par le péché; et les époux reçoivent celle d’eugendrer les hommes et de les multiplier.
La mission des apôtres suppose celle des époux, comme la grâce suppose la nature.
I1 y a donc entre les deux une relation intime, et ce rapprochement nous fait mieux comprendre toute la grandeur de la mission sublime des époux chrétiens.
Le fait, mes frères, que votre mission est commune à tous les hommes et à tous les époux chrétiens, ne la diminue pas, pas plus que la dignité de l’homme n’est diminuée pour être commune à tous les hommes. L'homme, isolé dans le Paradis
Terrestre ou répardu par toute la terre, plus nombreux dans sa postérité que les étoiles du firmament, est toujours le chefd'oeuvre de la création, l’image et la ressemblance de Dieu. De même, quelque nombreux que soient les époux, leur mission est toujours belle, grande et divine, comme était celle de nos premiers parents.
Ah! mes frères, si les €; vx comprenaient bien toute la noblesse 4e leur mission, comme ils se feraient une gloire de la remplir coûte que coûte. Comme les apôtres, ils ne reculeraient devant aucun sacrifice pour y être fidèles. Leur principale ambition serait de bien garnir leur table de petites têtes, et ils se glorificraient de leur nombreuse famille.
S'il y a des défections, nous pouvons néanmoins nous réjouir de nos belles familles catholicues; et les familles canadiennes se distinguent entre toutes. Cependant, il ne faut pas se faire illusion.
Il y en a qui se laissent gagner par l’er-
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reur, et qui suivent malheureusement l'exemple exécrable des misérables qui empêchent la famille, s'imaginant follement que l’étendue du vice en diminue la malice.
Je lisais tout dernièrement un livre anglais intitulé Satan in Society écrit par un savant docteur américain. Parlant des abus qui règnent dans la société américaine, il mentionne, entre autres, celui d'empêcher la famille; il en parle comme d’un vice national, tant il est répandu dans le pays. Et voici ce qu’il en dit, je traduis mot à mot : “ Ce vice est dégoûtout, bestial, un mal positif et contre nature, et physiquement injurieux.” Et plus loin, parlant toujours de l’onanisme, il dit: “ C’est ce crime dont on parle comme une chose de mise, que le coupable admet volontiers, et dont la femme l’en félicite,et auquel les amis applaudissent; un vice qui est le fléau et la désolation du mariage. ”
Remarquez, mes frères, que c’est un
homme du monde qui parle de la sorte, n’envisageant la chose qu’au point de vue du monde ou de la morale naturelle. Mais nous, mes frères, qui devons considérer la chose au point de vue de Dieu et de la conscience, que devons-nous en dire ?
Que devons-nous penser de nos catholiques qui s’adonnent à ce vice ? Et Dieu sait qu’il y en a, qui, au lieu de servir fièrement la cause de Dieu et de l’Eglise, abusent ignominieusement du mariage et font de l'alliance nuptiale, bénie et sanctifiée par Dieu, une alliance de péché, mise au service du démon.
Que faut-il penser de ces femmes prétendues chrétiennes, qui encouragent ce vice diabolique et conseillent la chose à leurs amies ? On voit même des mères qui conseillent la chose à leurs filles et encouragent leurs gendres à pratiquer un vice qu’un homme du monde appelle dégoûtant, bestial, contre nature, et nuisible à la santé !
On appelle cela faire les américains.
Non, mes frères, ce n’est pas là faire les américains; j’admets que c’est faire comme beaucoup d’américains, mais non pas comme les américains, parce qu’il y a beaucoup d’américains honnêtes, tant chez les catholiques que chez les protestants ; mais, c’est faire coime de sales êtres, des êtres dégoûtants, bestiaux et monstrueux.
Que faut-il penser de ces femmes qui se moquent de leur glorieuse mission et qui regardent d’un aïir de pitié,mêlé de mépris, les femmes vertueuses qui ont le courage d’une conduite honnête et qui se glorifient de leur admirable fécondité?
Ces dernières sont d’autant plus honorables que les premières sont plus méprisables. Les unes font la gloire de leur sexe, les autres en sont la honte.
Nous ne pouvons pas avoir trop de mépris pour les sentiments et pour la conduite de ces femmes dégradées, qui ont
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perdu tout ce qui fait la gloire et le charme de la femme. Sans qu’elles s’en doutent, leur dégradation apparaît publiquement dans leurs discours et par les goûts dépravés qu’elles manifestent.
Cet amour si tendre et si délicat que Dieu a mis dans le coeur de la femme pour ses enfants, est, dans ie coeur pourri de ces femmes, changé en un vil amour pour les animaux. Aussi, vous les rencontrez, quelquefois, jusque sur les places publiques, portant amoureusement un animal
dans leurs bras, lui donnant tous les soins, et lui prodiguant les caresses que les bonnes mères réservent à leurs enfants. C’est dire, mes frères, que ces femmes se sont animalisées !
Je rencontrais un jour à Marseilles, dans un hôtel, une famille de langue anglaise, qui, comme moi, était en voyage.
Elle se composait du père, de la mère, de Fido (un petit chien), d’un enfant de deux à trois ans, et d’une servante. Eh bien ! le croiriez-vous ? cette femme déna-
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turée, animalisée, abandonnait exclusivement le soin de son enfant à la bonne, tandis qu’elle s’occupait avec une tendresse maternelle de son chien. Tous les matins, pendant que la servante faisait la toilette du bébé, Madame donnait un baia à son cher Fido. La bonne, voyant un jour sa maîtresse indisposée, veut se charger du petit chien: “ Oh! non, lui dit Madame, je ne voudrais pas vous confier mon cher Fido, je craindrais que vous n’en ayez pas bien soin. ”
Oui, mes frères, empêcher la famille est une pratique dégoûtante, bestiale, monstrueuse et qui animalise le coeur de ceux qui s’y abandonnent.
De plus, c’est un énorme péché semblable à l’homicide. C’est un grand péché de tuer son prochain, tous l’admettent, et le meurtrier doit périr. Est-ce un moins grand péché d’empêcher criminellement la vie de se produire, et den tarir la source en faisant violence à la nature ?
Nous lisons, dans les Saintes Ecritures, au livre de la Genèse, ces paroles : “ Onan empêchait sa femme qu’elle ne devint mère; C’est pourquoi le Seigneur le frappa de mort, parce qu’il faisait une chose détestable. ” Voilà, mes frères, le cas que Dieu fait de ce péché. Onan empêche la famille, et le Seigneur le punit de mort.
Ce péc‘ que nous appelons maintenant onanisme, Dieu le juge digne de mort. Et ceux qui s’en rendent coupables, que nous appelons onanistes, n’échapperont pas au châtiment de Dieu. La mort tragique d’Onan est un exemple que le Seigneur donne au monde entier, afin que tous les hommes puissent en profiter.
Mais tous n’en profiteront pas. Iiya toujours eu quand même des cnanistes, et il y en aura toujours. Nous pouvons dire des onanistes ce que Notre-Seigneur disait des scandaleux : “ Il faut qu’il y ait des onanistes, mais malheur à celui qui pratique l’onanisme. Car il subira nécessairement les conséquences vengeresses de son péck* ?” ee
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