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gés que vous sous le rapport de la fortune.
Ce qu'ils ont fait et ce qu’ils font, vous pouvez le faire.
Vous me dites: “ Oui, mais voyez COmment ils sont habillés, de quoi ils se nourrissent, et dans quelles privations ils vivent. ” Ne vous laissez pas tromper, mes frères. Il est vrai qu’ils ne sont pas toilettés comme des richards, qu’ils ne se nourrissent pas comme des millionnaires, et qu’ils doivent se priver de bien des choses; mais est-ce que la vie ne vaut pas mieux que tout cela? Allez-vous sacrifier l'existence des enfants que vous devez avoir, parce que vous ne pouvez pas les habiller à votre goût? Est-ce que l’existence ne vaut pas mieux que l’habit ?
Allez-vous sacrifier la vie des enfants que vous devez avoir, parce que vous ne pouvez pas les nourrir aussi bien que vous le voudriez? Est-ce que la vie n° vaut pas mieux que la nourriture? Allez-vous 8acrifier les enfants que vous devez avoir, parce qu’ils imposent des privations et
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doivent être eux-mêmes privés ? Est-ce que la gloire de produire et de posséder des êtres intelligents ne vaut pas quelques privations? Et, quant aux enfants, quelque pauvres et nus, et affamés qu’ils soient, peuvent-ils ne pas être reconnaissants pour l’âme immortelle qu’ils reçoivent ?
Détrompez-vous, mes frères, et sachez que votre raison ne vaut rien. Faites vo-
tre devoir consciencieusement, sous le regard de Dieu, vous reproduisant et vous multipliant, et ayez confiance. Celui qui a soin des oiseaux du ciel, aura soin de vous et de vos enfants.
Sachez aussi que vos enfants n’ont pas besoin de toilette ni de nourriture recherchées. Si vous ne pouvez pas faire mieux, couvrez seulement leur nudité, et donnezleur assez à manger pour qu’ils vivent; et soyez contents et glorieux de votre famille.
Et, si vous avez encore besoin d’encou-
ragement, rappelez-vous que ce ne sont pas les enfants élevés dans l’abondance qui réussissent le mieux. L’expérience prouve le contraire. L’enfant du pauvre, avec les mêmes talents, l'emporte toujours sur celui du riche. Ce qui assure surtout le succès, c’est le travail et la vertu. L’enfant pauvre comprend mieux la nécessité du travail, et les privations qu'il endure sont une école de vertu.
J'ai dit, en second lieu, que la raison d'économie qu’on allègue pour empêcher la famille, est appuyée sur le vice.
Elle est vicieuse d’abord parce qu’elle s'appuie sur l'esprit mondain, qui est mauvais et condamné par Notre-Seigneur.
Les mondains, c’est-à-dire ceux qui ignorent Dieu pratiquement, ceux qui se laissent conduire par l’esprit du monde plutôt que par l’esprit chrétien, vous diront qu’il vaut mieux avoir deux ou trois enfants seulement et les bien élever, ce qui veut dire pour eux: en faire de petites de-
moiselles bien toilettées, et de petits messieurs bien mis, ayant à leur gré, joujoux, bonbons, etc, que d’en avoir un plus grand nombre et de les élever misérablement. C’est une erreur grossière que nous avons réfutée plus haut. C’est prendre l’utile pour le nécessaire, l’accessoire pour le principal.
Elle est vicieuse, ensuite, parce qu’elle renferme un reproche à l’adresse de Dieu, et un manque de foi en la divine Providence. Dire qu’on n’est pas obligé d’avoir plus d'enfants qu’on ne peut en faire vivre, c’est dire qu’en peut en avoir plus qu’on ne peut en faire vivre; ce qui est reprocher à Dieu de demander plus qu’on ne peut donner, d’imposer une tâche dont on ne peut pas s'acquitter: ce qui frise le blasphème. C’est en même temps un manque de foi en la divine Providence, puisqu’on n’ose pas compter sur Dieu; comme s’il n’adaptait pas les moyens à la fin ; comme si, quand il fait une bouche, il ne lui donnait pas à manger.
Elle est encore vicieuse, parce qu’elle fait Dieu complice du crime et rejette sur lui la responsabilité du mal. C’est tenir à Dieu ce langage digne de l’enfer: “C’est vrai que je pratique l’onanisme mais c’est votre faute, vous pouviez disposer les choses autrement. ” N'’insistons pas.
Voyons maintenant la raison de santé.
C’est une raison sérieuse que celle-là. Si le mari est malade ou tellement faible de . santé que la femme ne peut pas compter sur lui pour faire vivre la famille, évidemment, ils ne sont pas tenus à la loi de la propagation, car personne n’est tenu à l'impossible. Si c’est la femme qui est malade ou infirme au point que la famille exposerait ses jours ou aggraverait sa maladie, ou la rendrait incapable d’avoir soin de son ménage, les époux sont également exempts de la famille.
Mais, remarquez bien, que, s’ils peuvent ne pas avoir de famille, il ne leur est pas permis de l'empêcher criminellement, en
pratiquant l’onanisme. L’onanisme, comme nous l’avons vu, est un crime contre nature, un énornie péché qui, comme l’adultère, ne peut jamais être permis. Ils doivent alors pratiquer la continence et vivre comme frère et soeur. Il n’y a pas d’autre moyen légitime d'empêcher la famille.
Mes frères, rappelez-vous toujours la sainteté du mariage, la grandeur de votre mission, et le compte que vous aurez à rendre de votre conduite au grand Maître; et vous aurez en horreur l’onanisme et toutes les pratiques criminelles et diabo!iques qui se cachent souvent sous le voile sacré du mariage. Soyez des époux fidèles, afin de mériter d'entendre, au jour redoutable de la reddition des comptes, de la bouche du Maître, ces paroles d’approbation et de salut: “ Bien fait, fidèles et dévoués serviteurs, entrez dans la joie du Seigneur. ” — Ainsi soit-il.