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BONHEUR DES ÉPOUX

7 Non est bonum esse hominem solum, faciamus ei adjutorium simile sibi.

I1 n’est pas bon que l’homme soit seul, faisons-lui une aide semblable À lui.

La procréation, mes bien chers frères, est la fin première et principale du mariage. Les époux, pour être fidèles à leur noble mission et pour remplir leur grand devoir, doivent élever leur famille honnèêtement et chrétiennement.

La deuxième fin du mariage est d’assu-

homiadju-

'homune

res, rialeur and nnê-

SSU-

rer le bonheur aux époux, en leur procurant, dans la personne de leur ccajoint, une aide nécessaire et un compagr: ‘n ou une compagne agréable. “ Il n’est pas bon que l’homme soit seul, dit le Créateur, faisons-lui une aide semblable à lui, qui sera l’os de ses os et la chair de sa chair; c'est pourquoi il quittera son père ei sa mère, et s’attachera à sa femme ”.

D’après les paroles du Créateur, il est évident que l’homme isolé ne peut pas être heureux. Ce qui est vrai de l’homme est également vrai de la femme.

Dieu créa l’homme à son image et à sa ressemblance, il le créa pour lui, il le fit pour le Ciel. C’est pourquoi notre âme ne sera jamais satisfaite ici-bas. Faite pour Dieu, il n’y a que Dieu qui soit capable de la contenter; créée pour le Ciel, elle ne sera parfaitement heureuse qu’au Ciel.

Il en est de même de l’homme et de la femme. Dieu les ayant créés l’un pour

l'autre, ils ne peuvent être heureux que l’un avec l’autre. Aussi, pour assurer leur bonheur, car Dieu les veut heureux, il institue le mariage, dans lequel il les attache l’un à l’autre, et les unit si intimement qu’ils ne sont plus qu’une même chair.

Puisqu’il en est ainsi, les religieux, les religieuses et les prêtres sont donc malheureux ! Voilà une conclusion qui découle naturellement de ce que nous venons de dire. Elle semble être une objection formidable à l’état religieux ou au célibat chrétien, mais il n’en est rien. Quoique ce ne soit pas la place ici, où l’on parle du bonheur des époux, de traiter cette question, néanmoins, je veux en dire un mot, afin de jeter un peu de lumière dans les esprits, car très peu de personnes ont des idées exactes sur ce sujet.

Oui, mes frères, pour répondre catégoriquement à la question posée, les religieux, iles religieuses et les prêtres sont

malheureux. Dieu lui-même le déclare quand il dit : “ Il n’est pas bon que l’homme soit seul. ” Ils sont malheureux dans ce sens qu’ils sont privés du plus grand bonheur naturel qu’il y ait sur la terre, le seul qui soit capable de contenter le coeur humain. Comme nous l’avons déjà vu, en parlant de la nécessité du mariage, pour l’homme, se priver de la société de la femme, et pour la femme se priver de la société de l’homme, c’est le plus grand sacrifice que l’on puisse faire après celui de donner sa vie.

Comprenez bien ma pensée; je dis qu’ils sont malheureux parce qu’ils sont privés du plus grand bonheur naturel qui soit donné à l’homme, et qu’ils doivent pour cela se faire violence. Mais leur malheur fait leur bonheur. Il fait leur bonheur, parce qu’il est volontaire et voulu pour Dieu, Propter Deum, comme dit Notre- Seigneur. C’est précisément parce qu’ils souffrent, se sacrifient et se font violence qu’ils ont tant de mérite devant Dieu, et

qu'ils sont tant honorés même par les hommes.

Comme il y a loin de là à l’idée que l’on se fait souvent, que les religieux, les religieuses et les prêtres n’ont rien à souffrir, qu’ils sont les plus heureux au monde !

Celui qui entrerait dans le célibat religieux dans l’espoir d'y trouver une vie pleine de douceurs et exempte de peines, se tromperait du tout au tout.

La vie des religieux, des religieuses et des prêtres est une vie de sacrifice incessant et de mortification continuelle. Humainement parlant, ils ne sont pas et ne peuvent pas être heureux: “ Il n’est pas bon que l’homme soit seul, ” étant bumaius, ils vivent comme des anges. C’est bien beau, c’est sublime et merveilleux ; mais c’est la mise à mort du vieil homme, Cest l’immolation de la nature et le crucifiement de la chair, comme dit saint Paul. Religieusement parlant, ils sont, en effet, bienheureux, parce que, après les

martyrs, ils occupent la première place dans le coeur de Dieu et sont ainsi les amis privilégiés du Seigneur, parce que, après les martyrs, personne ne souffre plus qu’eux pour lui.

Quant aux époux, Dieu les veut heureux. Il l’a prouvé, dès le commencement, en les créant l’un pour l’autre, dans une harmonie parfaite, et en les plaçant dans un jardin de délices. Le péché, il est vrai, a fait disparaître le Paradis Terrestre et a rompu l'harmonie parfaite qui existait entre eux; mais il n’a pas changé les desseins de Dieu. Dieu veut encore le bonheur des époux ; aussi, il les unit luimême en mariage, les bénit et les entoure de sa protection ; il a institué pour eux un sacrement spécial qui répare,par sa grâce, les ravages que le péché a fait chez eux.

Grâce à cette providence spéciale de Dieu, nous avons, partout, beaucoup de mariages heureux. Ils sont nombreux chez les pauvres comme chez les riches.

Tous peuvent l’être s’ils le veulent. Le bonheur des époux n’est pas un privilège accordé à quelques-uns seulement ; il est le secret de personne. Les époux malheureux sont tels parce qu’ils le veulent. Ils peuvent se frapper la poitrine et dire:

par ma faute ; c’est qu'ils négligent de prendre les moyens d’assurer leur bonheur.

Et ces moyens, mes frères, capables de rendre heureux les époux malheureux, et qui assurent le bonheur aux ménages, sont très simples et à la portée de tous ceux qui ont un coeur et une volonté. Ils se réduisent à deux : à savoir, l’amour et la confiance. Unissez deux âmes dans un amour sincère et faites-les se reposer l’une sur l’autre avec une confiance entière, et vous assurez leur bonheur.

L'amour est l’Âme du bonheur. Il n’y a pas de bonheur possible sans amour, pas plus sur la terre qu’au Ciel. Se marier

. sans aimer, c’est vouloir être malheureux.

Aussi, ceux qui se marient pour tout autre motif sont malheureux en ménage.

Quant à vous, mes frères, vous ne vous êtes mariés ni par ambition, ni par intérêt, ni par passion. En vous mariant, vous n’avez pas cherché à entrer dans une famille de noblesse ou de grande fortune; vous avez voulu, au contraire, marier une personne de votre condition, votre semblable. Vous ne vous êtes pas non plus mariés bêtement: ‘“ Vous assemblant comme le cheval et le mulet, qui n’ont pas de raison, ni comme les payens qui ne connaissent pas Dieu ” ; vous vous êtes mariés, au contraire, comme des chrétiens qui connaissent et aiment Dieu. Vous vous êtes mariés par amour, et vous êtes heureux; et votre bonheur est d’autant plus grand que votre amour est plus pur et plus étendu.

Qui ne se rappelle avec bonheur les jours délicieux de la lune de miel? Comme moi, avez-vous déjà entendu de jeunes ma-

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riés, un peu pessimistes, dire : “ Nous sommes trop heureux, cela ne peut pas durer! ” Mais pourquoi cela ne peut-il pas durer ? Ce qui fait leur bonheur en ces beaux jours, n’est-il pas toujours en leur possession ? Ayant toujours entre les mains les mêmes moyens de bonheur, ils peuvent toujours en jouir, s’ils le veulent ; tout dépend d’eux.

Vous vous rappelez le jeune vieillard dont je vous ai déjà parlé en deux reprises; il a pu dire à la mort de sa vieille, après quarante-huit ans de ménage :

&“ Nous avons toujours été heureux ensemble, nous étions encore Comme au jour de nos noces. ” Toute leur vie a été une longue lune de miel. Ce qu’ils ont fait, vous pouvez le faire, et goûter le même bonheur.

Qu’ont-ils fait pour obtenir un si brillant résultat ? Ils se sont aimés. Ils se sont mariés par amour, et sont restés unis dans le même amour, qu’ils ont conservé vif et ardent toute leur vie.

Faites LA même chose et vous aurez le même bonheur. Et le moyen de conserver toujours vif et ardent l'amour qui a fait le bonheur de votre début en ménage, est de le faire agir. Render-le actif, et il produira des fruits pleins de délices, et fera le charme de votre vie.

Il y en a qui semblent croire que, du moment qu’ils sont mariés, l'amour de leur conjoint leur est à jamais assuré, et qu’ils n’ont plus besoin de le cultiver. Ne soyez pas de ceux-là, mes frères, Car ils sont dans une erreur capable de causer bien du mal. Leur erreur vient de ce qu’ils ne connaissent pas le coeur humain.

Le feu le plus ardent perd graduellement sa chaleur et finit par s’éteindre, s’il n’est alimenté. Il en est de même du feu de l'amour. &i vous le négligez, il se refroidira, lentement peut-être mais sûrement, et finira par s’éteindre.

Vous devez donc apporter autant de soin et autant de zèle à maintenir dans le . coeur de votre conjoint la flamme de l’a-

mour, que vous en avez mis à la développer. Mariés, vous devez être plus amoureux que vous ne l’étiez comme garçon et comme fille. Les époux doivent avoir l’un pour l’autre plus d'égards affectueux et plus d'attentions empressées dans le ménage, que les fiancés n’en ont dans la fréquentation. Faites cela, et, comme notre jeune vieillard, vous serez heureux en ménage.

La vie commune vous rend la chose facile. Que la femme soit pour son mari l’aide et la compagne dont nous avons parlé abondamment dans les instructions précédentes et particulièrement en répondant à la question “ Qui doit-on marier ?, et elle s’attachera de plus en plus le coeur de son mari.

Quant au mari, il doit être pour sa femme un compagnon, un protecteur et un guide.

Qu'il soit un compagnon agréable. Qu'il s’étudie à lui épargner tout ce qui est de

nature à lui faire de la peine, et à lui procurer toute la joie dont il est capable.

Qu'il fasse preuve de bonne volonté en lui ménageant à propos des surprises agréables. Qu’il s'intéresse encore à tout ce qui lui est cher, qu’il s’efforce d’entrer dans ses sentiments et dans ses goûts. Ces attentions délicates de la part du mari touchent le coeur de la femme et activent sa flamme.

Que d’hommes sont malheureux en mé-

nage pour ne pas savoir être agréables à leur femme. Ils ne veulent pas se plier à ce qu’ils appellent des caprices de femme et des fantaisies. Rappelez-vous, mes frères, que vos épouses sont des femmes ct que vous êtes des hommes : ce qui veut dire que vous ne voyez pas les choses du même oeil et que vous ne les interprétez pas de la même manière. Ce qui peut paraître au mari un caprice, peut être pour la femme un besoin. C’est pourquoi, si vous voulez être pour elle le compagnon agréable que vous devez être et qu’elle a

le droit d’attendre de vous, vous devez vous plier à ces prétendus caprices, du moment qu’ils ne sont pas clairement mauvais et déraisonnables.

De plus, qu’il sache reconnaître ses

qualités, les bonnes dispositions dont elle fait preuve, et particulièrement ses travaux. Le travail que fait une bonne mère, qui élève chrétiennement sa famille,est énorme. Elle a besoin que vous encouragiez ses efforts, et de savoir que vous les appréciez. Dites-lui, et, faites-lui comprendre par votre conduite que vous les appréciez justement, et que vous reconnaissez parfaitement son dévouement que vous admirez, et que vous lui êtes redevable, Une parole d'appréciation et un SOurire d'encouragement de votre part, lui sont plus précieux et lui donnent plus de satisfaction et de bonheur réel que les biens matériels.

Le mari doit être pour sa femme un protecteur et un soutien. La femme a Conscience de sa faiblesse; aussi, instinctive-

oo

ment elle se repose sur son mari. Elle a recours à lui dans le besoin. Qu'il soit alors un pourvoyeur éclairé, qui voit ses besoins et y subvient avec empressement.

Qu'il ne se contente pas de lui donner seulement la nourriture et le vêtement, mais qu'il soit pour elle généreux. Cela ne veut pas dire que le mari doit être prodigue pour sa femme et dépenser pour elle plus que ses moyens ne lui permettent, mais qu’il doit se montrer empressé à lui être utile en toute chose.

Elle a encore recours à lui dans le danger. Qu'il la couvre alors avec sollicitude de sa protection ; qu’il fasse en sorte qu’elle se sente aussi en sécurité auprès de lui que l'enfant sur le sein de sa mère. Comme saint Joseph auprès de la Vierge bénie, qu’il la protège des dangers auxquels elle peut être exposée. Si on en veut à sa personne, à son honneur ou à sa réputation, qu’il la défende avec ardeur contre ceux qui s’attaquent à elle, et qu’il la protège à tout prix de tout mal.

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Elle a recours à lui dans les contrariétés. Là encore qu’il soit son soutien et son meilleur conseiller. Qu'il l’encourage et la console ; et qu’il lui fasse sentir qu’il sympathise avec elle et que son coeur bat à l’unisson avec le sien.

Il doit être encore un guide. Le mari est le chef, dit saint Paul, et la femme doit lui être soumise en toute chose. Mais il se rappellera que, s’il est la tête, la

femme est sa compagne, sa chère moitié, celle qui renferme le coeur. Alors il sera pour elle un ami plutôt qu’un maître. Sa direction sera ferme, s’il y a lieu dans l’intérêt de la famille dont il doit vouloir le bien avant tout, mais toujours douce. Il évitera les paroles aigres, le ton sec et impérieux, et le commandement rude. Et surtout, il appuiera sa ‘irection sur son exemple, en faisant lui-même, dans l’intérêt de la famille, autant et plus qu’il ne demande de sa femme.

Oui, mes frères, cultivez ainsi l’amour

de votre conjoint, et vous assurerez le bonheur de votre ménage. Vous, femme chrétienne, soyez pour votre mari une aide aimable autant qu’utile, empressée auprès de lui, et dévouée aux choses du ménage; et votre mari vous aimera, et vous l’aimerez vous-même davantage. Car le coeur est ainsi fait qu’il devient plus aimant à mesure qu’il manifeste son amour par des amabilités. Et vous, mari chrétien, soyez pour votre femme un compagnon agréable, un protecteur zélé, et un guide doux et affectueux, et votre chère moitié vous aimera, et vous aurez vousmême plus d’amour pour elle. Car vous activez votre flamme en même temps que vous rendez plus ardente celle de votre femme.

J’ai dit, mes frères, que, se marier sans aimer, c’est vouloir être malheureux. Et, en effet, comme l’amour est essentiel au bonheur, celui qui n’aime pas est nécessairement malheureux. Et c’est particulièrement vrai des époux. Le joug conju-

re

gal, doux, léger et plein de charme pour ceux que l’amour unit, est douloureux, lourd, un véritable supplice pour ceux qui n’aiment pas.

C’est donc à dire que ceux qui se marient sans aimer, sont condamnés à être malheureux toute leur vie? Pas nécessairement toute leur vie, mais ils seront certainement malheureux aussi longtemps qu’ils n’aimeront pas; cependant, ils peu-

vent aimer, s'ils le veulent, et changer ainsi leur malheur en bonheur. Aussi, ceux qui se sont mariés sans aimer, pour quelque raison que ce soit, s’ils sont intelligents, ne vivent pas comme cela; ils prennent les moyens d’adoucir leur vie.

Pour ceux qui ont de la bonne volonté, ces moyens sont relativement faciles.

Si un jeune homme peut gagner le coeur d’une jeune fille, pourquoi un homme marié ne pourrait-il pas gagner le coeur de sa femme? Si une jeune fille sait, malgré gon manque d’expérience, s’attacher un

garçon, pourquoi une femme mariée ne pourrait-elle pas s’attacher son mari ? Il n'y a pas de froid que le feu ne puisse changer en une douce chaleur; il n’y a pas de glace qu’il ne puisse fondre. Allumez dans le coeur de votre conjoint le feu de l'amour, et vous ferez disparaître le froid de son indifférence pour vous, et la glace de son mépris.

Pour allumer ce feu béni, dont dépend votre bonheur, voici ce que vor; devez faire :

Premièrement, n’accusez pas. Le mari qui accuse sa femme, ou la femme qui accuse son mari, sera accusé à son tour. Et n’allez pas croire que votre innocence vous mettra à l’abri. Si on n’a rien à vous reprocher, tant pis pour vous, parce qu'alors on vous calomniera ; et, une fois embarqué sur le terrain de la calomnie, on ne sait plus où s’arrêter. De plus, en vous faisant l’accusateur de votre conjoint, vous l’offensez, et, partant, vous l’éloignez encore davantage ; et vous-même vous vous

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en éloignez, en vous confirmant, par VOS accusations, dans vos mauvaises dispositions à son endroit. Evitez de porter des accusations et vous enlevez le plus grand obstacle à votre amour. Il faut dire la même chose des reproches amers et de la manie de disputer, qu’il faut éviter pour les mêmes raisons.

Deuxièmement, pardonnez. Vous dites:

“ Mais comment pardonner? Mon mari a de si grands défauts: il court, il boit, il néglige sa famille, et il est bien dur pour moi... —Et ma femme donc: c’est un méchante créature, elle a une langue venimeuse, elle est toujours à me disputer, elle n’a pas soin de sa maison, et passe sou temps chez les voisines à parler en mal de moi... ” Mais précisément, c’est parce que votre mari ou votre femme a de grands défauts et est capable de grandes fautes que vous devez pardonner. En pardonnant, vous faites preuve de bonne volonté, vous faites un acte de bonté auquel votre conjoint sera sensible; et, ainsi,

vous l’attirez à vous, en même temps que vous vous portez vers lui.

Troisièmement, rendez-vous compte des qualités de votre conjoint. Tout homme est un composé de bon et de mauvais, de qualités et de défauts; et sa conduite, un mélange de bien et de mal. Il n’y a pas une personne sur la terre, quelque mé:chante qu’elle soit, qui n’ait du bon et beaucoup de bon. Votre mari ou votre femme n’est pas une exception à cette loi générale. Sachant que votre conjoint a du bon, vous devez vous rendre compte de ce bon. Pour cela mettez de côté vos pré:jugés contre lui, fermez les yeux sur ses défauts, et ouvrez-les sur ses bonnes qualités, et vous serez surpris, après tout, de constater qu’il en a autant que vous, et que, par conséquent, il est aussi aimable que vous l’êtes vous-même. Et ainsi, votre conjoint qui, dans votre froide indifférence, vous semblait si détestable, haïssable même, vous apparaît maintenant, sous un jour favorable, et vous le jugez

digne de votre amour. Et, comme l’amour appelle l’amour, le feu sacré, qui fait le bonheur des ménages, est ainsi allumé dans vos coeurs.

Mes frères, le moyen d’être heureux est d'aimer, et, pour les époux, une des conditions essentielles de l’amour est la confiance. C’est pourquoi, j'ai dit que la confiance est l’un des deux grands moyens d’assurer le bonheur des époux.

Comme cette instruction est déjà longue, je n’insisterai pas sur ce moyen. Je me contenterai de vous dire d’avoir toujours une confiance inébranlable en votre femme ou en votre mari. Mettez-vous en garde contre tout ce qui pourrait nuire à cette confiance. Ne vous laissez pas tromper par les apparences, ni par les faux rapports... Evitez de vous prêter l’un à l’autre des intentions mauvaises ; supposez-vous, au contraire, toujours animés des meilleures intentions. Ne laissez pas le soupçon entrer dans votre esprit, ni la jalousie dans votre coeur.

Ces vices sont la ruine de la confiance; ils chassent la joie du foyer et y invitent la douleur et les pleurs. Le soupçon rend injuste et cruel celui qui l’entretient. La jalousie rend fou. Un mari jaloux n’entend pas raison et se fait le bourreau de sa femme. Une femme jalouse est up instrument de torture. Elle est elle-même souverainement malheureuse et rend les autres malheureux. La jalousie change l’amour en haine. La personne, que le jaloux croit le plus aimer, est celle qu’il torture davantage.

Mes frères, soyez heureux en ménage.

Ne permettez pas à la jalousie d’eutrer dans votre coeur. Ayez confiance en l'honnêteté de votre conjoint. Aimez vo:

tre mari, aimez votre femme. Appliquezvous à vous entr’aider, et à rivaliser ensemble d’amabilités. Faites cela, et votre ménage sera ce qu’il doit être, ce que Dieu veut qu’il soit, un paradis sur terre. — Ainsi soit-il.

PPS

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