‹ Mariage [microforme]Chapitre 6 sur 28 · LE (LS · texte numérisé non relu

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s’il y a lieu, se marier indépendamment des parents, quand ils veulent et à qui ils veulent ; c’est leur droit.

Etudions maintenant les erreurs auxquelles les garçons sont exposés. C’est un fait, aujourd’hui reconnu, que le mariage n’est pas assez En honneur dans ce pays, et que le mal se propage de plus en plus. Il pénètre jusque dans les meilleures paroisses, et nous n’y avons pas échappé. Voyez ce qui se passe. Tous nos jeunes gens sont placés à peu près dans les mêmes circonstances; ils ont tous les méêmes moyens de revenu, et les mêmes OCCasions de dépense. Ce qui veut dire que, s’il y en a qui ont les moyens de se marier, tous ont les mêmes moyens. Cependant, Cest le petit nombre qui se marie, tous les ans. Prenez, par exemple, nos garçons qui ont eu vingt ans en mil neuf cent treize, un s’est marié sur dix-huit. De ceux qui ont eu vingt-trois, la même année, un s’est marié sur douze; de ceux qui ont eu vingt-cinq ans, un s’est marié sur

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neuf. Ilen est de même de tous les âges, c'est le petit nombre qui se marie.

Non! le mariage n’est pas en honneur, même dans nos paroisses catholiques.

Partout le nombre des non mariés augmente d’une manière alarmante. Les statistiques donnent des chiffres qui font ouvrir les yeux. Elles constatent, chose horrible à dire! que les maisons malfamées augmentent en nombre dans la proportion que les mariages diminuent. Des légions de prostituées sont mises au service de ces hommes immondes, qui reculent làchement devant les douces obligations du mariage. (Comme nous avons raison, de nos jours, de répéter et de crier bien haut, ces paroles de saint Paul:

“ À cause du péché impur que chaque homme ait sa femme, et que chaque femme ait son mari.” Le mariage, voilà le remède au mal! Se marier, voilà le moyen d'échapper au fléau corrupteur !

D’où vient cet état de chose lamentable?

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D'où vient que le mariage soit si peu en honneur? D’abord, des parents qui, au lieu d’instruire leurs enfants de l’obligation du mariage, de les y préparer et encourager, les en détournent et leur en font un épouvantail, comme nous l'avons vu dans les instructions précédentes; et, ensuite, des garçons eux-mêmes, qui se laissent tromper par les erreurs courantes, et font comme les autres. Ces erreurs qui faussent le jugement de nos jeunes gens sont nombreuses. Signalons les principales parmi celles que nous rencontrons chez les nôtres.

Il y a d’abord l'erreur des rêveurs.

J’appelle rêveurs ceux qui ne voient pas les choses comme elles sont, mais comme leur imagination les leur montre. Ils s'imaginent que la vie de mariage est une vie de contrainte où il faut toujours se faire violence de peur de déplaire à Madame. Pour eux, la femme est un être à part, une espèce de poupée, fragile et délicate, qu’il faille toujours traiter avec les

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plus grands soins, et qui réclame du mari les plus grands sacrifices. Mais, non ‘ vous vous trompez du tout au tout, ce n’est pas là le mariage réel; et cette femme, que vous allez chercher dans la lune, n’est pas la femme de la terre.

La femme réelle, celle que le Créateur a faite pour vous: une aide semblable à vous, capable de partager vos peines comme vos joies; Dieu lui a donné la beauté

pour vous l’attacher, et des grâces pour

vous charmer ; mais surtout, un grand coeur pour vous aimer, et une âme pleine de dévouement pour vous aider. Avec une pareille femme, est-ce qu’il peut y avoir de la gêne ? Avec une telle compagne, est-ce que la vie peut manquer d’être une bénédiction ?

Vouloir faire de la femme tout autre chose qu’une compagne utile et intelligente, pleine de coeur et de dévouement ; vouloir faire de la ferme un être à part, une espèce de poupée qu’il faille dorloter,

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c'est l’avilir et lui faire injure. Je vous entends, mes bonnes filles, protester contre l’idée que les rêveurs se font de vous, et je vous approuve. Car vous avez droit que l’on vous fasse justice, et il n’est que juste que vous soyez appréciées à votre valeur. D'ailleurs, ils n’ont qu’à regarder dans vos rangs, non pas avec les yeux de leur imagination, mais avec les yeux du corps, pour trouver de vraies femmes capables de faire leur bonheur.

Il y en a d’autres qui ne se marient pas par lâcheté. Ils sont de deux classes. Il y a d’abord les pessimistes. Ah! les pessimistes, ces gens qui voient tout en noir; ils sont en général de tristes gens. Pour eux, il n’y a que le revers de la médaille.

Le mariage est une institution pleine des périls les plus redoutables. Se marier, c’est se condamner à la misère.

Me marier, dit le lâche pessimiste, mais vous n’y pensez pas ! Si je ne m’accordais pas avec ma femme, si elle m'était

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