‹ Marianna (volume 2)Chapitre 28 sur 68 · CHAPITRE VIT. dOS · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIT. dOS

son cspril s'ouvrait à de nouvelles percoplions. La vie lui révélait des aspects qu'elle avait peut-être trop long-temps dédaignés. Descendue des cimes brûlantes , elle aspirait avec joie la fraîcheur de la plaine.

Elle s'était fait, après le départ d'Henry, une habitude d'aller chaque jour au bois, accompagnée de Mariette. Elle n'y cherchait ni le bruit ni la foule, mais quelques allées désertes qu'elle aimait à parcourir à la tombée de la nuit. Un soir qu'elle marchait dans une de ses allées de prédilection, il arriva que ce coin, où elle n'avait jamais trouvé que la solitude, fut soudainement envahi par des groupes nombreux et brillans. C'étaient des amazones qui passaient, comme de belles guerrières, au galop de leurs chevaux, suivies de cavaliers empressés auprès d'elles : des calèches découvertes qui glissaient sur le sable; une entre autres , où se tenaient la plus

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charmante nichée de jeunes garçons et de petites filles qui se puisse rencontrer jamais. On eût dit une corbeille d'enfans, de ces beaux cnfans élcgans et fiers qui sentent leur bonne race et n'éclosent qu'à Paris dans les berceaux delà noblesse. Un cavalier escortait la voiture au pas relevé d'un alezan, et bien qu'il parût jeune encore, au regard qu'il tenait constamment abaissé sur elle, il était facile de deviner le père de cette couvée d'à* mours. Puis successivement des familles entières, presque toujours des visages heureux et calmes, des sourires bienveillans, de douces causeries que trahissaient çà et là quelques mots familiers, quelque parole affectueuse; de jeunes époux, dont le bonheur portait le front levé; une jeune mère, blanche comme Noëmi, qui tenait un petit ange rose sur ses genoux, et s'effrayait quand les chevaux imprimaient à la voiture un mouvement trop

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